Culture

Exposition: De l’art en comprimés

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5249 Le 11/04/2018 | Partager
Des œuvres colorées et singulières
Un engagement pour la planète
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Mamoun Belghiti, artiste passionné d’architecture redessine dans ses œuvres les villes qui l’inspirent. Dans ses derniers travaux, il a intégré une matière bien étrange  faite de prospectus, de cuillères en plastique, de gélules et autre comprimés (Ph. MB)

Mamoun Belghiti pratique une peinture fraîche, colorée et multivitaminée. Une peinture très urbaine également pour cet artiste plasticien qui se rêvait en architecte. Du coup sa passion pour le bâtiment se reflète dans la verticalité de ses œuvres. Des paysages de villes où des gratte-ciel effilés et à peine esquissés, évoquent les paysages nord-américains, où il a passé une partie de sa vie.

«J’ai vécu à Vancouver, dans cette région on dit qu’il ne pleut que 2 fois dans l’année, Mais la première fois  c’est pendant six mois et la deuxième pendant 3 mois d’affilée. Je voyais tous les jours ces immeubles un peu gris et j’ai eu envie de les colorer. C’est le travail qui a fait l’objet de ma dernière exposition au Canada».

L’exposition «Le médoc en scène»  que lui consacre la galerie Abou Inane du groupe Crédit Agricole du Maroc à Rabat jusqu’au 15 avril est toujours dans cet état d’esprit mais elle marque tout de même un tournant dans le processus créatif de l’artiste. Le virage vient de l’utilisation de matières nouvelles, en l’occurrence ici, de la matière médicamenteuse, d’où le titre de l’exposition. Comprimés, prospectus, gélules, boîtes de médicaments, bandages, bouchons, cuillères... récupérés et recyclés, habillent les toiles immenses de Mamoun Belghiti, leur donnant du relief et de la texture. Une matière unissant d’une manière extrêmement ludique l’objet et le sujet.

«Pour un artiste, c’est un véritable régal que d’avoir autant de friandises pour s’amuser», précise l’artiste. Ludique mais néanmoins sérieux, puisque Mamoun Belghiti, exprime également par ses œuvres son engagement  écologique, pour dit-il «participer pleinement au combat essentiel que nous tous menons pour la sauvegarde de notre planète et le bien-être de l’humanité». Mais quelle idée d’utiliser des produits pharmaceutiques quand d’autres artistes vont plutôt vers des matières plus traditionnelles (terre, argile, poudre de marbre, toile de jute…)?

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La passion de l’artiste pour l’architecture se reflète dans la verticalité de ses œuvres. Des paysages de villes où des gratte-ciel effilés et à peine esquissés, évoquent les paysages nord-américains, où il a passé une partie de sa vie (Ph. MB)

«L’idée m’est venue quand j’ai voulu réaliser une toile pour des amis qui travaillent dans le milieu médical. C’est là où j’ai pensé faire quelque chose en relation avec ce domaine, une œuvre qui leur parle directement. Cela m’a tellement amusé que j’en ai fait une deuxième, une troisième… jusqu’à ce que je développe toute une thématique autour du médicament et qui a donné cette collection que j’expose actuellement et que j’ai intitulé: Le médoc en scène», souligne Mamoun Belghiti, pour qui cette aventure a constitué un challenge, afin de rester dans la même thématique, sans tomber dans la répétition.

Une expérience heureuse qui pousse le plasticien à la recherche d’autres matériaux à exploiter: «La prochaine thématique est déjà définie dans ma tête et presque mise en place. Je sais que ce sera encore une fois avec de la matière, du recyclage etc. mon engagement est définitivement dans la défense de l’environnement mais également le partage avec les autres». Rappelons que Mamoun Belghiti a exercé dans l’événementiel avant de se consacrer totalement aux arts visuels. Il a, à son actif, plusieurs expositions  individuelles et collectives, depuis 2007 où il a exposé pour la première fois à Tanger.  D’autres expositions s’en sont suivies au Maroc, à Montréal et Vancouver, avec à chaque fois des thématiques diverses, mais toujours imprégnées de sa passion pour l’architecture.

Une partie de l’exposition «Le médoc en scène» sera d’ailleurs transférée à partir du 18 avril et jusqu’au 15 mai à la faculté des sciences de Rabat à l’occasion de la «Journée du microbiote», un évènement conçu par la Cité des sciences et de l’industrie de Paris.

 

 

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