Competences & rh

Préscolaire: Un enseignement gratuit et de qualité

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5248 Le 10/04/2018 | Partager
Le ministère de l’Education nationale travaille sur son référentiel
Les zones rurales et périurbaines seront prioritaires
Une estimation de 3.000 DH par an pour chaque enfant
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Conscient de l’anarchie qui règne dans le secteur, le  ministère de l’Education nationale a intégré la généralisation d’un préscolaire obligatoire de qualité  dans le cadre de la stratégie 2015-2030 (Les visages ont été modifiés - Ph. Bziouat)

L’Enseignement préscolaire a depuis toujours été le parent pauvre de l’éducation au Maroc. En 2014, il n’a profité qu’à 48,7% des enfants de 3 à 5 ans (selon le HCP). La situation ne s’est pas améliorée. En 2017, sur les 1,94 million d’enfants en âge d’être préscolarisés, seulement 47,6% en ont bénéficié, soit 1,1 point de moins en trois ans.

Pourtant, intégrer  les classes du préscolaire est un moyen de réduire le décrochage scolaire et d’augmenter les chances de réussite des générations futures!

Depuis quelques années, le ministère de l’Education nationale s’est attaqué à ce chantier. La tutelle veut généraliser un enseignement obligatoire et de qualité pour les enfants de 4 à 6 ans. «Le préscolaire dans notre pays ne concerne que les enfants de 4 et 6 ans (loi 05.00). Ceux qui ont moins de 3 ans sont gérés par le ministère de la Jeunesse et des Sports, dans des crèches», précise Aziz Kaichouh, directeur  général de la Fondation marocaine pour la promotion de l’enseignement préscolaire (FMPS).

Ce n’est pas trop tôt! Il faut dire qu’une vraie anarchie règne dans le secteur. Durant toutes ces années où l’Etat a négligé l’éducation de la petite enfance, les opérateurs privés s’en sont emparés, et les parents sont devenus tributaires de l’offre privée. Les milieux ruraux et les zones enclavées sont ainsi les plus lésés, par l’absence d’offre adéquate auprès d’eux. 

Par ailleurs, la multitude des opérateurs, à savoir: les ministères des Habous, de l’Intérieur, de la Jeunesses et des Sports, de l’Education nationale et les ONG, qui ont, chacun, mis en place différentes approches pédagogiques, a créé le grand bazar. De plus, le programme inculqué aux petits est différent selon l’établissement. L’on retrouve des approches pédagogiques importées de France, Jordanie, Liban, Canada… 

Aujourd’hui, la tutelle veut instaurer son référentiel, qui prônera l’égalité des chances pour tous. Un intérêt particulier sera accordé aux milieux ruraux et périurbains. Mais pour cela, il faudra un engagement commun de l’Etat, des familles et des collectivités territoriales.

Ces dernières prendront part au projet sous l’égide du ministère. Chacune contribuera, selon ses moyens, à généraliser un préscolaire axé sur la qualité. Par ailleurs, des appels à manifestation d’intérêt seront lancés au niveau des régions concernées.

La généralisation du préscolaire aux enfants âgés de 4 à 6 ans et son intégration au primaire se feront dans un délai maximum de trois ans, dès l’entrée en vigueur de la loi-cadre. La tutelle en partenariat avec l’Unicef a estimé le coût moyen d’un enfant à 3.000 DH par an (voir L’Economiste N° 4985 du 21 mars 2017).

                                                                                   

Opter pour une approche pédagogique unifiée

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L’Une des plus grandes tares de l’enseignement préscolaire au Maroc est la pluralité des modèles pédagogiques. L’offre existante est répartie entre programmes pédagogiques traditionnels, modernes et publics. «Le préscolaire traditionnel, qui selon la terminologie du ministère de L’Education nationale englobe le Msid et le Kouttab, est le plus répandu», précise Aziz Kaichouh, DG de la FMPS.

En effet, il accapare plus de 60% de l’effectif. Toutefois, ce système d’enseignement ne répond pas aux normes de qualité.
Il privilégie les attitudes éducatives «d’ajustement, d’adaptation, de correction…», selon le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique. Alors que le moderne, qui représente quelque 27%, promeut le développement des aptitudes de l’enfant et son autonomie.

Pour mener à bien la généralisation du préscolaire, le ministère de l’Education nationale devra décliner un référentiel national unifié, qui écarte la multiplicité des approches utilisées actuellement. Pour sa part, le Conseil plaide pour l’adoption d’une vision éducative novatrice. Une approche qui devra s’axer sur trois composantes: institutionnelle, pédagogique et organisationnelle, où l’enfant sera acteur de son apprentissage.

 

 

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