International

Trump cible les manipulateurs de changes

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5246 Le 06/04/2018 | Partager
Des clauses dans les futurs accords commerciaux
Le cas de l’ALE USA-Corée du Sud

Les Etats-Unis et la Chine sont engagés dans un bras de fer commercial. Les mesures prises de part et d’autre restant pour le moment limitées (voir aussi l’article sur la «Guerre commerciale: La réponse de la Chine à Trump», cf. notre édition N° 5243 du 03/04/2018). Pékin est le premier pays à rétorquer concrètement à Washington. En effet, l’UE prépare la riposte tandis que la Corée du Sud a préféré la voie de la renégociation de son accord commercial avec Washington.

La révision fin mars 2018 de l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et la Corée du Sud (connu sous le nom ALE Korus signé en 2012) apporte des nouveautés. Séoul va davantage ouvrir son marché automobile aux constructeurs américains et est prête à accepter un quota annuel d’exportations de l’acier vers les Etats-Unis. Dans le cadre de ces discussions, les deux parties négocient également un accord sur les devises.

Ceci passera par l’intégration d’une clause de «non-agression monétaire» dans la révision de l’accord commercial (voir aussi «L’administration Trump affiche sa tolérance zéro sur les manipulations de changes», Les Echos France daté du 04/04/2018). Le but étant d’interdire leur manipulation, la dévaluation compétitive et surtout que les différents pays soient informés en matière de politique monétaire (cf. Currency Manipulation Update for 2015-17, Washington: Peterson Institute for International Economics-PIIE).

Pointée du doigt par les Etats-Unis, la Corée du Sud figure parmi les pays soupçonnés de manipuler sa monnaie à des fins commerciales. Mais sur la liste figurent également plusieurs champions du commerce: le Japon, l’Allemagne, la Suisse, Singapour, outre Taiwan, Thaïlande, Israël et la Suède... En 2017, les Etats-Unis ont admis que Pékin ne manipulait pas sa monnaie pour doper ses exportations.

Quant aux pays exportateurs de pétrole, la plupart d’entre eux, se sont tournés vers la vente d’actifs étrangers officiels pour amortir le choc de la baisse des prix du pétrole. En pratique, cela fait plusieurs années que les experts parlent de guerre des monnaies.

La manipulation des devises se produit lorsqu’un pays achète des quantités excessives d’actifs en devises pour maintenir la valeur de sa propre monnaie. Dans le but de stimuler les exportations et de maintenir un important excédent du compte courant (commerce). Tout en achetant du grand volume en devises étrangères, ces pays constituent donc des réserves de change énormes.

Corrélation

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S’il est difficile d’établir un lien clair entre les déficits extérieurs et le taux de change dans les données, le discours protectionniste des Etats-Unis pourrait avoir contribué à la dépréciation récente du dollar. Les récentes turbulences sur les marchés sont survenues sur fond d’affaiblissement prolongé du billet vert, d’assouplissement continu des conditions de crédit et de prise de risque résolue dans la plupart des classes d’actifs, d’après le rapport trimestriel de la Banque des Règlements Internationaux (BRI), daté de mars 2018. Au fait, la dépréciation du dollar n’a pas été uniforme face à toutes les monnaies.

 

 

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