Economie

L’industrie perd encore des emplois, les autres secteurs recrutent

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5266 Le 07/05/2018 | Partager
9.000 postes disparus au 1er trimestre
116.000 emplois nets créés par les autres secteurs
Explosion du chômage des jeunes: 43,5%!
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25,7% parmi des jeunes âgés de 15 à 24 ans sont au chômage. Ce taux grimpe à 43,5% pour les citadins alors que le taux de chômage au niveau national ne dépasse pas 10,5%.

Voilà un chiffre qui risque de relancer la polémique entre le Haut Commissariat au Plan et le ministère de l’Industrie et du Commerce sur la création d’emploi dans l’industrie. Ce secteur a bouclé le 1er trimestre 2018 sur une note négative. Il a perdu 9.000 emplois: 6.000 dans le milieu urbain et 3.000 dans le rural, ce qui correspond à une baisse de 0,6% du volume d’emploi sectoriel.

Les autres secteurs ont créé de l’emploi, mais dans des activités dominées par l’informel et la précarité.  Les services ont créé 50.000 postes dont 27.000 dans le «commerce de détail» et 19.000 dans les «services personnels et domestiques».

L’agriculture, forêt et pêche a assuré 43.000 emplois, dont 11.000 dans les zones urbaines alors que les BTP ont enregistré 32.000 emplois nouveaux, dont 26.000 en milieu urbain. Ce qui a amélioré le volume de l’emploi du secteur de 2,9%!

Pourtant la valeur ajoutée de la construction affiche un accroissement de 1%, au premier trimestre 2018, après 1,3% un trimestre plus tôt. En revanche, le ralentissement du bâtiment se serait poursuivi, avec une baisse de l’utilisation des facteurs de production, notamment le ciment, dont les ventes reculent d’environ 2,3%.

Au total, l’économie a créé 116.000 emplois nets au premier trimestre dont 77.000 dans les villes.  Le volume global de l’emploi est ainsi passé, de 10,7 millions à 10,8 millions de personnes.

Le taux d’emploi, c’est-à-dire le rapport entre la population active occupée et la population en âge de travailler, est toujours sur une tendance baissière: il a reculé de 0,2 point à 42,2% contre plus de 48% en 2000!  En d’autres termes, moins de la moitié de la population en âge de travailler contribue à la création de richesse.

De même le taux d’activité a baissé de 0,4 point à 47,1%. Autrement dit, plusieurs personnes découragées ne se présentent plus sur le marché du travail. Le phénomène est plus important dans les villes où le taux d’activité a reculé de 0,7 point à 42,4%. Dans le rural l’effet pluviométrie a été bénéfique puisque ce taux est en hausse d’un demi-point, 54,9%. Les femmes restent la catégorie la plus touchée (écart de 48 points par rapport aux hommes).

Ainsi, seule une femme sur quatre environ en âge de travailler participe au marché de l’emploi. Leur taux d’activité a chuté de 18 points depuis 1999. Ce qui place le Maroc parmi les pays où la participation des femmes à la vie active est la plus faible dans le monde.

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Les chômeurs sont en majorité des jeunes citadins. 38,1% d’entre eux sont diplômés et un peu plus de la moitié (56,4%) sont à la recherche de leur premier emploi

L’étude du HCP sur les nouvelles dimensions de l’emploi relève que 10 millions de femmes sont en dehors du marché du travail: 34,9% ont moins de 30 ans, 76,6% sont des femmes au foyer et près des deux tiers ne disposent d’aucun diplôme.

L’économie marocaine se caractérise par une faible capacité à insérer les jeunes et les femmes.  Le taux de chômage des femmes est à 15,1% au niveau national et atteint 26,8% dans les villes. Il est de 25,7% parmi les «15- 24 ans» et atteint 43,5% parmi ceux qui vivent en ville. Des niveaux alarmants, correspondant à 4 fois la moyenne nationale (10,5%).

Ces chiffres sur le chômage viennent dans un contexte marqué par le lancement du plan national de l’emploi qui suscite beaucoup d’interrogations. Ce plan prévoit 1,2 million de nouveaux postes d’ici 2021, soit plus de 300.000 emplois par an et 27.000 par mois!

Les actions prioritaires, prévues en 2018-2019, se concentrent sur 6 types de formations, en fonction des besoins de l’entreprise. Cela va de la linguistique à l’entrepreneuriat et la recherche d’emploi en passant par le numérique, les soft-skills et le commercial. Mais est-ce suffisant?

Par diplôme, le chômage est à 14,5% parmi les personnes ayant un diplôme de niveau moyen (les certificats de l’enseignement primaire, ceux du secondaire collégial et les diplômes de qualification ou de spécialisation professionnelle). Il est à 22,7% parmi les détenteurs d’un certificat de spécialisation professionnelle, 25,4% parmi les techniciens spécialisés et les diplômes d’enseignement supérieur (facultés, grandes écoles et instituts) avec en particulier un taux de 27,8% pour les lauréats des facultés.

                                                                

Un chômeur sur quatre vit à Casablanca

Plus de huit chômeurs sur dix sont concentrés dans six régions.  Casablanca-Settat (24,5%), Rabat-Salé-Kénitra (17%), l’Oriental et Fès-Meknès (11,2%), Marrakech-Safi (9,7%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (8,3%).

Les chiffres du HCP relèvent aussi que six régions abritent environ 80% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus sur le territoire national. Il s’agit de Casablanca-Settat (22,8%), suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,7%), Marrakech-Safi (13,4%), Fès-Meknès (11,3%), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11%) et de Souss-Massa (7,4%).

Les taux d’activité plus élevés par rapport à la moyenne nationale (47,1%)  sont relevés à Eddakhla-Oued Eddahab (70%), Casablanca-Settat (50,8%), Marrakech-Safi (49,3%) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (47,4%).  En revanche, les taux les plus faibles sont enregistrés au niveau des régions de Laayoune-Sakia El Hamra (40,3%) et de Guelmim-Oued Noun (43,4%).

 

 

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