Régions

Marrakech manque d’argent pour ses bus électriques

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5246 Le 06/04/2018 | Partager
L’extension du réseau nécessite 778 millions de DH
Pour quatre lignes comprenant de forts axes urbains
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L’aménagement et l’équipement de la première ligne du BHNS ont coûté 222 millions de DH (y compris l’installation des caténaires). L’acquisition de 10 bus électriques a nécessité 30 millions de DH financés par la ville de Marrakech et le Fonds d’accompagnement des réformes du transport routier urbain et interurbain

La mairie annonce les couleurs. Elle souhaiterait étendre le réseau du BHNS et porter le nombre des lignes à 4. Reste à trouver le financement pour cet ambitieux projet qui nécessite 778 millions de DH. Le réseau opère actuellement avec une ligne reliant Massira à Bab Doukkala.

Les travaux de voirie pour la deuxième ligne M’hamid Bab–Doukkala sont achevés et il faudra acquérir au moins une dizaine de bus supplémentaires pour alimenter cette ligne dont le trafic annuel est estimé à 6 millions de voyageurs. La mairie espère mettre en service cette ligne en 2018, et à moyen terme, lancer le chantier de deux autres extensions avec une ligne 3 reliant la gare routière à Bab Doukkala et une autre circulant entre Sidi Youssef Ben Ali et Bab Doukkala, pour un investissement global de 695 millions de DH. Plus de la moitié de ce montant sera dédiée aux travaux VRD et infrastructures.

Le reste est destiné à l’acquisition des bus. Le projet d’extension prévoit ainsi une mise en service progressive de 48 bus à l’horizon 2030 (44 bus en ligne et 4 bus en réserve). Il faudra aussi procéder à l’extension de la centrale solaire pour l’alimentation des bus électriques qui nécessite une enveloppe de 83 millions de DH.  Pour le financement, le projet prévoit de faire appel au PPP, à l’instar de ce qui a été fait pour le tramway de Casablanca, et au fonds vert pour le climat.

En effet, la particularité de ce mode de transport urbain est qu’il est à faible empreinte carbone. Et grâce à l’amélioration de la qualité et la fréquence de service, les promoteurs du projet espèrent une rapide transition des deux roues vers le transport collectif par bus.

L’objectif à l’horizon 2030 est la réduction totale des émissions de GES du secteur de transport de 372.226 tonnes/équivalent CO2. Marrakech est l’une des premières villes marocaines et africaines  à opter pour les BHNS, mais aussi la seule à disposer d’un parc de bus électriques. Moins coûteux, le BHNS est une alternative au tramway avec des couloirs de circulation dédiés et des équipements installés sur tout le réseau (abribus, stations et barrières de protection).

Ce système de transport, né en Amérique latine, a été identifié comme solution idoine pour une ville comme Marrakech pour encourager l’utilisation des transports collectifs et désengorger les axes à forte densité de trafic. La première ligne a été mise en service en octobre dernier. 10 bus d’une capacité de 80 personnes connectent les quartiers de Massira, Gueliz jusqu’à Bab Doukkala en moins de 20 mn de trajet avec une fréquence de 6 mn aux heures de pointe, et de 12 mn aux heures creuses. 

De notre correspondante permanente, Badra BERRISSOULE

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