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Transformation digitale: Comment le géant Walmart s’en est sorti

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5243 Le 03/04/2018 | Partager
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Mohamed Amin, vice-président senior de Dell EMC pour la région META: «Nous ignorons absolument tout de 85% des nouveaux métiers qui apparaîtront au cours des dix prochaines années» (Ph. Dell EMC)

Mohamed Amin, vice-président senior de Dell EMC pour la région Moyen-Orient, Turquie et Afrique, prévient que la transformation numérique ne doit pas être considérée comme une fin en soi.

- L’Economiste: La transformation digitale suffit-elle pour assurer la pérennité de l’entreprise?
- Mohamed Amin:
Il est vrai que la transformation digitale est une nécessité impérieuse, mais elle reste insuffisante. En effet, l’entreprise doit proposer un produit qui répond à un besoin réel. Elle doit également améliorer son système de gestion ainsi que sa qualité de service. Citons, par exemple, Walmart, le géant mondial de la grande distribution. Il y a trois ans, il était sur le point de mettre la clé sous le paillasson. Le management a décidé de miser sur l’étude des habitudes d’achat des clients. Depuis, Walmart sait tout de ses clients, le rayon dans lequel ils font le plus d’achats, leurs produits préférés et leur envoi des promotions personnalisées. Si Walmart n’avait pas les bons produits et ne pratiquait pas des prix compétitifs, le groupe aurait disparu car la transformation digitale est insuffisante et ne doit pas être considérée comme une fin en soi.

- Dans notre région, les législations avancent moins vite que la technologie. Cela ne pénalise-t-il pas votre business?
- Effectivement, dans le monde arabe de manière générale, le retard pris par les lois constitue un véritable handicap pour le progrès et donc pour le développement de certaines activités. Dans la majorité des pays, il n’existe pas encore de lois, par exemple, sur la certification électronique, la signature, l’archivage électronique… Je pense que pour ne pas bloquer le développement et se hisser au rang des pays industrialisés, les législations doivent avancer plus vite.

- De grandes marques comme Nokia, Motorola, Blackberry, etc. ont raté le virage de la transformation digitale. Peuvent-elles s’en remettre?
- Rien n’est impossible, sauf que cela demande beaucoup d’investissements et un nouveau positionnement. Si l’on prend l’exemple de Nokia, le géant finlandais de la téléphonie mobile est actuellement lié par un partenariat avec Microsoft. Les deux opérateurs s’efforcent d’inventer un nouveau concept de smartphone complètement différent de tous ceux que Nokia a commercialisés jusqu’ici. On peut également citer le cas de l’hypermarché britannique Tesco. Rudement bousculé par la concurrence, il a totalement revu son concept et changé sa façon de travailler. Aujourd’hui, il propose de la livraison à domicile et offre de nouveaux produits. Par conséquent, il y a toujours un espoir de renaissance pour une entreprise qui a mal négocié le virage de la transformation digitale.

Propos recueillis par Hassan EL ARIF

 

 

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