Entreprises

Confédération nationale du tourisme: Bataille rangée autour de l’autonomie

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5269 Le 10/05/2018 | Partager
Des professionnels souhaitent retourner au statut de fédération interne à la CGEM
Le secteur suspendu aux décisions de l’AGE du 11 mai
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Quelques jours avant son assemblée générale extraordinaire, la Confédération nationale du tourisme (CNT) rencontre la presse à Casablanca, pour clarifier sa position vis-à-vis de l’intégration ou non à la CGEM (Ph.Khalifa)

Beaucoup de bruits courent sur la réintégration ou non de la Confédération nationale du tourisme à la CGEM (cf. notre analyse dans l’édition du mercredi 9 mai 2018). Pour le bureau de l’instance professionnelle, l’organisation en a toujours été membre. «Nous y sommes depuis longtemps. Mais sous le statut de fédération externe.

Le binôme que je forme avec Hamid Bentahar a l’intention de le conserver, sauf si l’assemblée générale extraordinaire du 11 mai prochain décide autrement», précise Abdellatif Kabbaj, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), lors de la rencontre organisée avec la presse le 8 mai.

Le secteur du tourisme traverse une période tumultueuse due à des tiraillements internes. Une frange de la confédération souhaite retourner au statut de fédération interne à la CGEM. «Certains membres voient à travers ce rétropédalage le moyen de s’exonérer de leurs arriérés», soutiennent les dirigeants de l’organisation professionnelle.

Selon l’équipe dirigeante, plusieurs fédérations métiers n'honorent pas leurs obligations vis-à-vis de l'organisation. Seules la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNHI) et quelques associations régionales continuent de payer les cotisations. Dans ses comptes, la confédération chiffre le manque à gagner à plus de 3,5 millions de DH.

La signature d’un contrat-progrès avec le ministère du Tourisme ainsi que celui des Finances est pour l’organisation une bouffée d’oxygène. Cette convention dote la CNT d’un budget d’accompagnement de 9 millions de DH. Pendant trois ans, la confédération recevra une enveloppe de 3 millions de DH/an, qui seront affectés à la réalisation d’études et le développement de services pour ses membres.

Une réintégration imposerait la dissolution de la CNT. Ce qui réduirait l’une des fédérations les plus importantes du pays à une simple émanation de la CGEM dépourvue de personnalité morale, non assujettie à la cotisation et ne disposant pas de droit de vote aux assemblées générales. La CNT n’est pas la seule fédération à être externalisée. La CGEM en compte 24.

Parmi les grandes fédérations sectorielles externes à la CGEM, figurent la Fédération nationale de l’agro-alimentaire (FENAGRI), la Fédération nationale du bâtiment et travaux publics (FNBTP), le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS). Généralement, le statut de fédération interne est approprié aux secteurs de petite taille.

La CGEM en compte 9 dont la Fédération des industries forestières, des arts graphiques et de l’emballage (FIFAGE), la Fédération de l’enseignement privé (FEP) ou encore la Fédération des entreprises d’artisanat (FEA). De plus, elle n’a pas intérêt à encourager les fédérations internes à le demeurer. Elle œuvre plutôt à en faire des structures externes, capables de relever les défis du secteur qu’elles représentent.

Challenger les élus et l’administration locale

Les professionnels du tourisme s’engagent également à fédérer les acteurs de la profession et mobiliser leurs cotisations dans les caisses. Ainsi qu’à dupliquer le système de confédération au niveau des régions, à travers la création de fédérations régionales regroupant les hôteliers, agences de voyages, transporteurs, guides, loueurs de voitures… Ces structures régionales auront pour rôle de challenger aussi bien les élus que l’administration locale.

En effet, il revient aux régions de créer la demande et soigner la prestation pour un meilleur retour d’expérience client. Le secteur du tourisme compte environ 240.000 lits, avec un taux de remplissage qui avoisine 52%. Autant dire que la marge de progrès est importante, vu les atouts du pays.

Cependant, le manque de dialogue entre les métiers et le faible niveau de synergie entre les différents acteurs du tourisme sont préjudiciables à la chaîne de valeur et profitent en premier aux plateformes collaboratives.

Audition des candidats à la présidence de la CGEM

Les professionnels du tourisme estiment ne pas avoir l’attention qu’ils méritent de la CGEM, surtout dans une phase de flexibilité du dirham. Le secteur est le premier pourvoyeur de devises devant les MRE et le second en termes de création d’emplois, après l’agriculture, brandissent-ils. Le bureau de l’instance professionnelle a reçu, le 8 mai, les différents candidats en lice pour la présidence de la CGEM pour écouter leur programme. Le binôme Hakim Marrakchi et Assia Benhida Aïouch a été entendu dans la matinée. Celui de Salaheddine Mezouar et Faïçal Mekouar a, quant à lui, été reçu en fin de journée. «Nous les écoutons afin de voir lequel des deux binômes a la meilleure vision pour le secteur du tourisme. Lors de notre assemblée générale, nous sensibiliserons nos membres», précise Abdellatif Kabbaj.

 

 

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