Politique

Istiqlal: Le clan sahraoui renforce sa position

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5257 Le 23/04/2018 | Partager
Chiba Maâ El Ainine, président du conseil national
Nizar Baraka a évité in extremis le vote des membres du conseil
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Chiba Maâ El Ainine (en compagnie de Hamdi Ould Rachid),  le nouveau président du conseil national de l’Istiqlal, n’était pas dans la course (Ph. Bziouat)  

Grande surprise à l’Istiqlal: c’est finalement Chiba Maâ El Ainine qui a été porté, samedi, à la présidence du conseil national, le parlement du parti. Pourtant, l’heureux élu ne figurait pas sur la liste des candidats à ce poste.

Comme le secrétaire général Nizar Baraka n’est pas parvenu à imposer son candidat Noureddine Mediène, chef du groupe parlementaire à la Chambre des représentants, contre Rahal Mekkaoui, le poulain de Hamdi Ould Rachid, l’homme fort de l’Istiqlal, l’affaire devait se régler par les urnes.

Alors que les membres du conseil national étaient sur le point de voter pour départager les quatre candidats (sachant que Karim Ghellab s’était retiré de la course en milieu de journée), Chiba Maâ El Ainine est sorti par surprise pour sauver la face et éviter ainsi le vote qui aurait laissé beaucoup de traces dans une formation habituée au consensus.

Le nouveau président du conseil national n’est pas un inconnnu du parti. C’est un ancien membre du conseil constitutionnel et ex-ambassadeur du Maroc. Le choix de Chiba Maâ El Ainine confirme la domination du clan sahraoui au sein des instances du parti.  Il complique aussi la donne pour Nizar Baraka qui n’a pas encore libéré toute son énergie pour donner la mesure de son engagement en tant que pilote de l’Istiqlal.

Depuis octobre 2017, date du 17e congrè ayant porté Baraka à la tête du parti,  l’Istiqlal n’a pas été flamboyant ou à l’origine d’initiatives majeures à part des sorties à l’occasion des élections partielles. Après le limogeage royal des ministres, la formation  a été dans l’expectative.  Ses responsables s’attendaient à une éventuelle proposition à entrer au gouvernement. Peine perdue.

En tout cas, dans son rapport politique, Nizar Baraka a prononcé un véritable réquisitoire contre le gouvernement. Avec des chiffres à l’appui, il a malmené l’Exécutif, coupable à ses yeux de ne pas mener les réformes nécessaires alors qu’il bénéficie d’un contexte favorable sans la moindre échéance électorale qui aurait pu le perturber.

Au moment où il a annoncé la décision du comité exécutif de se positionner dans l’opposition, une grande partie des membres du conseil national s’est levée, a applaudi le verdict et chanté l’hymne du parti. Un vote à main levée, sans débat, a validé cette décision. C’est bien après cette séquence que des dirigeants du parti se sont ressaisis pour donner la parole aux militants qui le souhaitent.

Tous les membres du conseil national n’étaient pas d’accord avec la méthodologie suivie, certains stigmatisant l’absence de démocratie interne, d’autres s’interrogeant sur l’état de santé des organisations parallèles, particulièrement l’UGTM, pour s’acquitter de la mission d’opposition.

Selon lui, la centrale syndicale, affaiblie par des dissensions internes et des guerres de clans, ne peut relever le défi et accompagner le parti dans cette aventure. On assiste à des exclusions, des dossiers devant la justice,… Un aperçu des chantiers qui attendent Nizar Baraka.

«Complot du silence»

Un membre du conseil national a chargé le secrétaire général lui reprochant ce qu’il a qualifié d’erreurs dans la conduite de l’Istiqlal. Pour lui, une journée d’étude pour réfléchir à la question du positionnement politique aurait été vitale d’autant qu’il s’agit de la même direction qui avait décidé le soutien et aujouird’hui l’opposition au gouvernement. «Ce n’est pas sérieux, nous ne pouvons valider une telle décision par des applaudissements mais un véritable débat sur l’avenir et l’unité du parti», s’est exclamé Mohamed Zidouh, médecin et membre de l’association Bila Hawada. Selon lui, «dire que l’Istiqlal est en bonne santé est un mensonge. C’est le complot du silence. Le Maroc vit un vide politique à cause des partis qui ne jouent pas leur rôle».

 

 

 

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