International

Transformation digitale: Non, merci!

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5243 Le 03/04/2018 | Partager
Plus de 50% des dirigeants n’ont pas pris conscience du danger
Les 2/3 des entreprises pourraient perdre des parts de marché à moyen terme

Attention à ne pas rater le rendez-vous de la 4e révolution industrielle! C’est en résumé le principal enseignement du sommet des décideurs organisé, du 28 au 29 mars, par Dell EMC, dans un grand palace aux bords du Danube, à Budapest. Plusieurs dirigeants d’entreprises et journalistes de la région Moyen-Orient, Turquie et Afrique y étaient conviés.

L’événement a été entièrement consacré aux enjeux de la transformation digitale, notamment ses retombées en termes de business, d’amélioration des produits et services, de réduction des délais de la mise sur le marché… Le management du géant américain des nouvelles technologies a présenté les résultats d’une étude sur «l’indice de transformation digitale», diligentée par Dell Technologies. L’enquête indique que le monde est partagé.

La moitié des chefs d’entreprise sondés sont conscients du challenge. Les autres ne savent pas encore ce qui va se passer. 52% ont relevé des changements révolutionnaires dans leur secteur du fait d’une stratégie de digitalisation. 78% sont convaincus que les startups constituent une véritable menace.

Les 2/3 des chefs d’entreprise interrogés estiment que de nouveaux concurrents sont apparus grâce à la transformation digitale. Ce qui génère une grosse pression sur les entreprises classiques, acculées à déployer d’énormes efforts pour maintenir leurs positions.

«Deux entreprises sur trois dans le monde risque de perdre leurs parts de marché et voir reculer leur valeur marchande au cours des trois ou cinq prochaines années en raison du retard pris par rapport à la concurrence qui a adopté une stratégie de transformation digitale», prévient Mohamed Amin, vice-président de la région Moyen-Orient, Turquie et Afrique de Dell EMC.

Ce dernier cite des exemples de grandes marques internationales, hier encore majors dans leurs domaines, et qui ont vu leur business plonger. Il s’agit de Nokia qui avait pourtant annoncé il y a quelques années miser sur les smartphones et qui n’ont pas vu émerger d’autres concurrents tels que Samsung, Huawei, Oppo…

En fait, les exemples sont légion tous secteurs confondus: Netscape, WordPerfect, Motorola, Blackberry, Honeywell, Burroughs… Le même sort guette bon nombre d’entreprises de par le monde. Certaines affirment avoir déjà intégré la transformation digitale dans leur stratégie.

Mais si l’on en croit le management de Dell EMC, 26% des entreprises affirment avoir déjà franchi le pas de la transformation digitale, mais à peine 5% l’ont concrétisé réellement. Ce qui pose la question du contenu de cette mutation technologique.

Digitalisation en trompe-l’œil

Au Maroc, de nombreuses entreprises et départements institutionnels annoncent avoir dématérialisé un certain nombre de transactions et de procédures. L’un des exemples qui revient le plus souvent dans les discussions concerne les banques.
La toute récente étude réalisée par Trusted Advisors Group auprès de 470 cadres supérieurs et cadres a permis de relever une dizaine de zones de carences ou à risques, auxquelles les établissements bancaires doivent faire attention. Ainsi, 70% des répondants déclarent que l’ensemble des métiers de leur banque n’a pas encore pris conscience des enjeux de la transformation digitale. 90% des personnes sondées estiment que la réglementation et le cadre juridique sont contraignants. Les 2/3 estiment que les banques ne connaissent pas suffisamment leurs clients, ni leurs comportements, ni leurs attentes. 68% des cadres déclarent que les projets de transformation digitale sont gérés de manière disparate.

DNES à Budapest, Hassan EL ARIF

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc