International

Palestine: Nouvelle escalade de violence

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5247 Le 09/04/2018 | Partager
30 morts et des centaines de blessés en 10 jours
Le gouvernement de Netanyahu accuse le Hamas d'être derrière la «Marche du retour»
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Samedi dernier ont eu lieu les funérailles de Yasser Mourtaja, le journaliste palestinien tué par l'armée israélienne lors de la «Marche du retour». Un gilet «Press» a été posé sur son torse (Ph. AFP)

«Il n'y a pas d'innocents dans la bande de Gaza», a déclaré Avigdor Lieberman, le ministre israélien de la Défense. Pour lui, les Palestiniens tués par les tirs des soldats israéliens lors des manifestations près de la frontière entre Gaza et Israël sont «tous connectés au Hamas», le mouvement islamiste qui contrôle ce territoire enclavé entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée.

«Tout le monde reçoit un salaire du Hamas et tous les militants qui essaient de nous défier et de franchir la frontière appartiennent à la branche armée du Hamas», accuse-t-il. Après cette tuerie, Israël a fait face à de vives critiques des ONG de défense des droits de l'Homme, y compris israéliennes, pour avoir utilisé des balles réelles contre les manifestants de la «Marche du retour», organisée par les Palestiniens.

Le gouvernement israélien affirme que ses soldats ont ouvert le feu seulement par nécessité. Les protestataires ont incendié des pneus et lancé des pierres et des cocktails molotov sur les soldats, qui ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes et des balles réelles.

«Les manifestants parlent des droits de l'Homme mais veulent écraser l'Etat juif. Nous ne les laisserons pas faire», a déclaré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui au passage a salué les soldats qui «protègent Israël en permanence».

Un journaliste a trouvé la mort lors de ces accrochages. Malgré son gilet «Press», Yasser Mourtaja,  qui travaillait à l'agence Ain Media, à Gaza, a été touché par balle. Pourtant, l’armée israélienne assure ne tirer que sur les meneurs des émeutes et les Palestiniens qui tentent de passer les barbelés. Cette tragédie a suscité les critiques de plusieurs organisations des droits de l’Homme et syndicats de journalistes. Le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, a condamné «avec la plus grande indignation les tirs délibérés de l'armée israélienne contre des journalistes».

Dans une lettre destinée au chef d'état-major, Gadi Eisenkot, le syndicat des journalistes en Israël a réclamé des éclaircissements sur cette affaire. De son côté, le Syndicat des journalistes palestiniens affirme que cinq journalistes «clairement identifiables à leur gilet Press» ont été blessés vendredi.

Depuis le 30 mars dernier, une trentaine de Palestiniens ont perdu la vie, et près de 500 ont été blessés par balles, selon le bilan du ministère de la Santé de Gaza. Du côté d’Israël, aucune victime n’a été signalée.

 

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