Entreprises

De la fibre optique «Made in Morocco»

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5270 Le 11/05/2018 | Partager
200 millions de DH pour la première usine du genre en Afrique
Les premières bobines exportées au Gabon
Un premier maillon dans l’écosystème des technologies de l’information

De la fibre optique fabriquée au Maroc. Un espoir devenu réalité avec l’usine du groupe OFS, filiale du japonais Furukawa à Tanger. L’usine qui a nécessité un investissement de 200 millions de DH vient tout juste d’entamer ses premières productions. Elle a été inaugurée mercredi dernier par Moulay Hafid Elalamy, ministre du Commerce et de l’Industrie.

Le démarrage s’effectue avec une première ligne de production active. L’usine emploie actuellement 85 personnes et atteindra à terme les 200 employés avec 4 lignes de production. «L’investissement, à terme, avoisinera les 300 millions de DH», indique Jacques Fiorella, directeur général de l’unité. Au-delà du marché domestique, en s’implantant à Tanger, cette unité industrielle cherche à se positionner comme plateforme pour l’Afrique. D’ailleurs, les premières bobines de fibre optique ont déjà été exportées vers l’opérateur Gabon Telecom pour les besoins de son réseau.

Plateforme africaine

«Mais ce n’est pas seulement pour sa proximité géographique que le Maroc a été sélectionné», note Timothy Murray, PDG d’OFS et vice-président de Furukawa, «c’est aussi grâce à l’implication des autorités et la qualité des RH que le choix a pu être déterminant».

Selon Fiorella, les emplois liés à la fibre optique sont à forte valeur ajoutée avec de longues périodes d’entraînement. Et les équipes marocaines ont montré de grandes aptitudes dans ce sens. Un premier groupe avait été envoyé durant l’année 2017 pour formation en Europe. Ce sont ces premiers éléments qui ont assuré la formation et le transfert de savoir-faire vers les suivants. OFS à Tanger fabriquera des câbles de fibre à partir d’intrants dont le plastique et la fibre optique proprement dite.

Se rapprocher des clients

Cette dernière est fabriquée dans quelques sites dont les Etats-Unis, le Danemark et le Japon. De là, des rouleaux de cet ingrédient magique arrivent à Tanger où ils sont regroupés et traités par des machines similaires à celles fabriquant des câbles électriques mais avec un degré de technicité supérieur. Au câble sont ajoutés des éléments pour assurer sa rigidité et sa résistance.

«Cette façon de procéder permet de se rapprocher des clients et d’éviter de transporter sur de longues distances le câble, trop lourd», indique Fiorella. L’intégration de la filière en amont, c’est-à-dire la fabrication de la fibre en local n’est pas à l’ordre du jour, selon OFS. «Il s’agit d’une filière peu créatrice de main-d’œuvre et très énergivore», note Patrice Dubois, directeur en charge des opérations chez OFS, l’opérateur préfère en importer là où elle sera nécessaire.

Lors du démarrage du projet, aucun des fournisseurs d’OFS n’était présent au Maroc. Or depuis quelque temps, certains d’entre eux ont sauté le pas. C’est le cas d’une entreprise travaillant dans les plastiques et les polymères qui s’est installée à quelques mètres de l’unité d’OFS à la Tangier Automobile City. D’autres fournisseurs suivront, indique OFS.

A noter que l’entreprise ne fabriquera pas uniquement des câbles optiques à Tanger. Elle montera aussi des éléments de connecteurs pour offrir un pack complet aux opérateurs télécoms, ses principaux clients.

Un premier pas

Pour Moulay Hafid Elalamy, l’installation d’OFS est un premier pas dans la mise en place d’un écosystème des technologies de l’information. Il suppose un investissement et une création nette d’emplois mais aussi et surtout «un transfert de technologies à travers la première usine du genre dans le continent africain», indique le ministre. Ce secteur est, de plus, en harmonie avec les directives du Plan d’accélération industrielle qui cherche à créer des emplois mais pas seulement dans les secteurs traditionnels.

 

 

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