Culture

Jidar: La crème du street art dans la capitale

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5258 Le 24/04/2018 | Partager
11 artistes nationaux et internationaux
Des fresques monumentales, des ateliers, des master class…
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Des œuvres monumentales sur les façades de la capitale, qui n’en nécessite pas moins une minutieuse préparation et un travail d’orfèvre, à l’instar de l’artiste péruvien Decertor en pleine concentration avant de se lancer dans son œuvre XXL (Ph. Jidar)

Elles font désormais partie du paysage de Rabat. Les fresques murales, souvent monumentales, essaimées un peu partout à travers la capitale du royaume, font de la ville l’une des plus «street-arty» du moment, comme en témoignait déjà, l’année dernière, le site de référence: Artsy, (la plateforme numérique de référence, d’art moderne et contemporain qui revendique la plus importante base de données en ligne d’art contemporain).

Le site fait en effet figurer la capitale dans la short-list des 6 villes les plus favorables au street art dans le monde aux côtés de Hong Kong, Los Angeles, ou encore Melbourne! Un statut que Rabat doit au festival Jidar, Toiles de rue, initié par l’association Eac-L’boulvart, qui a clôturé ce week end sa 4e édition.

Du 16 au 22 avril, Rabat a renoué avec sa vocation d’espace de création à ciel ouvert. 11 artistes nationaux et internationaux y ont été invités  à réaliser des œuvres in situ, destinées au public en général et aux habitants des quartiers qui les accueillent en particulier. Des artistes venus d’Espagne, du Japon, du Mexique, de Pologne, de Grèce, du Maroc ou encore du Pérou, virtuoses du portrait ou des formes géométriques, versant dans l’art du muralisme ou du lettring, ont offert leurs fresques monumentales, conceptualisées ou non, pour nourrir l’imaginaire collectif.

Perchés dans des nacelles plusieurs mètres au-dessus du sol, et bardés de leurs pinceaux, rouleaux et bombes aérosols, ils s’attaquent à leur tâche, dans une véritable performance urbaine, au grand bonheur des riverains. Décidés à léguer une empreinte de géant aux façades blanches de la capitale, mais également à transmettre leur savoir-faire aux street artistes en herbe et étudiants en écoles d’art, le festival propose différents ateliers, master class et rencontres d’échange.

Huit jeunes artistes ont été sélectionnés par les organisateurs pour une œuvre collective réalisée sur la façade de Souk Al Amal, situé dans l’arrondissement populaire de Yacoub El Mansour. Encadrés par l’artiste mexicain Dherzu Uzala, célèbre à travers le monde pour ses fresques murales inspirées de la culture Maya, dont il est issu.

Par ailleurs, trois des street artistes internationaux ont été invités à la rencontre des étudiants de l’Ecole Nationale d’Architecture pour des débats sur le lien entre architecture et arts urbains. Un atelier pratique de fabrication de totems, suivi d’un parcours dans la ville, leur a également été proposé par l’artiste marocaine Ghizlaine Agueznay.

Des  totems colorés aux formes géométriques futuristes, dont l’artiste est une spécialiste,  qu’elle décline à l’infini et qu’elle éparpille puis s’amuse à photographier,  au gré de ses voyages à travers le monde. Enfin, fait notable à souligner, cette édition de Jidar, Toiles de rue a bien réussi à tordre le cou aux clichés: non, le Street art n’est pas la chasse gardée des hommes! 4 des artistes programmés sont des femmes, dont le talent et la maestria n’ont rien à envier à leurs collègues.

 

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