Politique

Sahara: Le Maroc ne se laissera pas faire

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5243 Le 03/04/2018 | Partager
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La persistance de la présence des éléments du Polisario à Guerguarate, ainsi que les manoeuvres entreprises à l’Est du dispositif de sécurité au Sahara, sont considérées par le Maroc comme «un défi inadmissible au Conseil de sécurité». Rabat, qui a jusqu’à maintenant fait preuve de retenue, ne restera pas les bras croisés face à la multiplication de ces provocations (Ph. Bziouat)

Bruit de bottes au Sahara. Après la multiplication des manoeuvres des ennemis de l’intégrité territoriale, Rabat a haussé le ton. L’ONU, particulièrement le Conseil de sécurité, sont appelés à prendre leurs responsabilités dans ce dossier. Leur «neutralité suspecte» est interprétée par les séparatistes comme «un encouragement à persister dans leurs défis». Face à cette escalade des provocations, le Maroc ne compte pas se laisser faire. Un mouvement de mobilisation a été initié le week-end dernier.

Après une rencontre des ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères avec les parlementaires des deux Chambres, une autre réunion a été tenue par le chef du gouvernement avec les patrons des partis politiques. Dans cette affaire, le Maroc considère qu' «il y a des lignes rouges à ne pas franchir».

Il s’agit d’un rappel à l’ordre face aux manoeuvres des séparatistes, à quelques semaines de la présentation et du vote du rapport annuel du secrétaire général des Nations Unies sur le dossier du Sahara. Au moment où le Maroc multiplie les efforts pour assurer le développement économique et social des provinces du Sud, les séparatistes se retrouvent dos au mur. Le plan d’autonomie proposé par le Royaume continue d’être considéré comme la seule solution réaliste.

Dans ce contexte, le Polisario tente de cacher son impuissance à travers le recours aux perturbations. Une situation que le Maroc refuse de cautionner. C’est dans ce contexte que s’inscrit la lettre adressée par Omar Hilale, ambassadeur du Royaume auprès de l’ONU, au président du Conseil de sécurité.

«Le déplacement de toute structure civile, militaire, administrative ou de quelque nature que ce soit, des camps de Tindouf en Algérie, vers l’Est du dispositif de sécurité au Sahara marocain, constitue un casus belli», selon Hilale. Même son de cloche auprès de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères. Il a expliqué, à l’issue de la réunion avec les membres des deux Chambres du Parlement, que «des actions ont été entreprises par le Polisario, au moins à quatre reprises durant le mois de mars, pour limiter la liberté de circulation des observateurs militaires de la Minurso, afin de les empêcher d’arriver à la zone tampon».

Plus récemment, «il y a eu des annonces du transfert de quelques soi-disant structures du Polisario vers cette zone», a-t-il dit. Or, il s’agit d’un espace qui doit relever du champ de compétence de la Minurso, comme cela est prévu par l’accord du cessez-le-feu de 1991. D’où l’appel à l’ONU «d’assurer pleinement son rôle».

La lettre adressée par l’ambassadeur du Maroc auprès des Nations Unies appelle «le Conseil de sécurité à exiger que les autres parties cessent leurs actes attentatoires à la paix, à la stabilité et la sécurité régionales». Sur le terrain, il s’agit «d’imposer le respect du cessez-le-feu, des accords militaires et d’enjoindre au Polisario de se retirer immédiatement, inconditionnellement et complètement de la zone à l’Est du dispositif de sécurité au Sahara marocain».

Antonio Guterres, SG de l’ONU, avait manifesté son «inquiétude» concernant la persistance de la présence des éléments du Polisario dans la zone de Guerguarate, en dépit des appels lancés auparavant pour se retirer de cette zone tampon. C’est ce manque d’implication effective de l’ONU dans le respect de ses décisions concernant ce dossier qui a poussé le Maroc à hausser le ton. Rabat, qui a «jusqu’à maintenant fait preuve de retenue », ne restera pas les bras croisés.

«Les autres parties devront assumer la pleine responsabilité des conséquences qui en découleront», a mis en garde Omar Hilale. Face aux tentatives «d’altérer le statut historique et juridique de cette zone, le Maroc «est prêt à tout, absolument à tout, pour préserver son intégrité territoriale», a prévenu Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur.

Inquiétudes

A l’approche de la date de la présentation et du vote du rapport annuel du SGde l’ONU sur l’affaire du Sahara, les ennemis de l’intégrité territoriale multiplientles provocations pour en influencer le contenu. Après l’obsolescence de la carte desdroits de l’Homme, brandie auparavant par les séparatistes, la dernière option de diversionse traduit par la multiplication des provocations et la création de tensions artificielles.Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, a pointé la responsabilité directede l’Algérie. «Chaque mois, des dizaines de jeunes issus des provinces du Sud sontformés à Alger pour commettre des actes de vandalisme et semer le trouble public»,a-t-il fait savoir. Au niveau du contenu du rapport préliminaire du SG de l’ONU, quisemble conforter les positions du Maroc, le ministre des Affaires étrangères n’a pascaché son inquiétude concernant certains manquements. Nasser Bourita s’est interrogénotamment sur «l’absence de toute mention des récentes violations commisespar le Polisario à l’Est du dispositif de défense du Sahara marocain».

 

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