Dossier Spécial

SIAM 2018/ Marchés agricoles/ Chaîne de valeur et, surtout, chaînes logistiques

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5258 Le 24/04/2018 | Partager
Ouverture du SIAM ce mardi 24 avril
Soutien à la valorisation agroalimentaire: Les guichets sont ouverts
Un plan d’urgence de l’eau sur la table du gouvernement
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Le Maroc compte actuellement un réseau de 140 barrages, avec une capacité de stockage de 17,6 milliards de mètres cubes. 14 barrages sont en cours de construction, avec une capacité supplémentaire de près de 3 milliards de m3, couvrant l’ensemble des zones du pays (Ph. Bziouat)

Les organisateurs du SIAM ont eu la bonne inspiration de consacrer à cette 13e édition un lien entre la logistique et les marchés agricoles. Dans beaucoup de filières en effet, le retard de la structuration de la chaîne logistique est la tâche noire au tableau de la stratégie agricole dont la mise en œuvre entre dans la dixième année.

Sans ces infrastructures, il sera difficile de monter sur la chaîne de valeur et d’améliorer les revenus agricoles ainsi que le niveau de vie de ceux qui travaillent dans le secteur. Et indirectement, cela freine l’innovation et rebute les investisseurs.

Ce diagnostic est partagé par le ministre de l’Agriculture: «Les avancées réalisées dans la production et la valorisation doivent être relayées sur les marchés agricoles par le développement des infrastructures et services logistiques. Cela concerne tout ce qui est lié aux infrastructures de traitement et de stockage, l’entreposage frigorifique et le conditionnement des fruits et légumes», assure Aziz Akhannouch.

Mais le ministre n’a pas la maîtrise de tous les boutons sur lesquels il faut appuyer. Prenez le cas de la transformation des marchés de gros. Maillon essentiel de la structuration de la distribution des fruits, des légumes et des viandes, la réforme des marchés de gros et des abattoirs se heurte à l’inertie des communes et à la bataille des territoires avec le ministère de l’Intérieur.

Résultat, rien n’a bougé sur ce chantier depuis 2009. L’écrasante majorité des abattoirs est dans un tel état d’insalubrité que cela nous vaut d’être disqualifié sur des marchés à l’export. La seule exception pour l’instant est la filière de la dinde.

La situation des marchés des viandes rouges est une autre illustration des conséquences de dysfonctionnements des chaînes logistiques. Alors que la production couvre largement les besoins de la consommation locale, le prix du kilo de viande reste inaccessible pour des ménages des classes moyennes inférieures et modestes.

Il n’y a qu’à voir les bousculades devant les superettes de BIM à Casablanca lorsqu’elles organisent des promotions sur la viande. En cause (mais pas seulement), la cascade des intermédiaires qui pullulent sur la chaîne de valeur.

Le contrat-programme de l’industrie agroalimentaire est en marche. Les mécanismes de soutien de la valorisation des produits sont activés. Les montants, conditions et modalités du soutien financier de l’Etat sont aujourd’hui précisés (arrêté publié au Bulletin officiel du 22 février 2018). Les subventions variant de 10 à 30% peuvent être octroyées, selon le type d’unités.

Le réseau de 57 guichets du Fonds de développement agricole est mobilisé pour instruire les demandes des opérateurs. Idem en ce qui concerne l’export. Les conditions et modalités d’octroi de l’aide financière de l’Etat sont arrêtées. Ne reste que l’arrêté ministériel. Sa publication est donnée pour imminente.

Après des années de ronronnement, l’eau retrouve une politique dédiée à la suite des alertes récurrentes sur les difficultés d’approvisionnement rencontrées par les populations dans plusieurs villages. Le gouvernement s’apprête à valider un plan d’urgence à déployer dès cette année. L’idée centrale est d’accélérer les investissements dans ce secteur vital.

L’effort de mobilisation des eaux de surface par les barrages sera poursuivi avec un rythme de 2 à 3 nouveaux ouvrages par an. Un budget annuel de près de 1,7 milliard de DH sera affecté à la construction des barrages. Dans l’interview accordée à L’Economiste (lire article page suivante), la secrétaire d’Etat chargée de l’Eau aimerait disposer d’encore plus de moyens: «Ces crédits doivent être consolidés et renforcés pour pouvoir accélérer les investissements et faire face aux défis du stress hydrique qui menace le pays», confie Charafat Afailal.

 

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