Competences & rh

Renault: Fini les recrutements de masse

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5248 Le 10/04/2018 | Partager
Après les bras, le groupe privilégie les «cerveaux»
Près de 1.000 personnes embauchées en moyenne par an
marie-francoise_damesin_048.jpg

Elle pilote la gestion de plus de 470.000 collaborateurs disséminés sur 220 marchés, dont quelque 11.000 au Maroc. Marie-Françoise Damesin est à la fois vice-présidente exécutive des ressources humaines de Renault et de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Son département RH monde compte près de 1.200 personnes. Pour elle, au-delà du recrutement, c’est l’intégration et la fidélisation qui comptent. A Renault on n’offre pas un poste, mais une carrière (Ph. F. Al Nasser)

Cela fait six ans que l’usine Renault deTanger est sortie de terre. Elle emploie aujourd’hui près de 9.000 personnes. Avec l’usine de Casablanca (Somaca), le groupe compte un effectif de plus de11.000 salariés au Maroc.

Le constructeur automobile a toujours besoin de recruter pour accompagner son développement, et surtout faire face aux mutations du secteur automobile, notamment marqué par une digitalisation accrue. Mais pas n’importe qui.

Renault est plus à la recherche de profils pointus. Nous avons rencontré la patronne RH monde du groupe, Marie-Françoise Damesin, jeudi dernier à Casablanca, lors de sa visite au Maroc.    

- L’Economiste: Le groupe prévoit de monter en cadence, et devra donc embaucher. Quel est votre objectif de recrutement à court et à moyen terme?
- Marie-Françoise Damesin:
Nous avons opéré une montée exceptionnelle au Maroc depuis 2007, date à laquelle il n’y avait qu’une pierre à Tanger! Depuis, nous avons porté la capacité de production à près de 370.000 véhicules par an à Tanger et à 90.000 à la Somaca. A court terme, l’accompagnement sera plus axé sur le développement du commerce. Même si Renault a déjà une belle place sur le marché avec la Dacia, nous pouvons encore croître, puisque le potentiel du pays est toujours important.
Bien entendu, nous continuerons à recruter, mais sur des métiers spécifiques, comme le digital et le commerce, ou encore, dans des spécialités techniques, telles que la robotique, les automatismes industriels… Nous passons de recrutements de masse, à des recrutements qualitatifs, tout en restant sur des proportions importantes.

- Combien de postes prévoyez-vous?
- En moyenne, nous recrutons près de 1.000 collaborateurs par an, dont 250 à 300 profils d’encadrement. Ce qui est important à souligner, c’est que après leur recrutement, nos collaborateurs bénéficient de tout un programme d’intégration. Au Maroc, où 75% des dirigeants sont marocains, nous dispensons environ 22 heures de formation par salarié et par an, à tous les niveaux, qu’ils soient opérateurs ou managers.  
Renault jouit d’une marque employeur très forte au Maroc. Nous avons  récemment défini notre image employeur, baptisée Moove our world forward, et je suis contente de voir le résultat ici au Maroc en termes de notoriété et d’attractivité. Notre objectif est d’attirer les meilleurs et de les aider à se développer. Actuellement, il y a plus de 50 Marocains dans nos filiales à l’étranger, dans des pays comme l’Inde, la Colombie… Le Maroc apporte ses compétences au groupe.

- Le Maroc souffre, ceci dit, d’une rareté de compétences. Rencontrez-vous des difficultés à trouver les profils dont vous avez besoin?
- Nous n’avons pas du tout senti cette rareté. Nous avons surtout vu des salariés jeunes et motivés, et c’est l’une des forces exceptionnelles du Maroc. Justement, notre image employeur, nos 90 ans dans le pays et nos relations historiques nous aident à attirer les meilleurs talents. Il existe des métiers sur lesquels la compétition est plus forte. Toutefois, globalement, nous n’avons aucun problème à recruter.

- Le digital a bouleversé toutes les organisations. Comment avez-vous négocié le tournant de la e-RH à Renault?
- C’est évident que le digital touche l’ensemble de l’entreprise. Cela ouvre des possibilités qui n’existaient pas avant. Au niveau monde, Renault est en train d’implémenter deux systèmes RH digitaux, Workday et Cornerstone. Le premier facilite la gestion quotidienne, tandis que le deuxième est dédié à la formation. Avant même cette grande transformation, Renault Maroc a mis en place un portail pour les salariés, dans lequel le manager peut suivre toutes les activités de ses collaborateurs. Il est accessible à la fois aux cols bleus et aux cols blancs. Nous possédons également des plateformes e-learning où l’on peut suivre à tout moment des formations en management, développement personnel, langues… Et nous pouvons aller encore plus loin.

Le salarié, un client interne

A Renault, on tient à la notion de parcours du salarié. Tout au long de sa carrière dans le groupe, la fonction RH le traite comme son client. «C’est un changement d’état d’esprit qui a été favorisé par des outils comme le digital, nous permettant d’être plus réactifs, mais aussi de donner plus d’autonomie», relève Marie-Françoise Damesin. Les collaborateurs sont accompagnés et placés au centre de la stratégie du groupe. «Notre rôle est aussi de les aider à se développer», insiste la vice-présidente exécutive RH.

Propos recueillis par Ahlam NAZIH

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc