Culture

Le symposium international de sculpture de retour

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5254 Le 18/04/2018 | Partager
7 artistes internationaux invités à Asilah
Après El Jadida, Tanger, Fès, Essaouira et Taroudant
Offrir une collection d’art publique
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Ikram Kabbaj est la seule artiste marocaine considérée comme sculpteur à part entière et l’une des plus importantes dans le monde arabe, à l’instar de son ainée, la jordanienne Mona Saudi (Ph. DR)

Elle a fait de sa passion, une mission. Celle d’initier une culture de l’art dans l’espace public et de mettre en place une collection d’art appartenant au domaine public marocain. Pour ce faire l’artiste sculpteur Ikram Kabbaj a pris son bâton de pèlerin pour partager ses convictions avec les décideurs en matière d’Art, d’urbanisme, d’environnement et de développement des villes et provinces du Royaume.

Militant pour l’intégration de la sculpture dans les espaces publics, Ikram Kabbaj a eu l’idée de monter des symposiums internationaux de sculpture, où elle invite des artistes de plusieurs pays à réaliser des œuvres monumentales in situ pour dit-elle «faire des villes des espaces investis par les sculptures et des points incontournables des circuits culturels».

Des sculpteurs, venus du monde entier, créent et fabriquent sous les yeux des habitants, puis laissent vivre et exister  les œuvres à l’endroit de leur création. La première expérience fût réalisée à El Jadida en 2000, puis Tanger (2001), à Fès (2002), Essaouira (2003) et Taroudant en 2011 avec la création de quatre parcs de 44 sculptures de plein air qui constituent désormais un circuit d'art, une exposition permanente à ciel ouvert, une promenade touristique.

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Feuille de route, sculpture monumentale d’Ikram Kabbaj, érigée à l’occasion du 20e anniversaire des Autoroutes Du Maroc, sur la rocade de Casablanca allant à l’Aéroport Mohammed V (Ph. DR)

Après une éclipse de 5 ans, le symposium s’installe à Asilah, en partenariat avec la Fondation Forum d’Asilah et les autorités de la ville. Depuis le 16 avril et jusqu’au 5 mai prochain,  7 artistes (Argentine, Egypte, Espagne, France, Italie, Maroc, Portugal) tailleront pierre et marbre en plein air, sous le regard des Zaylachis. La ville gardera des sculptures monumentales dans un espace public, offertes à voir aux habitants de la ville et à ses visiteurs marocains et étrangers.

Sculptures figuratives ou abstraites, variété des matériaux utilisés (pierre, bois, métal, verre, matériaux de récupération…), variété des formes envisagées, sont au centre des préoccupations du symposium, et résonnent avec la multiplicité des lieux.

«En 2000, à l’occasion de la réalisation du 1e Parc International de Sculpture dans la ville d’El Jadida, nous nous sommes posé la question de savoir si notre action pouvait être d’utilité publique, si la sculpture pouvait jouer un rôle dans le process de mise à niveau culturel de notre pays, enclenché depuis le début de ce siècle; si l’art public auquel s’apparente le parc de sculpture pouvait assurer une fonction réconciliatrice entre le citoyen et la Cité?», se demande la fondatrice du symposium.

Le bilan est suffisamment éloquent pour rassurer les organisateurs et les conforter dans leur ambition de doter le Royaume d’un musée de sculptures en plein air, essaimées dans une dizaine de villes marocaines.

Tailleuses de pierre

A l’aide de sangles, de meules, de burins, de marteaux, de disques de ponçage, de compresseurs… Ikram Kabbaj s’attaque vaillamment à la pierre pour faire naître des formes contemporaines. Ce qui fera dire au critique d’art et galeriste Aziz Daki: «Elle est la seule artiste marocaine reconnue sculpteur au vrai sens du terme et sans doute l’une des plus talentueuses de sa génération à travers le monde».

Rares sont les femmes à s’emparer de cette discipline. La sculpture est une affaire d’hommes, et cette dernière, tout comme les autres arts, au féminin souffre des préjugés à l’encontre des femmes: on juge les artistes de moindre talent que leurs équivalents masculins. Pourtant à travers l’histoire beaucoup d’entre elles ont réussi à s’imposer à force de ténacité, de talent et d’obstination.

Dans le monde arabe, elles se comptent sur les doigts d’une main, à l’instar de l’artiste jordanienne Mona Saudi ou de la jeune tunisienne Nesrine Elamine. Née en 1960 à Casablanca, de 1978 à 1987, elle reçoit une formation académique qui la mena de l’École des Beaux-Arts de Casablanca, à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et explore, depuis 1989, différentes matières: fer forgé, terre cuite, fibres de verre, bois, marbre et pierre.

Militant pour l’intégration de la sculpture dans les espaces publics, Ikram Kabbaj a organisé des symposiums internationaux qui ont doté plusieurs villes marocaines d’oeuvres d’art élevées en plein air. Elle a exposé plusieurs fois au Maroc et à l’étranger. Ses œuvres ont intégré plusieurs collections prestigieuses au Maroc, aux Etats-Unis et aux Emirats Arabes Unis.

 

 

 

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