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Pollution de l’air: L’OMS s’inquiète

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5264 Le 03/05/2018 | Partager
Près de 90% de la population mondiale respire de l’air pollué
Entraînant la mort de quelque 7 millions de personnes par an
Des chiffres alarmants
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Les niveaux de pollution de l’air restent dangereusement élevés dans de nombreuses parties du monde. De nouvelles données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montrent que 9 personnes sur 10 respirent un air contenant des niveaux élevés de polluants. Les dernières estimations révèlent que 7 millions de personnes meurent chaque année à cause de la pollution de l’air ambiant (extérieur), mais aussi à celle respirée à l’intérieur des habitations. C’est un chiffre préoccupant.

Si la première cause est responsable à elle seule d’environ 4,2 millions de décès en 2016, la seconde, due à l’utilisation de combustibles et de technologies polluantes, a entraîné environ 3,8 millions de décès pendant la même période.

Plus de 90% des décès dus à la pollution de l’air se produisent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, principalement en Asie et en Afrique. Ils sont suivis des pays à revenu faible ou intermédiaire des Régions de la Méditerranée orientale, de l’Europe et des Amériques.

Environ 3 milliards de personnes (plus de 40% de la population mondiale) n’ont toujours pas accès à des combustibles et à des technologies de cuisson propres à leur domicile.

L’OMS fait un suivi de la pollution de l’air à l’intérieur des habitations depuis plus de 10 ans. Si le taux d’accès à des combustibles et à des technologies propres augmente partout, les améliorations restent plus lentes que la croissance de la population dans de nombreuses parties du monde, en particulier en Afrique subsaharienne.

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L’OMS estime à 7 millions environ le nombre de personnes qui meurent chaque année à cause de l’exposition aux particules fines contenues dans l’air pollué (1). Ces particules pénètrent profondément dans les poumons et dans le système cardiovasculaire. Ce qui cause des affections comme les accidents vasculaires cérébraux, les cardiopathies, les cancers du poumon, les bronchopneumopathies chroniques obstructives et les infections respiratoires, notamment la pneumonie.

L’OMS reconnaît que la pollution de l’air est un facteur de risque critique pour les maladies non transmissibles (MNT).

Causant, selon les estimations, un quart (24%) des décès d’adultes imputables à des cardiopathies, 25% liés aux accidents vasculaires cérébraux, 43% à la bronchopneumopathie chronique obstructive et 29% dus au cancer du poumon.

Cette année, l’OMS organisera la première conférence mondiale sur la pollution de l’air et la santé (du 30 octobre au 1er novembre 2018). Objectif: réunir les gouvernements et les partenaires dans le cadre d’une mobilisation mondiale visant à améliorer la qualité de l’air et à lutter contre le changement climatique.

Le Maroc n’est pas épargné

Pluisuers études avaient conclu que la pollution de l’air au Maroc était un véritable fléau. Avec un taux de concentration de petites particules de 61 µg/m3 et de particules fines de 26 µg/m3, Casablanca demeure très polluée, selon les récentes estimations de l’OMS. La métropole économique est suivie de Fès, Marrakech, Meknès, Safi, Salé et Tanger. Au Maroc, la concentration en particules fines (PM2,5) est évaluée à 20,3 µg/m3 (en 2014). Aussi, le taux de mortalité attribuable à la pollution des ménages et de l’air ambiant se situe à 25,1 (pour 100.000 habitants). Ce taux reste moins élevé que celui signalé en Algérie (30,6), en Tunisie (42,6) ou encore en Egypte (50,9). La moyenne régionale a atteint 58,8 morts pour 100.000 habitants. La Banque mondiale a évalué également le coût de la pollution de l’air au Maroc (cf. notre édition N° 5138 du  31/10/2017, «Pollution de l’air: Alertes à tous les niveaux»).

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(1) La base de données de l’OMS collecte les concentrations moyennes annuelles de particules fines (PM10 et PM2,5). Les PM2,5 comprennent le sulfate, les nitrates et le carbone noir, qui sont les polluants les plus dangereux pour la santé humaine. Les recommandations de l’OMS relatives à la qualité de l’air appellent les pays à réduire la pollution de l’air pour atteindre des valeurs annuelles moyennes de 20 μg/m3 (pour les PM10) et de 10 μg/m3 (pour les PM2,5).

 

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