Analyse

Droit d’accès des citoyens à l’information Le Conseil économique et social comme modèle

Par Omar KETTANI | Edition N°:5265 Le 04/05/2018 | Partager
«La voix de la société civile et non pas une 3e Chambre parlementaire»
Des travaux diffusés en ligne pour animer le débat public
Pas de reddition des comptes sans données pertinentes
droit-dacces-a-liinformation-065.jpg

De gauche à droite: Jihane Gattioui, journaliste aux inspirations Eco et secrétaire générale de l’UPF Maroc, Abdelhafid Oualalou, vice-président de l’Institut marocain des relations internationales, Mohamed Ghazali, SG du ministère de la Communication et de la Culture, Mustapha El Khalfi, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la société civile, et Samir Chaouki, directeur de publication des inspirations Eco (Ph. Fadwa Al Nasser)

«Rendre compte commence par rendre publique et accessible l’information. Cette même information qui va conscientiser le citoyen et lui donner plus de place dans la société.

En revanche, ne pas donner d’information ou de vraies informations va le pousser à chercher cette information ailleurs: les réseaux sociaux par exemple. Et nous le vivons aujourd’hui avec la campagne de boycott (cf. L’Economiste n°5263 du 2 mai 2018)», insiste Meriem Oudghiri, présidente de la section marocaine de l’Union de la presse francophone (voir pages précédante).

Pour les journalistes, «la tâche est plus compliquée au vu des délais de bouclage et d’antenne à respecter», poursuit la secrétaire générale de la rédaction de L’Economiste.

Abdelwahed Rmiche, SG adjoint de l’UPF Maroc, ne se fait pas d’illusion au sujet de la nouvelle loi sur le droit d’accès à l’information: «Nous ne tablons pas sur ce texte pour faire notre travail journalistique. Nos relations de confiance avec nos sources permettent d’obtenir des informations pertinentes».

Notre confrère du journal Le Matin du Sahara revient sur l’adhésion du Maroc à l’Initiative pour un gouvernement ouvert le 24 avril 2018: «Elle comporte 19 engagements dont quatre relatifs à la démocratie participative». D’où la nécessité de rendre publique et accessible l’information afin de mettre au même niveau la société civile, l’administration et les dirigeants politiques. Dans le cas contraire, l’opacité de l’information peut engendrer des méfaits et encourager la corruption. 

Pour le Conseil économique, social et environnemental (CESE), le droit d’accès à l’information passe par la diffusion des rapports, études sur son site. Driss Guerraoui, le secrétaire général du CESE, revient d’abord sur la genèse du CESE il y a 7 ans: «Sa Majesté le Roi a insisté pour que le CESE soit le porte-voix de la société civile et non pas une 3e Chambre parlementaire». 

meriem_oudghiri_065.jpg

 «Le droit d’accès à l’information est un sujet d’actualité majeur, mais aussi une nécessité vitale pour celles et ceux qui ont choisi pour métier d’informer»,  déclare la présidente de l’UPF Maroc, Meriem Oudghiri, en guise d’ouverture de la rencontre autour de la loi sur le droit d’accès (Ph. Fadwa Al Nasser)

Ce préambule sera à la base de son action d’animateur du débat public. Le SG du Conseil renvoit à trois principes déterminants: «La volonté politique, l’audace en émettant des avis critiques et l’intelligence collective». Le tout pour que l’accès à l’information «soit un mode de gouvernance pour une instance qui pratique la démocratie participative et produit des données». L’une des conditions est de «préserver son indépendance» vis-à-vis du gouvernement et du Parlement.  

Plus concrètement, «nous faisons preuve d’écoute avant la production de nos travaux. Viennent ensuite la restitution des documents aux forces vives de la nation et la diffusion de l’information pour que les acteurs de la vie publique se l’approprient», relève Driss Guerraoui.

Une approche qui va à contre-courant du constat établi par Nadia Salah, directrice des rédactions du groupe Eco-Médias: «La loi sur le droit d’accès à l’information se méfie de tout. Ses auteurs sont mal informés».

Elle fait valoir un contre-argument à cette perception biaisée de la société: «L’accès égal à l’information réduit les inégalités. Des populations informées engendrent des leaders performants. Le développement des capabilities permet aux citoyens de se prendre plus facilement en charge, de prendre des initiatives et de faire de bons choix pour sa famille, son douar, sa ville et son pays», selon Nadia Salah.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc