Economie

Port de Casablanca: 270.000 tonnes de céréales en rade

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5267 Le 08/05/2018 | Partager
Le taux d’importation du blé tendre porté à 135%
L' accord cadre entre l’Etat et l’interprofession pas encore adopté
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A fin mars dernier, les cours du blé tendre avaient atteint 199 dollars la tonne, en hausse de 4% sur un mois et de 15% depuis début 2018. Globalement, les cours des céréales sont portés par une demande accrue et par des craintes sur les conditions climatiques défavorables aux Etats-Unis, en Argentine et actuellement en Europe, notamment en France. Toutefois, le marché céréalier reste bien approvisionné, avec des disponibilités importantes

La situation au port de Casablanca ne s’est guère améliorée. En fin de la semaine dernière, environ 270.000 tonnes de céréales flottaient en rade du port, soit plus d’une dizaine de céréaliers qui attendaient d’être déchargés. Ceci, bien que le concessionnaire principal ait ouvert deux quais en plus du déchargement dans les silos dédiés. 

Le forcing à l’import se justifiait par la révision du droit d’importation du blé tendre qui devrait prendre effet à partir du 15 du mois en cours. (Voir édition du vendredi 4 mai. www.leconomiste.com).

Pour le moment, le décret modifiant la quotité de ce droit vient d’être adopté par le dernier. Le taux passe ainsi de 30 à 135%. Sauf que la date d’application n’a pas été précisée. Selon le communiqué du gouvernement, la décision prendrait effet à partir de la publication du texte au Bulletin officiel. «A charge donc pour les importateurs de surveiller le site du Secrétariat général du gouvernement», ironise un opérateur.

En revanche, le projet de décret fixe la fin de la mise en application du taux de 135% au 31 octobre 2018. Une manière de limiter en quelque sorte les volumes à importer, puisque le prix de revient à l’import du blé tendre ne devrait pas dépasser les 360 DH/quintal. Autrement dit, si les cours de cette céréale empruntent une trajectoire à la hausse, ce qui n’est pas exclu, les opérateurs doivent s’abstenir d’acheter à l’extérieur.

L’objectif est donc de favoriser la commercialisation de la production locale. D’autant plus que cette dernière s’annonce d’un niveau record: 98,2 millions de quintaux, selon l’estimation du ministère de l’Agriculture. La campagne précédente avait également enregistré un volume sensiblement identique.

Ce qui explique l’importance du volume  disponible. Le stock recensé à la mi-avril dernier était estimé à 16 millions de quintaux, soit l’équivalent de 4 mois des besoins d’écrasements des minoteries industrielles.

Mais le scénario ne met pas fin pour autant à l’engorgement périodique du port de Casablanca malgré la décentralisation des déchargements vers d’autres enceintes portuaires. Un accord cadre entre l’Etat et les professionnels devait être déployé fin  2016 mais son application a été décalée pour raison de période électorale. Depuis, il est resté sur papier.

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Le droit d’importation du blé tendre fait l’objet de fortes fluctuations selon le niveau de production locale. Mais cette année, il a été ramené à son plus bas niveau pour la première moitié de la campagne d’import: 30%. Ceci, malgré une production record de blé tendre à près de 50 millions de quintaux

Ceci, bien qu’il s’inscrit dans les orientations du plan Maroc Vert et dans le contrat-programme couvrant la période 2009-2020. Il se justifie également par «la volonté de l’Etat et des professionnels de poursuivre le processus de libéralisation de la filière céréalière pour asseoir les conditions favorables au développement d’un secteur privé compétitif et capable de garantir l’approvisionnement du pays dans les meilleures conditions».

L’accord préconise un système d’intervention garantissant l’achat par les industriels d’une bonne partie  de la production nationale de blé tendre. Le prix est prédéfini selon trois catégories de qualité. Pour chaque campagne, le volume d’achat garanti est fixé à 7 millions de quintaux.

Dans le cas où la production dépasserait les 50 millions de quintaux, ce volume serait revu à la hausse en concertation entre le ministère de l’Agriculture et la Fédération interprofessionnelle des activités céréalières (FIAC).

Un comité restreint regroupant des représentants de l’Onicl et de la Fiac a été chargé d’étudier et finaliser tous les aspects techniques de la mise en œuvre du système proposé. Et sa  signature par les ministres concernés ainsi que sa mise en pratique devaient intervenir lors de la campagne 2015-2016.

Mais après plusieurs réunions, alors que l’essentiel des difficultés aient été aplanies, le gouvernement a décidé de reporter son adoption. Pour des raisons de calendrier électoral, a-t-il été avancé.

 

 

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