Culture

Musiques sacrées de Fès: Cap sur les «savoirs ancestraux»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5244 Le 04/04/2018 | Partager
Jordi Savall, Gospel de Soweto, Mtendeni Maulid en guest-stars
La 24e édition présentée au Sénat français le 17 avril
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Le festival des Musiques sacrées promet un mapping très sobre, qui partira d’un dessin graphique noir et blanc très stylisé et donnera successivement naissance à une architecture historique colorée… pour montrer les «savoirs ancestraux» du Royaume (Ph. YSA)

Le Conseil d’administration de la Fondation Esprit de Fès se réunit ce mercredi sous la présidence du wali de région. Une réunion qui approuvera définitivement le programme de la 24e édition du festival de Fès des Musiques sacrées du monde. Ceci, avant de le présenter le 17 avril au Sénat français, à Paris. Prévu du 22 au 30 juin, le festival se déroulera sous la thématique «Savoirs ancestraux».

Pour ses organisateurs, la nouvelle édition «entend booster l’attractivité touristique de la ville, dont les statistiques affichent une tendance haussière de plus de 40% des nuitées, grâce notamment aux touristes chinois». Faut-il rappeler que la 23eédition avait célébré la Chine comme pays hôte et fédérateur de la route de la soie. La nouvelle version mettra en avant le renouveau de la médina, grâce au programme de restauration des monuments emblématiques, foundouks, médersas, kissarias…, menée à l’initiative du Souverain.

En effet, depuis 24 ans, ce festival contribue à entretenir le dialogue avec le sacré à travers son légendaire forum et la mise en exergue des arts et de la musique. Incarnant un symbole de dialogue des religions, des cultures, il élève la réflexion, invite aux échanges et interrogations indispensables dans un monde en pleine mutation économique, politique et sociale.

Pour les dirigeants de la Fondation Esprit de Fès, «ce festival est à l’image de sa médina: franchir ses portes est une manière de s’imprégner de traditions millénaires, de valeurs de tolérance et de spiritualité». Tel un voyage dans le temps, cette 24e édition fera le lien entre un héritage artisanal exceptionnel dont la pierre angulaire demeure la spiritualité et une création contemporaine offrant des perspectives très prometteuses.

A ce titre, le «Forum du festival» invitera Rachid Andaloussi, Abdelwahed Montassir et Mekki Zaoui qui évoqueront l’aspect architectural et convivial de la médina. Celle-ci protège un patrimoine matériel et immatériel qui demande du temps pour se révéler, mais dont le voyageur devine le caractère éblouissant d’un regard. Outre des architectes de renom, ce forum considéré comme un pôle de rencontre et d’échange des cultures et savoirs, donnera la parole à des penseurs, chercheurs, écrivains et philosophes qui mettront en exergue la tolérance et le vivre ensemble à travers les arts et la musique. Y figurent notamment Edgar Morin, Jean-Jacque Hublin, Abdelouhab Bennacer, Adnane Remmal, Jacqueline Sanson et Maati Kabbal.

Trois jours durant (du 23 au 25 juin), les intervenants évoqueront l’aspect architectural et esthétique de la médina, les modes et cadre de vie en société, et  les arts et la créativités. Bref, le festival de Fès, créé en 1994, se veut un événement fédérateur, s’inscrivant dans la tradition savante, artistique et spirituelle de la ville. Magnétique, l’évènement a rallié des artistes de notoriété internationale de tous les horizons, partageant la quête du sacré.

Pour n’en citer que quelques-uns : Joan Baez, Patti Smith, Björk, Ben Harper, Paco de Lucia, Ravi Shankar, Sabah Fakhri, Kadhem Saher… Et ça continue. En fait, la programmation musicale 2018 rassemblera plus d’une vingtaine de pays: La solidarité mondiale avec Goran Bregovic et ses lettres à Sarajevo, les tissages musicaux orchestrés par le maître Jordi Savall avec son spectacle «Ibn Battuta, Voyageur de l’Islam», le gospel de Soweto d’Afrique du Sud, «cœur de l’Afrique soufie» avec l’ensemble Mtendeni Maulid de Zanzibar, l’ensemble de la Haute Egypte et le chant des khadres soufis du Sénégal, le programme musical de la diaspora séfarade à la synagogue Slat Al Fassyine…

En clair, cette édition perpétuera l’âme de la ville grâce aux ramifications entretenues entre les différentes traditions culturelles, creuset de l’histoire du Maroc, mais également artisanales, à l’origine du tissu social qui la compose.

Une création artistique inédite

Le message du festival demeure d’une actualité brûlante. L’événement phare de la capitale spirituelle entretient le dialogue des spiritualités à travers la musique et la promotion d’une culture de paix favorisant une mondialisation plurielle, respectueuse des valeurs éthiques et spirituelles. C’est dans cette optique que se tient cette 24e édition sous le haut patronage de SM le Roi. Le coup d’envoi sera donné par une création artistique inédite sur le thème de cette édition «Savoirs ancestraux». Mis en scène par Alain Weber, ce spectacle réunira des artistes prestigieux du Maroc et du monde arabe. «Ils mettront en valeur l’aspect traditionnel et contemporain des métiers de l’art. Cette création sera une grande évocation poétique et musicale de la relation privilégiée qui existe dans la cité entre architecture, artisanat, confréries et métiers», promet Alain Weber, directeur artistique du festival.

 

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