Société

Le festival du Haouz mise sur la jeunesse de la région

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5267 Le 08/05/2018 | Partager
Objectif: repositionner ce potentiel en acteur et le propulser vers de nouveaux champs
Temps fort: la conférence JamSalam et la possibilité d’entreprendre
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Aux côtés de Mouna Kadiri, co-fondatrice de JamSalam, trois grandes personnalités ont été invitées à partager avec le public leur réflexion autour de «La valeur des cultures dans l'entrepreneuriat». De gauche à droite: Amadou Diaw, président du Forum de Saint-Louis et  fondateur de la première business school privée du Sénégal, Nadia Salah Dilami, directrice des rédactions et administrateur du groupe Eco-Médias, et Thami El Ghorfi, président du groupe Esca, Ecole de management au Maroc (Ph. Mokhtari)

Transformer le festival du Haouz en une semaine culturelle de haut niveau. C’est le pari que s’est fixé l’artiste Mohamed Mourabiti et il l’a réussi. Pour sa cinquième édition, placée sous le haut patronage royal, l’artiste peintre et directeur du festival a scindé le rendez-vous en deux sessions.

Celle du printemps, consacrée aux conférences, tables rondes, expositions et ateliers créatifs, qui s’est tenue à Tahanaout, Aghmat et Tamesloht, s’est achevée hier, lundi 7 mai. Une session d’été est prévue du 7 au 10 juillet et sera dédiée à la musique, au cinéma, aux arts vivants et à la tbourida, dans les mêmes villes en plus d’Amizmiz, d’Imlil et de l’Oukaïmeden. Lors de cette première étape, la conférence JamSalam a été dédiée à la valeur des cultures dans l'entrepreneuriat.

Ce rendez-vous a invité au débat son administratrice Nadia Salah, directrice des rédactions du groupe Eco-Médias, Amadou Diaw, le président du Forum de Saint Louis et fondateur du groupe d’écoles privées ISM au Sénégal, et Thami Ghorfi, président du groupe Esca, Ecole de management au Maroc. Une conversation modérée par Mouna Kadiri, secrétaire générale et co-fondatrice de l’association.

Considérant que le dialogue interculturel est à la fois créateur de valeurs et de développement, JamSalam incarne un plaidoyer pour le déploiement de politiques interculturelles, au Nord comme au Sud, d’envergure au moins équivalente à celle déployée dans les politiques de défense.

Comment impacter sur la capacité d’entreprendre, de création de valeurs? Comment saisir la valeur des intercultures pour de nouveaux corridors de développement? Et les jeunes peuvent-ils en être acteurs? «Oui sans aucun doute», ont répondu les panélistes de cette conférence. «Il faudra qu’ils osent entreprendre et travailler pour leur propre intérêt et pour celui de l’humanité», insiste Nadia Salah.

La jeunesse de la région peut se saisir de la culture et du patrimoine comme outil de développement économique, estime de son côté Mohamed Mourabiti, fondateur du festival du Haouz et cofondateur du JamSalam. Les jeunes ont pu récolter quelques bonnes idées sur les nouvelles manières de développer leurs projets, ou comment avoir un impact sur la création de valeurs face à de nouveaux territoires de déploiement qui s’ouvrent à ces générations portant différentes cultures du continent africain.

Thami El Ghorfi, président du groupe Esca, n’est pas allé par quatre chemins pour expliquer à ces jeunes qu’il faut passer à l’action. «Vous avez des idées, mais celles-ci resteront au stade d’idées tant qu’elles ne sont pas concrétisées», insiste-t-il, ajoutant qu’il ne faut surtout pas avoir peur de l’échec.

L’homme d’affaires et orateur hors pair recommande d’ailleurs que la 6e édition du festival du Haouz se concentre sur des rencontres entre jeunes et financiers pour aider à la concrétisation de ces idées. Moment fort de cette table ronde, le plaidoyer pour le «vivre ensemble africain» de Amadou Diaw, fondateur de la première business school privée du Sénégal, Institut supérieur de management.

Dans son intervention, Diaw a parlé de la quintessence du continent, de  l’émigration intra-africaine qui en a fait sa richesse culturelle, et de sa sagesse dans la gestion des conflits sociaux… «Dans ma famille, raconte-t-il, tout comme dans d’autres familles africaines, on trouve des cousins chrétiens et des musulmans et chacun pratique son culte, tout en raffermissant davantage les liens de parenté qu’ils ont en commun».

Une sorte de réponse à cette société d’aujourd’hui marquée par les violences, l’archaïsme, la régression et la fracture. Autre pratique qui existe au Sénégal et dans plusieurs autres pays du continent, le «cousinage à plaisanterie» entre les différents groupes sociaux qui permet d’établir un équilibre social, une convivialité et une solidarité, explique Diaw.

C’est ainsi qu’un membre de telle famille peut, au cours de joutes oratoires, traiter un membre de l’autre famille de poltron, de gros et ce, quel que soit son rang et sans que personne ne s’en offusque. Ce sont ces histoires que le monde doit apprendre à connaître qui ont fait que le continent a réussi une harmonieuse coexistence, conclut Diaw.

Fédérer les initiatives de création en Afrique

JamSalam, une initiative pour la promotion des idées en faveur du vivre-ensemble, issue  de«jam» signifiant «paix» en wolof, juxtaposé à «salam», illustre parfaitement la volonté d’un échange de paix rassemblant les cultures africaines. Elle porte un message très fort qui cible en effet beaucoup plus les artistes et les intellectuels. L’idée est partie d’une rencontre entre artistes marocains et sénégalais en 2012 à la Biennale des arts de Dakar et de la nécessité de créer cette plateforme où s’enchevêtrent les identités et les regards. En 2012, JamSalam a organisé une exposition collective réunissant sept artistes, après 10 jours de résidence, avec des œuvres qui ont été inspirées par la capitale historique de l’Afrique de l’Ouest qu’est Saint-Louis. De cette expérience, un dialogue est né, jamais interrompu à ce jour. L’an dernier, c’est sur les contreforts des montagnes du Haut Atlas que le dialogue a repris lors du festival d’Al Haouz avec une conférence  sous le thème les «Intercultures et la Paix». Cette année, JamSalam a initié le dialogue et la réflexion autour de la valeur des cultures dans l'entrepreneuriat.

 

 

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