Régions

Jerada: Laftit charge Al Adl Wal Ihssan et l’AMDH

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5243 Le 03/04/2018 | Partager
Ces instances ne veulent pas un retour au calme
Le wali de la région expose au Parlement le programme de développement
Des députés veulent un «Plan Marshall» pour la zone frontalière

C’est officiel: les instigateurs des évènements de Jerada sont Al Adl Wal Ihssan, Anahj Dimocrati et l’AMDH. L’homme qui parle n’est autre que le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit. Cette affirmation, une première, a été faite hier devant les députés de la Commission de l’Intérieur de la Chambre des représentants, consacrée aux développements de la situation de Jerada.

Selon le ministre, ces trois instances ne veulent pas que les choses se calment dans cette ville minière. Au contraire, leurs militants soufflent sur les braises pour mettre le feu dans la région. Embourbées dans une situation d’immobilisme, ces trois instances ne parviennent pas  à créer de nouveaux espaces pour attirer de nouvelles recrues.

Et pour cause, leur discours politique ne trouve pas écho auprès des citoyens, particulièrement les jeunes. Ces instances cherchent  à dénaturer l’image de l’Etat auprès de l’opinion publique nationale et internationale ainsi que les organisations des droits de l’Homme.

Attitude réactive

Le ministre de l’Intérieur a par la suite passé la parole à Mouaad Jamai, wali de la région de l’Oriental, venu jusqu’au Parlement pour convaincre du bien fondé du programme de développement de la province de Jerada pour la période 2018-2020. Après son exposé, les journalistes ont été priés de quitter la salle, se contentant ainsi de la version du gouvernement sans s’imprégner de celle des députés, particulièrement de la région de l’Oriental.

C’est le cas de Omar Héjira, député d’Oujda qui a rappelé la revendication de l’Istiqlal de concevoir un plan Marshall pour tout le corridor frontalier et ce bien avant le déclenchement des évènements de Jerada. Il a rappelé par la même occasion  le projet d’un groupe de parlementaires de la région pour rencontrer le chef du gouvernement il y a plus de 6 mois.

L’objectif était d’attirer son attention sur la crise économique et sociale après la fermeture des frontières à la contrebande des différents produits. Saâdeddine El Othmani n’a toujours pas donné de réponse. En tout cas, le député de l’Istiqlal a critiqué l’attitude réactive au lieu d’être proactive du gouvernement qui aurait pu confectionner ce programme de développement avant la survenue des évènements dans la province de Jerada. Le même constat a été fait après l’éclatement de la crise dans la ville d’Al Hoceima quelques mois auparavant.

Par ailleurs, le programme de développement prévoit la réalisation de 22 projets pour un investissement de l’ordre de 900 millions de DH. Pour Mouaad Jamai, il s’agit de créer une alternative économique à travers l’agriculture, l’industrie, l’encouragement des investissements et l’économie solidaire.

Cette partie, qui concerne 7 projets, devra canaliser 665 millions de DH. A cela s’ajoutent 10 projets pour un montant de 70 millions de DH et qui portent sur le renforcement des équipements sociaux de proximité. Quant à la mise à niveau urbaine et environnementale, elle absorbera 175 millions de DH  pour la réalisation de 3 projets.

D’autres mesures d’urgence ont été prises dans le domaine de la lutte contre le chômage, avec la création de 2.000 emplois. Ainsi, on a procédé à l’inscription de 1.145 femmes pour aller dans le sud de l’Espagne dans le cadre du travail saisonnier. L’inscription de 171 personnes pour émigrer en vue de travailler dans les grands hôtels dans les pays du Golfe. Une autre mesure vise l’intégration des jeunes de la région dans les pôles industriels nationaux à Tanger et à Kénitra.

Pour l’heure, les pouvoirs publics ont sélectionné 200 jeunes. Actuellement, 37 candidates ont réussi la sélection pour intégrer la société des fibres électriques de Kénitra. En outre, 250 candidats sont inscrits en vue de travailler au sein de la société Furukawa. En outre, la société Malifra de traitement des poissons a fait une offre de pourvoir à 700 postes d’emplois.

Actuellement, 125 femmes ont rejoint l’unité industrielle dans la ville de Taourirt. Des autocars ont été mis à la disposition pour transporter les ouvrières. En outre, 8 logements ont été loués pour les loger. Par ailleurs, le wali a rappelé qu’il a invité les jeunes à intégrer le comité de suivi de la mise en œuvre du programme de développement.

Au cours des évènements de Jerada, la population s’était plainte de la hausse des factures d’eau et d’électricité. Ainsi, le traitement de cette problématique a poussé les pouvoirs publics à réduire le coût de ces besoins, particulièrement pour la classe ayant des revenus limités. La baisse a atteint 80% du prix de l’éclairage domestique, soit 40% de la consommation globale.

Par la même occasion, on a procédé à la distribution des ampoules économiques à basse consommation, soit 4 ampoules pour chaque famille pauvre. C’est une disposition qui peut faire baisser le prix jusqu’à 20 DH. Actuellement, plus de 500 familles ont profité de cette mesure, a rappelé le wali.

Mesures d’urgence

jerada_mines_043.jpg

Le classement des problèmes posés et des doléances de la population a permis d’identifier les solutions. Certains d’entre eux demandent des interventions urgentes. Il s’agit du prix élevé des factures d’électricité et de l’eau, de l’emploi, de la non-exécution des clauses de la convention sociale d’exploitation anarchique des mines. Ces axes sont pris en charge par un programme d’action d’urgence. Parallèlement à cela, d’autres problèmes exigent de mettre en place un programme de développement sur le moyen et long terme. Il porte sur l’alternative économique et la mise à niveau du territoire.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc