International

Liban: Les premières législatives depuis neuf ans

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5266 Le 07/05/2018 | Partager
Le changement de mode de scrutin ne risque pas de chambouler les équilibres politiques
Le pays compte une dette publique de 150% du PIB
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Les premières élections législatives en près d'une décennie se sont tenues dimanche au Liban. Elles interviennent dans un contexte marqué par la guerre en Syrie, qui a provoqué l’exode vers le pays  de plus d’un million de réfugiés et l’accroissement des pressions américaine, saoudienne et israélienne sur l’Iran, principal soutien du parti chiite libanais.

Entre 20.000 et 30.000 policiers et soldats ont été déployés pour sécuriser le vote, dont les résultats pourraient être connus aujourd'hui lundi 7 mai, dans un pays frappé ces dernières années par des attentats meurtriers. Au total 3,7 millions d'électeurs étaient attendus à ce scrutin. La population aspire à un changement difficile à concrétiser avec une classe politique accusée de corruption et de népotisme.

Le Parlement composé de 128 députés devrait être dominé par les partis traditionnels, parmi lesquels le Hezbollah chiite, un allié de la Syrie et de l'Iran qui pourrait renforcer son emprise sur la vie politique.  Le changement de mode de scrutin ne risquerait pas d’apporter de grands chamboulements.

C'est la première fois que le mode de scrutin proportionnel est appliqué, dans le cadre d’une réforme censée améliorer la représentation parlementaire des Libanais. Mais la mise en place en même temps, du vote préférentiel, a limité la portée de cette réforme. Le mandat du Parlement libanais avait été prorogé à trois reprises, en raison de la crise constitutionnelle qui a paralysé la vie politique pendant deux ans et demi en mai 2014.

L’organisation des élections est souhaitée par la communauté internationale, sur laquelle le Liban compte énormément pour financer la présence de plus d’un million de réfugiés syriens et soutenir son économie impactée par la guerre en Syrie.

D'ailleurs les prochains élus devront se pencher sur des questions politiques, mais aussi économiques majeures. Le pays est habitué aux coupures d'électricité quotidiennes, aux pénuries d'eau et à un problème de gestion des déchets ménagers. Ceci étant, le Liban pourrait se lancer dans ses premières explorations d'hydrocarbures en Méditerranée, une possible manne financière pour un pays qui compte une dette publique de 150% du PIB.

K. M. avec agences

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