Analyse

L’économie du green: Le juteux business du golf

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5252 Le 16/04/2018 | Partager
1 milliard de DH de recettes et 4 milliards d’investissement prévus
Une cinquantaine de parcours et 6.000 licenciés
Un touriste golfeur dépense 180 à 250 euros/jour
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Golf et business font toujours bon ménage. Beaucoup de transactions sont conclues sur le green, vu que la pratique du golf facilite les rencontres business. Mais ce sport est aussi de plus en plus au cœur de l’activité économique. Il contribue en effet au développement d’autres activités parallèles. En effet, les golfs, de par leur emplacement, sont généralement  adossés à des projets immobiliers ou des complexes touristiques.

A ce jour, 38 parcours sont opérationnels et une dizaine sont en cours de réalisation. Au Maroc, un golf coûte entre 80 et 100 millions de DH. L’investissement engagé dans ce secteur dépassera dans les années à venir la barre des 4 milliards de DH.

Il s’agit d’un investissement vite rentabilisé puisqu’un touriste golfeur dépense entre 2 et 3 fois plus qu’un touriste loisir soit 180 à 250 euros/jour. Il génère aussi 2,5 emplois indirects dans l’hôtellerie, la restauration, le transport terrestre et aérien… Le marché du golf croît 2,5 fois plus vite que le marché touristique global.

De surcroît, les golfs sont devenus de véritables sources de revenus d’abord par les emplois qu’ils mobilisent. Si l’on part d’un ratio moyen de 4,5 emplois par trou, on dénombre plus de 2.700 emplois directs,  qui seront majorés d’environ un millier d’autres d’ici l’achèvement des travaux des golfs en projet, soit un total de 3.700 emplois directs. Un golf de 18 trous emploie entre 80 et 140 personnes (dont greenkeepers, jardiniers, caddies, restaurateurs…).  

L’intérêt du tourisme golfique réside aussi dans la diversité. Il est important que chaque destination abrite plusieurs parcours à proximité. Au Maroc 3 villes répondent à ce critère: Marrakech, Agadir et Casablanca. Avec ses 11 golfs, la ville ocre offre la plus forte concentration de parcours au bassin méditerranéen, suivie par Agadir avec 5 golfs. Casablanca est en passe de rattraper son retard, grâce aux complexes résidentiels de la ville de Bouskoura et ses 3 nouveaux parcours.

A moins de 3 heures de route de Marrakech, ce sont près d’une trentaine de golfs qui sont accessibles. L’expérience du golf au Maroc varie selon les envies: au soleil, au pied de l’Atlas, au bord de la Méditerranée ou de l’Atlantique, non loin des villes qui présentent une richesse culturelle.

Au-delà de sa dimension économique, le volet écologique est également pertinent. Produits d'appel pour les touristes et les acquéreurs d'immobilier, ces golfs entraînent une consommation en eau démesurée, dont sont privés les consommateurs et les agriculteurs. Mais aujourd’hui, cet argument ne tient plus.

La loi exige que les projets golfiques prévoient des stations de traitement et d’épuration d’eau pour leur arrosage. Plusieurs golfs sont aujourd’hui arrosés par les eaux usées de la ville notamment à Marrakech, Agadir, Essaouira, El Jadida  et Saïdia. Les golfs permettent de récupérer une eau traitée qui allait être déversée dans les fleuves ou dans la mer, et deviennent ainsi acteurs en matière de dépollution des eaux usées.

Des efforts restent à déployer pour généraliser cette pratique à tous les golfs disponibles en optimisation des stations de traitements que les pouvoirs publics ont déjà mis en place dans les différentes régions du Maroc.

Les Chinois arrivent

En Chine, jouer au golf est symbole de réussite sociale. Le golf est omniprésent dans les milieux d’affaires. Ce sport a connu une explosion de sa courbe de popularité depuis son introduction en 1984. C’est devenu  un véritable phénomène de mode durant les 10 dernières années. En 2011, la Chine disposait de plus de 600 parcours de golf, dont 65 autour de Pékin. Ce nombre augmente de 20% chaque année. En effet, les 5 plus grandes concentrations de golf se trouvent à Pékin, Shanghai, Guangdong (Shenzhen) et à la province du Shandong. Le Maroc, qui ambitionne d’attirer 1 million de touristes chinois, a tout intérêt à cibler cette catégorie de touristes golfeurs. Sachant qu’un  touriste chinois dépense en moyenne 1.400 dollars/séjour au Maroc, soit le double de ce que déboursent les visiteurs d’autres nationalités.

 

 

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