Société

SOS pour mamans en détresse

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5246 Le 06/04/2018 | Partager
Soutien psychologique, juridique et administratif
45% des mères célibataires ont été «petites bonnes»
sos-pour-mamans-en-detresse-046.jpg

La nurserie du centre Insaf attend d’accueillir les petits bébés pendant que leurs mamans bénéficient des ateliers de formation en hôtellerie, en textile ou en soins de beauté (Ph. Abdelhak Khalifa)

Si le travail des petites filles est le combat le plus visible de l’association Insaf ces dernières années, il n’en demeure pas moins que le soutien aux femmes en détresse, principalement les mères célibataires, reste tout aussi important. D’ailleurs, le nouveau siège de l’association donne la part belle aux infrastructures d’accueil, d’hébergement et de formation des «mamans»  comme elles sont désignées au sein d’Insaf.

L’association accueille depuis près de vingt ans les mères célibataires rejetées par leur partenaire, leur famille et la société. «Il y a encore, aujourd’hui, un rejet de la société envers ces personnes. Il y a une haine et une discrimination, que je ne m’explique pas,  envers des personnes qui sont en premier lieu des victimes», lance Meriem Othmani.

«Ce sont souvent des personnes victimes de viols souvent multiples. Des fois ce sont des jeunes garçons qui utilisent une arme redoutable: celle de la tendresse et des fausses promesses de mariage», précise-t-elle. Des personnes qui abusent de l’extrême vulnérabilité des jeunes filles, souvent des petites bonnes qui n’ont connu qu’abandon et maltraitance. 

Selon une étude nationale commanditée par Insaf en 2010, intitulée: «Le Maroc des mères célibataires»,  45% des mères célibataires ont été «petites bonnes». Lorsqu’elles tombent enceintes, elles sont livrées à elles-mêmes, raconte la présidente de l’association. Certaines vont jusqu’à se suicider. Le centre Insaf reçoit près de 1.500 mères célibataires chaque année dont 500 nouvelles.

Elles sont prises en charge à partir du 3e trimestre de grossesse, la durée de la prise en charge au foyer est de 3 à 6 mois. Période pendant laquelle elles sont formées et accompagnées pour trouver un emploi. Pour les cas de mères célibataires mineures, la prise en charge en foyer peut dépasser 1 an. 

Durant cette période, les mères bénéficient d’ateliers d’apprentissage, pendant que les bébés sont à la crèche. Insaf a d’ailleurs engagé, avec un financement de l’Union européenne,  un vaste programme de formation et d’autonomisation à l’intention de 1.600 femmes sur 4 ans. Les mamans, une fois leur formation terminée, restent toujours en contact avec l’association qui les aide avec une petite prime d’installation et qui continue à leur fournir une prise en charge psychologique, juridique et  administrative.

Toujours selon l’étude commanditée par Insaf, des 27.200 jeunes femmes qui, en 2009, ont accouché d’un bébé en dehors des liens du mariage, 62% sont âgées de moins de 26 ans, dont la moitié de moins de 20 ans.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc