International

Les nouvelles routes du commerce méditerranéen

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5250 Le 12/04/2018 | Partager
Le Maroc parmi les pays qui bénéficie de cette reconfiguration
Exportations de biens automobile et TIC, les secteurs clés
Une nouvelle analyse de Coface
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La fièvre protectionniste qui traverse la planète depuis l’élection de Donald Trump et le spectre d’une guerre commerciale mondiale inquiètent. Ils sont même en train de transformer le vaste réseau d’accords de libre-échange et redessinent les routes du commerce au sein de la Méditerranée, comme le montre une nouvelle analyse de Coface publiée le 11 avril.  Depuis les années 2000, de nouvelles tendances se révèlent dans la structure des exportations des pays du bassin méditerranéen.

■ Automobile: Le Maroc et la Turquie
La politique d’intégration dans les chaînes de valeurs mondiales avec le développement et le renforcement des secteurs industriels par le Maroc et la Turquie a contribué à une reconfiguration des exportations automobiles au sein de la Méditerranée. En 2016, la Turquie concentre 13% des exportations automobiles régionales (contre seulement 2% en 2000) avec une intensification des flux vers les pays d’Euro-Med. Au Maroc, pour la période 2012-2016, les exportations automobiles au sein de la Méditerranée représentent 13% de l’ensemble des exportations du pays. Et si elles restent principalement destinées au marché européen, ses partenaires incluent aussi la Turquie et l’Egypte.

■ TIC: La Tunisie et le Maroc
Ces deux pays se renforcent dans les exportations liées aux TIC. En Tunisie, cette nouvelle spécialisation se traduit par une hausse des exportations en direction de l’Euro-Med (principalement la France mais aussi l’Espagne) pour atteindre 30% de l’ensemble des exportations vers cette sous-région. Au Maroc, une diversification des destinataires des flux au profit de l’Espagne et de l’Italie et au détriment de la France, du Portugal et de Malte a été constatée.

■ Energie: La Grèce et Malte
Si les biens énergétiques restent les plus échangés au sein de la Méditerranée, la structure du secteur se modifie. Les exportations de gaz et de pétrole perdent de l’importance au profit des produits raffinés. La Grèce et Malte voient le poids de leurs exportations s’intensifier vers les pays d’Est-Med comme la Turquie et l’Egypte.

■ Chimie: Egypte et Chypre
Le secteur des produits chimiques et des matières plastiques, qui est une des industries traditionnelles égyptiennes, est orienté vers l’exportation avec la Turquie et aussi le Liban comme principaux clients. Les flux en direction d’Euro-Med sont en augmentation, notamment vers la France. Chypre cible également les pays est-méditerranéens (Israël, Grèce, Liban).

■ Etat des lieux
Le commerce intra-régional est en perte de vitesse. La concurrence entre les pays du Sud et de l’Est spécialisés dans les secteurs agricole et textile est souvent le premier argument brandi pour justifier cet échec, mais il n’est pas le seul. La crise de 2009, puis les printemps arabes de 2011 ont eu un impact négatif sur le taux d’ouverture des pays de la région, en freinant davantage les pays du Sud et de l’Est-méditerranéen, à l’exception du Maroc. S’y ajoute la superposition des accords qui rend complexe le processus d’échanges, avec des conditions différentes d’un accord à un autre. Depuis 2012, dans l’ensemble de la Méditerranée, 381 mesures protectionnistes nettes ont été mises en place, dont près de la moitié à l’encontre d’autres  pays de la région.

Le Maroc maintient sa note A4

SUR la carte des évaluations pays au 1er trimestre 2018, établies par Coface, le Maroc voit sa notation A4 (risque convenable) confirmée (voir aussi «Croissance modérée, investissement soutenu… La radioscopie Coface pour le Maroc», cf. notre édition N° 5194 du 24/01/2018). Entre 11 et 6 jours sont nécessaires pour importer en Algérie et en Egypte, là où seuls 2 jours sont nécessaires en Tunisie et au Maroc. En comparaison, Tunis s’est vue attribuer la note C (risque élevé) à cause d’une situation macroéconomique difficile. L’inflation atteint 7% et va impacter la consommation des ménages. La situation des finances publiques et la position extérieure du pays sont préoccupantes.

 

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