Entreprises

PSA Maroc: Les premières voitures dès avril 2019

Par Nadia DREF | Edition N°:5247 Le 09/04/2018 | Partager
1er moteur déjà assemblé et validé et 1er prototype de véhicule dès juillet 2018
Une prouesse pour les ingénieurs marocains du Centre R&D implanté à Casanearshore
Un centre d’essais automobiles en phase de développement
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Le management de PSA était aux anges, jeudi 5 avril, à Casablanca, à l’occasion de la présentation du bilan d’étape du projet Maroc. «Nous avons accompli au Maroc ce qu’aucun constructeur n’a réalisé en Afrique», a lancé avec fierté Jean-Christophe Quémard, membre du directoire et exécutive vice-président de la zone Afrique-Moyen-Orient. En attestent, d’ailleurs, les réalisations annoncées par le groupe français et confirmées par le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy.

Le constructeur français vient de fabriquer le 1er moteur au Maroc qui a déjà réussi ses tests de validation en France, en avril. Ce moteur a été réalisé au sein du centre de R&D, qui compte 300 personnes recrutées par PSA, par une équipe marocaine chapeautée par une femme-ingénieur. Egalement, dans le pipe, la mise en place d’un premier prototype du nouveau modèle de véhicule prévue pour juillet 2018.

Ces nouveaux challenges permettront aux effectifs marocains d’être bien rodés pour pouvoir amorcer en toute quiétude la fabrication du premier véhicule PSA «made in Morocco» qui sera présenté au grand public en avril 2019. D’ailleurs, ce site produira des véhicules dès 2018 et atteindra une cadence de 15 unités/h soit 100.000 véhicules en 2019. Le taux d’intégration locale, dès le démarrage, atteindra plus de 60%.

Autre nouveauté, le développement en cours d’un centre d’essais automobiles aux standards internationaux pour les essais de synthèse de véhicules, les essais de roulage ou encore les essais d’analyse et de validation des pièces. Cette unité est prévue sur 150 ha. Une révélation faite par le ministre Elalamy qui a insisté sur la confirmation de la plateforme Maroc en tant que destination de choix de l’industrie automobile. L’implantation du centre de pilotage de la région à Casanearshore est une étape importante. «Nous sommes ravis de ces réalisations qui ont été atteintes grâce à la forte mobilisation de la team Maroc. Ce succès nous amène à travailler, main dans la main, pour des objectifs encore plus ambitieux». 

Le ministre de tutelle insiste sur la révision à la hausse des objectifs du départ de l’écosystème PSA dont une bonne partie sera largement dépassée bientôt et d’autres sont déjà atteints. Une invitation qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. «J’accepte volontiers le challenge. Toutefois, je tiens à préciser que chez PSA, nous aimons avancer avec prudence pour ne pas décevoir nos partenaires car nous aimons bien tenir nos engagements», répond Jean-Christophe Quémard.

Aujourd’hui, la tutelle veut renégocier avec PSA les objectifs relatifs au sourcing. «Nous voulons doubler le chiffre d’affaires du sourcing à partir du Maroc», insiste Elalamy. L’affectation de plus de 850 millions d’euros de chiffre d’affaires pour  2020, sur un engagement de 600 millions d’euros, rend les objectifs fixés auparavant facilement réalisables. L’écosystème PSA devait atteindre 1 milliard d’euros en 2023, un chiffre qui sera largement dépassé, selon les pronostics de la tutelle, dès 2022.

Pour y arriver, le groupe s’approvisionne auprès de 62 fournisseurs au Maroc dont 48 vont livrer le site de Kénitra. Sur ce total, 27 autres sont en cours d’installation au parc de Kénitra après avoir rempli leurs carnets de commandes pour les années à venir. Cette ruée des équipementiers autour de l’écosystème PSA est palpable grâce à un taux de remplissage de 92% du parc. Le ministre a d’ailleurs annoncé qu’une extension est envisagée pour pouvoir répondre aux demandes des fournisseurs automobiles. Le foncier est déjà disponible.

Déjà au niveau de la création d’emploi, les 1.500 emplois attendus, ventilés entre ingénieurs et techniciens supérieurs, dédiés à la R&D, ont été atteints avant 2023. Actuellement, le Moroccan Technical Center (MTC) emploie 300 personnes et compte recruter, en plus, 200 en 2018, soit le même effectif que le centre de R&D de l’Amérique latine. S’y ajoutent 1.200 personnes en sous-traitance chez Altran.

