Régions

Tanger: Les croisiéristes de retour

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5246 Le 06/04/2018 | Partager
Après avoir déserté la destination, les compagnies reprogramment des voyages
Plus de 6.000 voyageurs entre janvier et février, le double qu’en 2017
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En attendant le retour des croisiéristes, le port de Tanger a massivement investi pour leur accueil avec un quai dédié à cette activité (Ph. Adam)

Le secteur des croisières semble reprendre un peu de tonus à Tanger. Durant les deux premiers mois de l’année 2018, le port historique de la ville a accueilli plus de 6.000 croisiéristes, soit le double du score réalisé l’année dernière.

En 2017, le secteur avait réalisé l’un de ses plus mauvais scores, avec à peine plus de 30.000 croisiéristes, loin des 120.000 croisiéristes accueillis en 2015. Et selon les professionnels, le nombre aurait pu être plus élevé vu les intempéries qu’a connues l’Europe et l’espace méditerranéen.

Les raisons sont d’abord le réchauffement de l’industrie touristique en Europe, ce qui explique la montée du secteur touristique en général, mais surtout l’amélioration des conditions d’accueil dans les ports marocains.

En effet, pour certains opérateurs, les conditions d’accueil, surtout en ce qui concerne la sécurité, ont nettement pesé dans la décision d’annuler leurs départs vers le Maroc. Seuls quelques rares opérateurs comme la Holland America Lines avaient continué à faire confiance au port de Tanger. Le reste avait vu ses escales fondre comme neige, comme c’était le cas pour Costa, l’un des premiers à avoir misé sur Tanger en 2014.

Le souci sécuritaire n’est pas la seule raison derrière cet accident de parcours, les autocaristes espagnols eux aussi ont leur mot à dire.

Ces derniers assuraient il y a quelques années une grande partie du transport des croisiéristes ainsi que des excursionnistes venant d’Espagne via le port de Tarifa, mais depuis quelques années, leur nombre a notablement chuté. Pour ces derniers, le véritable problème reste les migrants clandestins.

Les environs du port de Tanger pullulent de mineurs en attente de s’accrocher sous les bas des autocars en partance vers l’étranger. Le nombre d’incidents déclarés en Europe est tel que les autocaristes espagnols refusent obstinément de se rendre au Maroc, entraînant par la même occasion une baisse du nombre des touristes par autocar, selon les opérateurs locaux. Une solution serait de recourir aux transporteurs nationaux, mais leur parc est trop faible pour pouvoir remplir le vide.

A noter que Tanger avait misé fort sur le secteur des croisières pour relancer son port urbain.

Parmi ses visées: atteindre les 300.000 croisiéristes à l’horizon 2020 et devenir un passage incontesté pour le trafic de croisière. Un objectif qui ne semblait pas irréaliste puisque Tanger se situe dans l’une des zones les plus actives en matière de croisières, la Méditerranée occidentale, un marché qui croît à une vitesse fulgurante de près de 16% par an. Mais la réalité a été dure.

De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

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