Spécial Auto

Assurance: L’automobile dérape

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5247 Le 09/04/2018 | Partager
La forte hausse des sinistres inquiète les assureurs
La réflexion sur de nouveaux critères de tarification est engagée
Les jeunes sont plus impliqués dans les accidents de circulation
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Face à la montée des sinistres où sont impliqués des jeunes conducteurs, les assureurs n’excluent pas d’introduire une discrimination tarifaire fondée sur l’âge (Ph. L’Economiste)

Si elle reste encore largement profitable, la branche automobile suscite désormais quelques inquiétudes dans la profession. En cause, la hausse continue de la sinistralité relevée ces cinq dernières années. Et 2017 s’est particulièrement distinguée sur ce plan. Toutes les compagnies l’ont d’ailleurs relevé lors des présentations des résultats financiers de l’exercice.

Une étude commanditée par la fédération des sociétés d’assurance a tenté de décrypter les causes de la forte augmentation des sinistres dans l’une des branches les plus rentables du secteur. La première explication est mécanique: l’extension de la densité automobile.

Avec un peu plus de 4 millions de véhicules à fin 2017, le parc a doublé en dix ans, mais l’infrastructure routière n’a pas progressé au même rythme dans toutes les régions, analyse un professionnel. Plus de véhicules en circulation augmente les risques d’accident. Résultat, chez la plupart des compagnies, la révision en profondeur de la politique de tarification est une des priorités du management.

Le profil de la sinistralité qui se dégage de l’étude devrait inquiéter encore plus les assureurs: ce sont les conducteurs les plus jeunes qui  sont aussi ceux qui sont le plus impliqués dans les accidents de circulation. Le niveau de sinistralité dans cette population est le double de la moyenne relevée chez d’autres assurés.

Cela repose la question de la pertinence de critères actuels de la tarification dans l’assurance automobile. Les critères de la puissance fiscale et de l’âge du véhicule qui servent encore de base à la fixation des tarifs deviennent clairement inadaptés, confie un assureur. Il va falloir peut-être mettre sur la table la question taboue de la discrimination tarifaire liée à l’âge. Par ailleurs, certains professionnels s’interrogent sur l’efficacité des mesures prises par les autorités afin de rendre plus crédible le processus d’apprentissage de la conduite.

La réforme des auto-écoles n’a pas encore donné des résultats concrets sur le terrain. Le taux de réussite au permis de conduire reste anormalement haut, ce qui contraste avec le nombre élevé des jeunes impliqués dans les accidents. Les assureurs auront l’occasion d’émettre des propositions concrètes au Conseil de la nouvelle agence nationale de prévention des accidents de la circulation dont ils sont membres.

 

 

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