Ces équipes travaillent sur l’accompagnement des implantations industrielles du groupe dans la région, le développement des activités R&D associées au plan produit régional ou encore le développement de l’intégration locale. Ceci favorisera davantage le transfert de savoir-faire et une montée en puissance des compétences marocaines dans ce domaine. «Notre ambition est que le MTC soit capable de développer en propre une des silhouettes de nos prochains modèles. Ce qui sera quelque chose d’exceptionnel et de mythique», soutient Quémard.

Par ailleurs, le groupe a noué des partenariats avec 9 universités et écoles (UIR, les universités Agdal-Rabat, Cadi Ayyad et Ibn Tofail, Centrale Casablanca, INSA Euro-Méditerranée) pour la recherche avancée. L’Openlab Maroc se penche sur la mobilité électrique en Afrique, les énergies renouvelables ainsi que la logistique du futur. Actuellement, 44 projets sont en cours.  Une chose est sûre, le groupe est à ce jour le seul constructeur à couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur au Maroc et en Afrique: centre de pilotage régional, innovation, recherche et développement, production et commerce.

Par ailleurs, PSA gère à partir du Maroc une région de 81 pays et 4 marques avec 100 importateurs, 7 usines de production, deux JV industrielles et 4 filiales commerciales. En 2017, le groupe comptait 340 employés au Maroc. Il vise à atteindre un effectif de 800 personnes en juin prochain puis 1.000 en décembre 2018. L’objectif de générer 2.200 emplois directs et 20.000 indirects dès fin 2019. Rappelons que la région Moyen-Orient et Afrique est un levier de croissance pour le groupe PSA avec une progression record de 61,4% et des ventes à 618.800 véhicules en 2017.

L’usine de Kénitra dans les starting-blocks 

L’usine du Groupe PSA à Kénitra sera au rendez-vous. Le chantier de construction a démarré début 2017. Par ailleurs, les premiers recrutements ont été réalisés, et les décisions d’implantations des futurs fournisseurs sont conformes aux attentes du groupe. En complément à l’intégration locale et la dynamisation des exportations des filières de l’automobile, le projet du Groupe PSA participe à faire émerger un nouveau pôle industriel d’excellence dans la région du Gharb, vecteur de développement territorial et de croissance régionale durable.

Objectifs de l’écosystème PSA

  • 200.000 véhicules par an
  • 200.000 moteurs par an
  • Un Centre R&D avec 1.500 ingénieurs et techniciens à terme
  • 1 milliard d’euros de sourcing
  • Taux d’intégration de 60% en 2019 et de 80% en 202

                                                                            

Record des ventes en 2017

Les ventes mondiales du groupe PSA ont atteint le chiffre record de 3,63 millions de véhicules en 2017 contre 3,15 millions un an auparavant. Soit une croissance de 15,4 %. Le chiffre d’affaires réalisé a atteint 65,2 milliards d’euros en progression de 20,7% par rapport à 2016. Pour ce qui est des ventes dans la région Moyen-Orient & Afrique, elles ont progressé de 61,4% par rapport à l’année 2016 totalisant 618.800 unités dont 26.800 pour la marque Opel.

PSA dispose de neuf implantations industrielles dans cette zone, y compris le Maroc. Le site de Kénitra est une usine qui sera réalisée aux normes et techniques les plus avancées. Il représente une locomotive de l’industrie automobile dans la région du Gharb. La part de marché globale du groupe dans cette zone s’établit à 11,6%, en progression constante depuis 2015.

Ces réalisations sont en ligne avec l’objectif du plan de Carlos Tavares: «Push to Pass» visant la vente de 700.000 véhicules à l’horizon 2021. Pour 2025, le constructeur compte écouler 1 million de véhicules dans un marché estimé à 8 millions d’unités dans la zone Moyen-Orient & Afrique.

En matière de R&D, le groupe dispose de 9 centres à travers le monde dont 3 en Chine, 4 en Europe, 1 en Amérique latine et 1 au Maroc (MTC). Ces plateformes comptent 20.650 ingénieurs dont 500 emplois qui seront atteints en 2018 au Maroc.
Le groupe compte lancer dès 2021 des véhicules électriques pour ses quatre marques: Peugeot, Citroën, DS et Opel. En 2025, toute la gamme sera 100% électrique, a annoncé Jean-Christophe Quémard. De son côté, le ministre El-alamy espère qu’un jour le Maroc puisse fabriquer localement ce type de véhicules durables.

 

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