Economie

La BAD veut accélérer l’industrialisation de l’Afrique

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5266 Le 07/05/2018 | Partager
C'est l’objet des assemblées annuelles qui auront lieu en Corée
Faible intégration, déficit en RH, accès difficile au financement… des handicaps
Le Maroc figure parmi 5 pays pilotes en matière de stratégie industrielle

Comment accélérer l’industrialisation de l’Afrique? La question récurrente qui s'invite actuellement dans tous les forums dédiés au continent et qui sera aussi discutée lors  des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), à Busan en Corée du Sud du 21 au 25 mai prochains.

«Un choix qui s’explique par l’énorme retard enregistré par le continent dans ce domaine en comparaison avec les autres régions du monde», avance Vincent Nmehielle, SG de la BAD, lors d’une conférence de presse organisée, jeudi dernier, au siège de la Banque à Abidjan.

En plus des réunions statutaires du Groupe, plusieurs séminaires et rencontres figurent au programme portant sur les différents aspects liés à la question de l’industrialisation: financement, infrastructures, ressources humaines, marchés…«Les pays africains pourront ainsi s’inspirer des bonnes expériences d’autres régions du monde», indique le SG de la BAD.

Les travaux de la session de Busan s’inscrivent dans l’esprit de la nouvelle stratégie d’industrialisation pour l’Afrique élaborée par la BAD pour la durée 2016-2025. Celle-ci se focalise sur 6 programmes prioritaires «dont l'objectif est d’apporter des réponses à un certain nombre de problèmes qui entravent le processus d’industrialisation», indique  Alhassane Haidara, chef de la division du développement industriel à la BAD.

Le premier travail consiste à aider les pays à développer des politiques industrielles plus attractives et compétitives. A ce titre, la BAD a choisi 5 pays pilotes dont le Maroc pour essayer de dupliquer leur expérience dans d’autres pays africains.

«Le Maroc est un pays qui a une vision très claire en matière d’industrialisation avec des objectifs fixés pour des secteurs prioritaires comme l’automobile et l’aéronautique», explique Haidara. Rappelons que la BAD a accordé en 2017 un prêt d’environ 2 milliards de DH pour financer la première phase du Programme d’appui à l’accélération de l’industrialisation au Maroc.

«Le soutien de notre banque va se poursuivre avec probablement une rallonge en 2019», indique Haidara. Ce dernier signale par ailleurs que sur près de 9 milliards de dollars de crédits accordés annuellement par la BAD, plus d’un milliard de dollars est consacré au secteur de l’industrie.

Tripler le PIB industriel

A travers sa stratégie, la BAD vise à tripler le PIB industriel du continent au cours de la prochaine décennie pour passer de 584 milliards de dollars (dollars constants de 2010) en 2016 à 1.728 milliards de dollars en 2025. La BAD envisage d’accroître le nombre de bénéficiaires de ses projets en matière d’industrialisation pour dépasser 20 millions de personnes en 2025 contre 2,2 millions de bénéficiaires en 2016.

                                                                              

«L’intégration est capitale pour réussir ce virage»

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Vincent Nmehielle, SG du Groupe de la BAD (Ph NEA)

- L’Economiste: On constate encore une très faible intégration en Afrique. N'est-ce pas un handicap à l’industrialisation du continent?
-Vincent Nmehielle:
Effectivement, cette situation se traduit négativement sur le processus d’industrialisation de l’Afrique qui est lié notamment à un faible volume de commerce interafricain. La BAD a approuvé récemment sa stratégie d’intégration régionale qui porte sur plusieurs axes. Il faut rappeler à ce titre que notre banque est en train de s’investir dans des grands projets structurants en matière d’infrastructures, ce qui va renforcer l’intégration du continent. Cela va permettre de faciliter le déplacement d’un pays à un autre, ce qui va se traduire positivement sur les activités commerciales et industrielles. Ce travail d’intégration on le fait avec l’Union africaine (UA). Pour le cas de votre pays par exemple, vous pouvez imaginer les gains qu’il peut tirer de l’accord qu’il a signé récemment concernant la zone de libre échange continentale. Et le constat est valable pour le reste des pays qui vont adhérer à ce projet.

- Le Maroc a présenté sa demande d’adhésion à la Cedeao. Qu’en pensez-vous?
- Pas de commentaire sur cette question.

- La recapitalisation de la BAD sera-t-elle examinée lors des prochaines Assemblées annuelles de votre Groupe prévues en Corée?
- Effectivement, la banque va proposer au Conseil des gouverneurs l’autorisation d’entamer le processus de recapitalisation, ce qui va permettre de commencer le débat et les discussions sur ce dossier.

Propos recueillis par Noureddine EL AISSI

 

 

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