Analyse

Plan d’accélération industrielle: ZI, les maillons forts du puzzle automobile

Par Noureddine EL AISSI Ali ABJIOU | Edition N°:5244 Le 04/04/2018 | Partager
Engouement des opérateurs pour les deux plateformes de Tanger et Kénitra
L’automobile, premier secteur à l’export avec près de 60 milliards de DH en 2017
Pour l’emploi, les chiffres restent mitigés
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Depuis le lancement du PAI en 2014, on enregistre une évolution remarquable des exportations du secteur de l’automobile. Cela revient à la mise en service du complexe Renault à Tanger. Cette tendance va certainement se renforcer avec le démarrage de l’usine PSA à Kénitra en 2019

L’automobile est l’un des secteurs qui ont connu une dynamique des plus remarquables depuis le lancement du Plan d’accélération industrielle (2014-2020). Une dynamique attestée par les bons résultats obtenus ces dernières années particulièrement en termes de production et d’exportation.

En 2017, le secteur automobile a confirmé sa position comme premier exportateur de l’économie marocaine avec un chiffre d’affaires réalisé d’environ 50 milliards de DH contre près de 12 milliards en 2009. Les responsables du ministère de l’Industrie affichent l’ambition que le secteur atteigne un chiffre d’affaires global, y compris les exportations, de 100 milliards de DH en 2020.

Ce succès revient à la vision adoptée basée sur une offre attractive qui a permis de drainer deux leaders mondiaux dans le secteur, à savoir Renault et PSA avec des dizaines d’équipementiers. Cette offre est basée sur la mise en place d’une infrastructure d’accueil de qualité avec notamment 2 plateformes industrielles intégrées dédiées et bénéficiant du statut de zone franche, l’une au Nord, Tanger Automotive City (TAC), et l’autre en plein Gharb: Kénitra Atlantic Free Zone (AFZ).

Située à proximité de l’usine Renault et à environ 25 km du complexe portuaire, le projet TAC a été lancé pour permettre de soulager la zone déjà existante, celle de Tanger Free Zone (TFZ). La TAC s’étend sur une superficie de 309 hectares dont 178 en zone franche.

Cette dernière est principalement dédiée aux équipementiers automobiles et leurs sous-traitants avec pour marché principal des constructeurs automobiles implantés en Europe ainsi que les sites de PSA à Kénitra et de Renault situé à proximité. Un bilan d’étape de l’écosystème Renault confirme le positionnement de la plateforme de Tanger comme un grand pôle industriel dans le secteur de l’automobile au niveau du continent africain.

Selon ce bilan, on apprend que «le groupe Renault s’approvisionne actuellement en pièces fabriquées à partir du Royaume pour ses usines marocaines et internationales, à hauteur d’un milliard d’euros par an avec la perspective de réaliser le double et dépasser ainsi l’objectif initialement fixé (1,5 milliard d’euros/an), en 2023».

Les autorités avancent aussi que «le taux d’intégration locale du constructeur dépasse les 50% et que l’écosystème formé par le groupe Renault et ses fournisseurs a réalisé un investissement de 815 millions d’euros qui a permis la création de près de 14.000 emplois directs et indirects au Maroc». Cette dynamique est également constatée au niveau de la plateforme de Kénitra avec une accélération après le lancement du projet du PSA.

Cela revient aux incitations fiscales et facilités accordées aux opérateurs ainsi qu’aux  efforts déployés par le gouvernement marocain pour l’aménagement du site avec les différents services au profit des locataires: électricité, eau, téléphone, internet, accompagnement et formation du personnel. Depuis le lancement de cette plateforme, «près d’un milliard de DH a été engagé pour les travaux de son aménagement», avance une source du groupe MedZ, aménageur, développeur et gestionnaire du site.

Ces efforts commencent à donner leurs fruits. Ainsi, le site de Kénitra arrive à réaliser près de 7 milliards de chiffres d’affaires à l’export, un montant qui devrait fortement accroître avec la mise en service de l’usine du PSA prévue en  2019. Le nombre de projets développés au niveau du site, depuis son lancement en 2012, dépasse les cinquantaines, y compris les opérations d’extension réalisées par plusieurs opérateurs comme Lear, Saint-Gobain, Fujikura, Hirschmann et Coficab.

Face à l’engouement que connaissent les deux plateformes de Tanger et Kénitra, d’autres zones industrielles commencent à drainer les équipementiers du secteur de l’automobile comme celles de Tétouan, Fès et Meknès.

Des chiffres ambigus

Si le secteur de l’automobile confirme sa performance en termes de chiffre d’affaires et d’investissements étrangers, ses réalisations au profit de l’emploi restent mitigées. Un sujet qui a fait, ces derniers jours, l’objet d’une polémique entre le département de la tutelle et le HCP. Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, considère que le secteur industriel «se positionne en pourvoyeur d’emplois majeur avec 288.126 emplois créés dans les différentes filières industrielles entre 2014 et 2017». Et le secteur automobile enregistre la plus forte contribution (29%) avec 83.845 postes, ajoute-t-il. Ces performances sont à relativiser si l’on prend en considération les derniers chiffres publiés par le HCP selon lesquels les créations nettes d’emploi du secteur de l’industrie, y compris l’automobile, entre 2016 et 2017, se limitent uniquement à 7.000 postes.

 

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