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Nucléaire iranien/pétrole: La décision de Trump pousse les cours vers le haut

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5269 Le 10/05/2018 | Partager
Le Brent évoluait autour de 77 dollars le baril
Une rupture lourde de conséquences
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Le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien a alimenté la hausse des prix du pétrole. Les cours de l’or noir, qui s’affichaient en nette baisse avant l’intervention du président américain Donald Trump, se sont redressés au fur et à mesure de son discours. Le baril de Brent évoluait à près de 77 dollars le baril (mercredi 9 mai en début d’après-midi). Quant au baril WTI, il était à 70,91 dollars.

Ce retour à la hausse est-il durable? D’abord, il faut du temps avant que les prix ne se stabilisent. Les investisseurs doivent pour leur part étudier les implications de la décision américaine. Les cours réagissent à plusieurs facteurs notamment géopolitiques et écologiques. Ils sont devenus plus sensibles aux fluctuations de l’offre et de la demande. Il existe cependant des différences entre les pays de la région Mena (qu’ils soient pays importateurs ou exportateurs).

Pour le HCP, «la hausse des importations des produits énergétiques, dans un contexte de renchérissement prévu des cours mondiaux du pétrole (63 dollars/baril, au lieu de 51 dollars/baril un an plus tôt), continuerait à grever la balance commerciale».

«Les contraintes du côté de la production d’huile de schiste aux Etats-Unis, les tensions géopolitiques dans certains pays producteurs et les hypothèques relatives à la levée des sanctions contre l’Iran par les Etats-Unis pourraient orienter les prévisions à la hausse», avait révélé la Banque mondiale dans l’édition d’avril 2018 du Commodity Markets Outlook (cf. notre édition N°5260 du 26/04/2018). Inversement, «en cas de délitement de l’accord entre pays exportateurs de pétrole ou sa fin pur et simple, ces prévisions pourraient être inférieures aux annonces».

D’après ses pronostics, le prix du baril de pétrole s’établira en moyenne à 65 dollars (pour 2018-2019 et bien au-delà), sur fond de demande soutenue et de contrôle des volumes de production. Elles peuvent être influencées aussi par la reprise de la production en Libye et au Nigéria et la montée en puissance plus rapide que prévu de la production d’huile de schiste. La chute de la production vénézuélienne est également scrutée par les acteurs du marché.

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D’après les derniers pronostics de la Banque mondiale, le prix du baril de pétrole s’établira en moyenne à 65 dollars. Ces prévisions s’alignent à celles d’autres institutions internationales comme le FMI ou encore l’agence The Economist Intelligence Unit…  Elles avaient inclues la possibilité d’une hausse des cours si le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien devient effectif

Ce retrait fait craindre aux autres signataires un démantèlement complet des engagements iraniens et une reprise du programme d’enrichissement d’uranium à des fins militaires. Washington a choisi pratiquement l’option la plus radicale en rétablissant l’intégralité des sanctions levées.

Mais aussi en annonçant des sanctions encore plus sévères et en forçant les entreprises étrangères à choisir rapidement entre faire des affaires en Iran ou aux Etats-Unis. Avionneurs, constructeurs automobiles, compagnies aériennes, hôtelleries… sont autant de secteurs qui seraient touchés.

Si certains analystes craignent que les nouvelles sanctions freinent la production de Téhéran, d’autres pensent que les autres membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pourraient la compenser. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a déclaré qu’elle prendrait toutes les mesures nécessaires pour empêcher des pénuries d’approvisionnement en pétrole. L’Opep ainsi que dix autres producteurs, dont la Russie, est engagée depuis fin 2016 dans un accord de limitation de sa production. La prochaine réunion des participants à l’accord est prévue fin juin à Vienne.

Au lendemain de l’annonce de Trump, les Européens ont engagé des consultations pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire iranien. Les ministres des Affaires étrangères des trois pays européens (France, Allemagne, Royaume-Uni), signataires de l’accord de 2015, rencontreront aussi, lundi 14 mai, des représentants de Téhéran pour voir comment le préserver.

 

 

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