Culture

Journées du Patrimoine: Des pierres, des histoires et de la passion

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5272 Le 15/05/2018 | Partager
La 10e édition sous le thème «Ma ville Mon patrimoine»
Plus de 7.000 élèves bénéficiant de visites guidées
Plus de 300 guides-médiateurs mobilisés
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La programmation artistique et culturelle des Journées du patrimoine  a été pensée comme une «conversation entre le patrimoine immatériel et le patrimoine matériel». Le concert en hommage à la musique judéo-marocaine a eu lieu dans l’emblématique patio de la Mahkama des Habous, construit entre 1948 et 1952, par l’architecte français Auguste Cadet qui vouait une grande admiration à l’architecture traditionnelle (Ph. Casamémoire)

Casamémoire a vu les choses en grand pour cette 10e édition des Journées du Patrimoine qui se sont déroulées du 9 au 13 mai à Casablanca. L’association de sauvegarde du patrimoine architectural du XXe siècle au Maroc, a développé toute une programmation artistique et culturelle autour du thème «Ma ville Mon patrimoine».

L’idée étant de sensibiliser les casablancais sur le capital matériel et immatériel de la ville et mettre en valeur  les mille et une manières dont la population s’approprie, valorise, transmet et anime le patrimoine de la capitale économique du royaume. Pari réussi au vu de l’affluence record qu’a connu cette édition, avec pas moins d’une trentaine d’activités culturelles et artistiques, disséminées dans plusieurs sites de la ville blanche.

La cérémonie d’ouverture qui s’est déroulée dans le jardin de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Casablanca a connu la participation de quelque 1.500 personnes, venues écouter le concert de la chanteuse Oum qui a lancé les festivités. En parallèle, à la galerie attenante au jardin, une exposition photographique organisée par l’Uzine, rendait hommage à deux cités ouvrières de Casablanca: Cosumar et Socica.

Dans une démarche documentaire et humaniste, les œuvres mettent en lumière différentes facettes de la vie dans ces cités, lieux essentiels du patrimoine architectural et social de Casablanca, en insistant sur la manière dont ils ont été appropriés et transformés par les habitants, qui ont souvent transgressé les intentions d’origine de ces projets issus d’un patrimoine colonial.

De la photographie toujours avec «Atmosphère 1»,  une série d’expositions, inaugurée par  l’artiste Zineb Andress Arraki, qui s’est vu donner carte blanche par Casamémoire pour «retranscrire de la manière la plus subjective, une certaine atmosphère de la ville».

Résultat, une très belle exposition à la galerie Shart, qui s’adresse à la sensibilité de chaque casablancais et présente des fragments  d’intérieurs et d’extérieurs de la ville, le tout mis en scène à l’aide d’objets chinés par l’artiste à Casablanca: meubles art-déco, briques de verre issues d’anciens bâtiments démolis, photos de familles…Tout un univers baroque, éclectique et poétique propre à l’artiste.

Dans le patio de la Mahkama des Habous, c’est une autre exposition qui était proposée aux visiteurs. Plus documentaire, celle-ci retrace, suite à un minutieux travail de recherche effectué par Abdellatif Fawzi, guide médiateur des Journées du Patrimoine, autour des Mâalmin, qui ont laissé  leur empreinte dans ce magnifique bâtiment

. «De pierre et d’argile, de plâtre et de bois, de fer et de cuivre, et de.. Mathématiques!» rend hommage à ces maîtres qui nous ont laissé dit-il «ce zellige magnifique, ce plâtre ciselé avec art, ce bois sculpté avec raffinement, ce cuivre étincelant, ce fer ouvragé avec dextérité».

Côté spectacle, et toujours dans la Mahkama, une soirée hommage au répertoire judéo-marocain a réuni le grand maître du Chgouri, Simon Sibony à des jeunes représentant la relève, à savoir la talentueuse Abir Abed et le ténor Ilias Taha, sous la direction artistique de Kader Rhanime et avec la participation de la chorale Diapason.

Sur la place des Nations-Unies, le concert en hommage à la chanson marocaine des années 70 a quant à lui réuni une foule compacte qui a écouté avec nostalgie, les chefs-d’œuvre de Maâti Belkacem, Mahmoud El Idrissi ou encore Mohamed El Hyani.

Des conférences également sur l’architecture particulière de la médina de Casablanca, sur l’anthologie de l’Aïta ou sur le parcours de l’association ont été proposées dans différents site de la ville, alors que l’espace public a été investi par plusieurs artistes qui ont exécuté des performances (danse contemporaine, théâtre de rue, mini concerts… ) au centre-ville et dans le quartier de Hay Mohammedi.

Comme chaque année, des visites guidées gratuites, encadrées par quelque 300 guides bénévoles formés par l’association, sont proposées autour de 5 circuits préétablis. L’occasion de découvrir les trésors cachés de la Wilaya, l’architecture majestueuse, de Bank Al-Maghrib, les subtilités néo-andalouses de la Mahkama des Habous ou tout simplement déambuler dans les rues de la médina avec ses remparts de 4 km renfermant de magnifiques façades percées de balcons, en écoutant le récit agrémenté d’anecdotes des guides médiateurs.

L’occasion aussi de découvrir la richesse de l’architecture industrielle à l’instar des ateliers Tmisite sur la route de Aïn Sebaa, œuvre monumentale de l’emblématique architecte casablancais Jean-François Zevaco, à qui on doit également la fameuse «Kora Ardia» sur la place des Nations Unies et repère de tout casablancais, ou encore de (re)découvrir des lieux chargés d’histoire du quartier Hay Mohammadi  tels que l’ex-centre de détention de Derb Moulay Cherif, cimetière des martyrs de juin 1981, des Carrières centrales, du cinéma Saada, mais aussi du terrain du TAS, pour ne citer qu’eux.

Cette année plus de 20.000, ont bénéficié des visites guidées, dont plus de la moitié sont élèves et près de 25.000 personnes ont bénéficié de l’animation et de la programmation culturelle, faisant de ces journées du patrimoine un véritable festival populaire pour célébrer la ville.

 

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