Economie

Alimentaria: Dans les coulisses du pavillon marocain

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5255 Le 19/04/2018 | Partager
Une vingtaine d’entreprises marocaines y présentent leurs produits
Rillettes de poisson, olives, condiments, harira… les produits
Marchés ethnique, espagnol et latino-américain, les principales cibles

De la confiserie, des plats surgelés, des vins, des pâtes, des produits bio, des conserves de tout genre,… Près de 5.000 agro-industriels de 150 pays sont venus exposer leurs produits à la foire Alimentaria de Barcelone, une des quatre grandes messes mondiales du secteur.

Le salon n’est pas seulement une vitrine pour l’exposition, mais aussi un chef-lieu des opportunités d’affaires entre industriels et représentants institutionnels, un moyen de tâter le pouls du marché mondial.

Au cœur de cette grande foire de l’agroalimentaire, qui a démarré le 16 avril, se trouve le stand marocain (200 m2) au sein duquel les entreprises nationales se montrent agressives malgré la redoutable concurrence des autres pays exposants, à commencer par le pays hôte, les Turcs qui se sont offert un immense pavillon pour présenter leurs produits, les Chinois, les Tunisiens.

Le pavillon marocain abrite une vingtaine d’entreprises exportatrices marocaines, avec une large gamme de produits reflétant la grande diversité et le dynamisme du secteur agroalimentaire marocain, notamment les huiles d’olive, les huiles de table, les olives de table, les conserves de câpres, les couscous, les pâtes, les confiseries, les sauces et condiments, les conserves de poisson et le poisson surgelé.

L’objectif de cette participation organisée par l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE) est de faire valoir la diversité et la qualité des produits marocains et de consolider leur positionnement sur le marché international. Zoom sur quelques exportateurs présents au salon qui ferme ses portes aujourd’hui, 19 avril.

■ Nouvelle boisson au goût de «L’harcha»

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Laiko, tel est le nom de la nouvelle boisson lancée l’an dernier par la société OJO Industries, elle-même créée en 2016 à Settat avec un début d’activité en mi-2017. Il s’agit d’une marque 100% marocaine déclinée en 9 arômes et différents formats. Le goût de ces boissons rappelle celui des anciennes «monada» comme la Cigogne «Lharcha» et Judor, boissons cultes marocaines. Le nouveau-venu mise aussi bien sur le marché local via la distribution directe que sur le marché à l’export, et principalement le marché ethnique, en Europe, indique Mehdi Mrabt, son directeur. Barcelone était sa 1re participation à un salon à l’export. «Notre produit est apprécié au Maroc et nous estimons avoir une chance à l’export, notamment auprès des Marocains résidents à l’étrangers»

■  La harira en conserve d’Alvita

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Chermoula, sauce poulet au citron confit, ras el hanout, sauce tajine viande, sauce aux légumes et harira. C’est la nouvelle gamme Alvita arômes et saveurs du Maroc présentée par Alicomar, industriel installé à Fès. Son marché de prédilection est l’Europe et particulièrement l’Espagne. Pour l’industriel, le salon de Barcelone est aussi une plateforme et une occasion pour toucher l’ensemble des pays hispanophones, dont l’Amérique latine. Sur place, son concentré de harira en conserve et en bocal a remporté du succès. A la veille du Ramadan, l’industriel fassi attaque aussi bien le marché ethnique en Europe que le marché local.

■ Les rillettes de maquereau de King Pélagique

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Marquer la présence au salon et fidéliser les clients existants. C’est l’objectif premier de la présence de King Pélagique au salon de Barcelone. Ce groupe d’une dizaine de sociétés (1.300 employés), créé il y a près de 30 ans et installé à Dakhla, est parmi les plus grands challengers du marché. De la pêche à la farine de poisson, en passant par la congélation, la transformation, la conserverie et les plats surgelés, le groupe, qui fabrique également du surimi, intègre toute la chaîne. Il exporte plus de 90% de sa production vers l’Europe, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique latine. Le groupe vient de lancer sa gamme d’épicerie fine avec des rillettes de maquereau aux différents fruits confits. Un produit qui remporte un franc succès en Europe et en Russie, selon le management.

■ Marché ethnique pour Cartier Saada

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Conserves d’olives, abricots, condiments, piment, citron, câpres, oignon... La gamme de produits Cartier Saada ratisse large sur les marchés étrangers. Les exportations de l’entreprise marocaine représentent 95% du chiffre d’affaires. Mais c’est à l’olive que l’entreprise a consacré son stand au 42e salon Alimentaria de Barcelone. «Nous avons pris un challenge, celui d’attaquer le marché ethnique à Barcelone, notamment la communauté maghrébine et ce, alors que l’olive espagnole est une de nos principales concurrente», indique Hassan Debbarh, DG de l’entreprise. Il faut dire qu’à elles seules, les olives représentent près de 75% du chiffre d’affaires de l’entreprise qui fête cette année ses 70 ans. Pour attaquer ce marché, l’entreprise ne souhaite pas se positionner dans une guerre de prix. «Nous proposons un produit premium avec une très haute vigilance en termes d’hygiène et les distributeurs et la restauration en sont parfaitement conscients».

■ Faconex ou comment révolutionner la barbe à papa

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C’est plus pour consolider sa présence sur le marché espagnol et européen que Faconex, qui opère dans le secteur de la confiserie depuis 2008, était présente à la foire de Barcelone, indique son directeur général Hamid Mouhim. L’entreprise, qui a révolutionné la barbe à papa et le popcorn, exporte ses produits vers une vingtaine de pays du Moyen-Orient, d’Europe et d’Asie. Malgré plusieurs contraintes, notamment l’absence d’une chaîne logistique, l’industriel a réussi à pénétrer le marché africain (Gabon et Algérie). Le potentiel à l’international va crescendo. Il réside à la fois dans la recherche de nouveaux marchés et de produits innovants. «La dynamique commerciale sur l’Afrique est également prometteuse sur le moyen terme», indique Mouhim. Côté concurrence, les Polonais et les Bulgares demeurent les principaux concurrents de Faconex.

DNES à Barcelone, Badra BERRISSOULE

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