Analyse

Modèles pédagogiques: Comment en finir avec le parcœurisme

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5240 Le 29/03/2018 | Partager
L’approche classique de transmission amplifie «la crise d’apprentissage»
Nouveaux systèmes basés sur une interaction active

C’est l’un des principaux axes de la vision proposée par le Conseil supérieur de l’éducation et de la formation pour la réforme du système éducatif. La refonte du modèle pédagogique est indispensable pour en finir avec les maux de l’école marocaine. D’autant que plusieurs rapports nationaux et internationaux se sont inquiétés de «la crise d’apprentissage» dont souffrent les élèves marocains.

Aujourd’hui, «si l’objectif de l’amélioration de la qualité de l’enseignement est une priorité, il n’en demeure pas moins qu’il passe à la fois par une révision des conditions d’accès au métier d’enseignant et par une réforme profonde du système pédagogique», selon Imad Belghit, enseignant chercheur.

Sa contribution aux recherches sur «le modèle pédagogique pour l’école marocaine», contenue dans les Cahiers de l’éducation et de la formation, publiés par le Conseil supérieur, a mis l’accent sur la nécessité de changer d’approche. C’est «indispensable pour en finir avec le malaise chronique du système d’éducation», a-t-il dit. Les différentes recherches contenues dans ce document du Conseil, insistent sur la désuétude du modèle classique de transmission, basé sur l’apprentissage par cœur.

Les différentes recherches menées autour de la rénovation du système pédagogique insistent sur l’importance d’introduire le modèle constructiviste. Dans cette configuration, «c’est l’individu qui est le protagoniste actif du processus de connaissance», selon Kenza Aboulfeth, ex-formatrice au CPR de Meknès.

L’enseignant, quant à lui, «devient tuteur et co-constructeur du savoir». Individualiser, responsabiliser et autonomiser l’élève. Tels sont les avantages de cette approche, selon plusieurs académiciens. Des principes en phase avec les recommandations de la Vision 2030, élaborée par le Conseil supérieur. Celle-ci insiste sur la nécessité de considérer la classe comme «élément nodal de la réforme, centrant celle-ci sur l’apprenant, l’enseignant, l’apprentissage et les conditions de scolarisation».

L’implémentation de cette nouvelle logique d’apprentissage est toutefois conditionnée par la mobilisation des ressources humaines qualifiées. Néanmoins, plusieurs études ont montré qu’une part importante du personnel éducatif est faiblement diplômée (voir L'Economiste du 07/03/2017 : Education: Grands discours, visions, diagnostics… s’enchaînent en vain). Parallèlement, «les conditions requises pour la mise en place de ce modèle pédagogique laissent à désirer», de l’avis de plusieurs spécialistes. Ils pointent «l’encombrement des classes, les niveaux hétérogènes des apprenants».

Approches

Les spécialistes des systèmes pédagogiques distinguent trois grands modèles:
Le modèle transmissif: c’est la forme classique et dominante de l’enseignement traditionnel. La classe s’organise autour de la prestation de l’enseignant, qui expose et explique.
Le modèle comportementaliste (behavioriste): Il vise le changement du comportement de l’élève par l’acquisition d’automatismes: le formateur explique et l’élève écoute puis reproduit ce qu’il a compris.
Le modèle constructiviste: l’enseignant définit une situation-problème, qui implique une déstabilisation de l’apprenant face à une prise de conscience de l’insuffisance de ses compétences. Il cherche, avec l’aide du professeur, à transformer, réorganiser et ajuster son savoir pour résoudre le problème posé.

 

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