Politique

Sahara: Au Parlement, la mobilisation est sonnée

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5242 Le 02/04/2018 | Partager
Nouvelles provocations du polisario dans la zone tampon
L’option militaire n’est pas exclue, selon les députés
Après les parlementaires, une réunion d’urgence avec les chefs des partis politiques
sahara_parlement_042.jpg

Pour cette situation exceptionnelle, les deux ministres en charge des Affaires étrangères et de l’Intérieur ont réuni les deux Chambres en urgence et un dimanche! (Ph. Bziouat)

Nouveau rebondissement dans l’affaire du Sahara marocain. Le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit et celui des Affaires étrangères Nasser Bourita ont décidé de monter au créneau. L’affaire est grave: des éléments du polisario sont entrés dans la zone tampon du côté de Méhbas, Bir Lahlou et Tifariti et ont commencé à y planter des tentes et des dispositifs militaires.

Il semble que le polisario s’apprête à quitter les terres algériennes pour venir installer son état-major militaire dans cette zone tampon qu’il qualifie désormais de «terres récupérées». Ces opérations ont commencé dès vendredi dernier. Il s’agit d’une nouvelle violation du cessez-le-feu de 1991, qui avait instauré cette zone comme un «No man’s land», supervisée par l’ONU. Une façon d’éviter des confrontations entre les forces armées royales et les séparatistes du polisario, armé et financé par l’Algérie. A l’heure où nous mettions sous presse, l’ONU est restée muette sur cette affaire.

En tout cas, cette fois-ci, les choses commencent à se corser. Cette nouvelle provocation du polisario risque d’être la goutte qui fait déborder le vase. En effet, la riposte marocaine se précise, tout en cherchant à impliquer les partis politiques et les institutions élues. Une démarche qui respecte les règles démocratiques.

C’est ainsi que les présidents des deux Chambres du Parlement ont convoqué une réunion des commissions des affaires étrangères des deux institutions pour dimanche matin. Les parlementaires ont répondu massivement présent. Cette réunion a été suivie par une autre à la Primature.

En effet, le chef du gouvernement a programmé une rencontre d’urgence avec les chefs des partis politiques pour répondre aux provocations du polisario. Il s’agit de les informer des derniers développements de cette affaire, avec l’objectif d’obtenir leur accord sur la conduite de ce dossier au cours des prochains jours. De l’avis de plusieurs députés, le ballet diplomatique va reprendre. Des délégations seront dépêchées vers plusieurs capitales, particulièrement celles qui ont supervisé l’instauration du cessez-le-feu en 1991.

Parallèlement à cette action diplomatique, l’option militaire n’est pas exclue, comme le soutiennent plusieurs députés. Au cours de cette rencontre, qui s’est tenue à huis clos, des parlementaires affirment, citant le ministre de l’Intérieur, que «le Maroc n’allait pas rester les bras croisés devant les violations du territoire». Qu’importe, Rabat se dit prête à toute éventualité.

En effet, au cours du débat qui a suivi l’intervention des deux ministres, des parlementaires ont fait des propositions concrètes. C’est le cas de Hamdi Ould Errachid, député maire de Laâyoune et figure centrale de l’Istiqlal. Selon lui, pour stopper ces provocations incessantes du polisario, il faut entrer dans cette zone et la déclarer province du Maroc, avec la mise en œuvre du plan d’autonomie.

Le PAM est également dans le même état d’esprit. «On ne peut continuer à se taire encore plus longtemps», comme l’affirme un parlementaire. Devant le silence de l’ONU, l’option militaire est sur la table.  Il s’agit de mener des opérations en vue de chasser les séparatistes du polisario pour récupérer ces terres marocaines.

Un autre parlementaire du PJD considère que ces provocations créent de nouvelles tensions dans cette zone. Pour lui, les Marocains refusent cette nouvelle donne. S’il propose de poursuivre les actions au niveau diplomatique, il demande au gouvernement d’intervenir pour chasser tous ceux qui entrent illégalement sur notre territoire.

                                                                             

ONU: Le rapport qui dérange

Les différentes provocations et manœuvres du polisario interviennent à la veille de la présentation du rapport du secrétaire général devant le Conseil de sécurité. Le but est de détourner l’attention de la communauté internationale sur ce document favorable à la thèse marocaine.

En effet, ce rapport, dont le premier draft a fuité, confirme le leadership exclusif de l’ONU dans le processus de règlement du dossier du Sahara marocain. Le secrétaire général précise que lors des entretiens de son envoyé personnel avec les responsables de l’Union africaine et de l’Union européenne, «ses interlocuteurs ont affirmé leur soutien à l’envoyé personnel et ont reconnu le leadership de l’ONU dans le processus». 

De même, en se référant aux décisions de l’Union africaine, le document souligne que les chefs d’Etat et de gouvernement ont «appuyé le leadership de l’ONU dans la relance du processus de négociation» et se sont engagés «à coopérer pleinement avec l’envoyé personnel». Selon une source proche du dossier, «le rapport ne mentionne nullement le contact qu’a eu l’envoyé personnel avec le commissaire à la paix et la sécurité de l’Union africaine, l’Algérien Ismail Chergui».

Idem pour l’arrêt de la Cour de justice de l’UE, ignoré  par le rapport malgré la mobilisation de l’Algérie et du polisario. «L’ONU, comme le Maroc, considère que ce développement n’est d’aucune pertinence pour le cadre onusien, qui demeure le cadre du traitement du dossier du Sahara», note la même source.  La situation de Guerguerate n’est pas en reste. Antonio Guterres réitère la position ferme de l’ONU quant à la présence du polisario dans cette zone.

En effet, il réaffirme «son appel du 6 janvier 2018, pour que le trafic commercial et civil ne soit pas entravé et qu’aucune action ne soit menée qui pourrait constituer un changement dans le statu quo de la zone tampon». Ainsi, le rapport répond de la manière la plus claire aux spéculations du polisario sur l’existence de soi-disant «territoires libérés». Tout en appréciant l’action mesurée du Maroc, le secrétaire général de l’ONU appelle le polisario «à se retirer de la zone tampon comme il l’a fait en avril 2017».

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc