Entreprises

Paiement mobile: La BCP sonne le big-bang

Par Franck FAGNON | Edition N°:5257 Le 23/04/2018 | Partager
Une nouvelle expérience client avec la solution BPAY
Le groupe dispose d’une deuxième arme avec M2T
Face au cash, les moyens de paiement alternatifs gagnent du terrain
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Pour le moment, la solution du groupe BP est utilisable entre les clients du groupe. L’interaction avec d’autres établissements sera possible à partir de juin. L’offre est gratuite, mais évoluera en fonction du marché (Ph. L’Economiste)

Les paiements mobile pourraient se chiffrer à 400 milliards de DH par an selon les premières estimations. «Nous comptons récupérer notre part de marché naturelle», prévient Laïdi El Wardi, directeur général de la banque de détail du groupe BCP. Le groupe lance ainsi l’offensive sur le paiement mobile avec la solution «BPAY».

Le transfert d’argent, les virements de mobile à compte bancaire et un certain nombre d’opérations de paiement sont les fonctionnalités offertes pour l’instant. Les transactions sont plafonnées à 20.000 DH. «Il s’agit d’un plafond par défaut pour des raisons de sécurité puisque nous sommes en phase de démarrage», précise le management.

La solution est utilisable depuis quelques jours par les clients du groupe. L’interaction avec d’autres établissements sera possible à partir de juin lorsque le switch sera opérationnel. L’offre de la BCP est gratuite, mais évoluera en fonction du marché. Même si le cash continue de résister, les moyens de paiement alternatifs gagnent du terrain.

L’année dernière, plus de 46 millions d’opérations (+33% sur un an) d’un montant de 21,2 milliards de DH (+23%) ont été réglées par carte. Les paiements en ligne ont dépassé 2,4 milliards. Les banquiers prédisent un décollage rapide des paiements par smartphone. Les technologies numériques transforment beaucoup de secteurs et le paysage des paiements n’y échappe pas.

La sécurité et le confort sont des arguments que les acteurs du marché vont faire valoir. «Nous sommes en train de transposer tout le savoir-faire que nous avons acquis pour la sécurisation des transactions par carte sur le mobile de sorte à ce qu’il n’y ait aucun couac», rassure Hassan Debbagh, directeur général adjoint de la banque des particuliers et des professionnels.

En dehors des consommateurs, il faudra aussi séduire les commerçants pour favoriser un usage massif du paiement mobile. «Il y aura suffisamment de matière pour motiver les commerçants», soutient El Wardi. L’administration fiscale notamment est incluse dans les discussions pour trouver la bonne formule.

Dans la compétition sur le paiement mobile qui s’annonce, les opérateurs télécoms peuvent être redoutables pour les banques. Les trois ont sollicité une licence d’établissement de paiement. Leur base clientèle s’avère un avantage, mais il y a globalement un savoir-faire à acquérir pour développer les services financiers.

Sans minimiser les autres acteurs, Orange apparaît aux yeux des banquiers comme la principale menace à cause de l’expérience de sa maison mère sur les marchés subsahariens et en Europe. Ceci dit, le comportement bancaire du client marocain est différent. «Il est donc difficile d’anticiper la réaction du marché», se rassure El Wardi.

Le groupe BCP est paré à toutes les éventualités. Sa filiale M2T a décroché un agrément pour exercer en tant qu’établissement de paiement. La faiblesse des revenus, le coût et la distance sont les principaux blocages à l’ouverture d’un compte bancaire pour les personnes non bancarisées. M2T va notamment permettre à la BP de toucher cette population, mais aussi celle qui veut consommer les services financiers autrement.

                                                                       

Marchés subsahariens: «Les jeux ne sont pas encore faits»

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Laidi El Wardi: Directeur général de la banque de détail du groupe BCP (Ph. L’Economiste)

L’Afrique subsaharienne est la région du monde la plus en pointe dans le domaine de la banque et du paiement mobile. En moyenne, 21% des adultes y possèdent un compte d’argent mobile avec une pénétration qui dépasse 30% en Côte d’Ivoire et au Sénégal et 40% au Gabon selon la Banque mondiale. Si les opérateurs télécoms ont pris de l’avance sur les banques dans ces marchés,  «les jeux ne sont pas encore faits», estime Laïdi El Wardi, directeur de la banque de détail du groupe BCP.

Le groupe est implanté dans quatorze marchés subsahariens. «Les opérateurs télécoms sont plus proches des populations que ne le sont les banques. Ces dernières n’ont pas une pénétration assez large dans le retail», observe El Wardi. Mais les banques sont en train de combler leur retard. Le groupe va renforcer ses positions grâce au développement de la microfinance, mais aussi en améliorant la pénétration dans le retail.

«Nous allons avoir un réseau complémentaire qui adresse à la fois la clientèle à fort potentiel et de masse. Autour de cela, nous sommes en train de construire une plateforme de mobile banking et de paiement mobile. Elle sera plus large que ce que peuvent proposer les opérateurs aujourd’hui», indique le directeur général.
 

 

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