Culture

Katia Guerreiro, l’héritière d’Amalia Rodrigues en concert à Rabat

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5239 Le 28/03/2018 | Partager
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Pour Katia Guerreiro, «la beauté du fado est dans la façon individuelle d’interpréter les chansons» (Ph. DR)

Le festival du fado revient pour une deuxième édition à Rabat les 30 et 31 mars au théâtre Mohammed V et à la Villa des Arts. En guest-star cette année, la chanteuse  Katia Guerreiro considérée aujourd’hui comme l’ambassadrice du fado à travers le monde. Incarnant plus que toute autre interprète de sa génération la voie originelle de la saudade, Katia Guerreiro use des textes ancrés dans cette tradition des histoires d’amour qui finissent mal, de la profonde nostalgie.

Elle n’hésite pas en revanche à confronter cette musique  à d’autres cultures similaires comme lorsqu’elle invite la diva du tarab marocain Amina Alaoui ou le sambiste brésilien Martinho Da Villa. Médecin, toujours en exercice, Katia Guerreiro s’est donné pour mission de soigner autant les corps que les esprits. Adoubée par les puristes au Portugal, celle que d’aucuns comparent déjà à la mythique Amalia Rodrigues sera en concert vendredi 30 mars.

- L’Economiste: Vous êtes née en Afrique du Sud, vous êtes médecin… A voir votre parcours, vous n’étiez pas forcément destinée à faire une carrière dans le fado, comment s’est faite votre rencontre avec ce genre musical?
- Katia Guerreiro:
À mon avis, à voir mon parcours, c’est évident que chanter le fado a été mon vrai destin. J’ai bien sûr fait un chemin académique que j’aurais continué si, par hasard, je n’avais pas rencontré le fado. Je suis tombée amoureuse de ce genre musical qui m’a rempli l’âme, qui m’a fait trouver les réponses à toutes mes inquiétudes... Je suis née pour faire du bien aux autres, C’est pour cela que j’ai décidé d’être médecin, mais à travers le fado, j’ai eu la chance de faire encore mieux! Soigner l’âme c’est aussi important que soigner le corps.

- Il est difficile de donner une définition claire du fado sinon par la mélancolie. Qu’elle est votre définition à vous?
- Le fado c’est la vraie chanson du cœur, c’est la chanson qui raconte la vie de tous, le meilleur miroir de l’intérieur humain.

- Vous chantez des textes contemporains, notamment ceux d’Antonio Lobo Antunes, pensez-vous qu’il y a des textes particuliers pour le fado?
- Oui. Il y a une façon particulière pour écrire pour le fado. Mais il y a aussi des textes qui sont tellement bien écrits qu’ils sont très inspirants pour de  nouvelles créations musicales. Il y a des règles dans le fado traditionnel. Pour les créations nouvelles, il y a une certaine liberté... mais l’essentiel c’est la beauté du texte!

- Ce type de chant peut-il évoluer ou pensez-vous qu’il doit rester «typique» et conserver ses caractéristiques originelles?
- La beauté du fado est dans la façon individuelle d’interpréter les chansons. Les caractéristiques reconnaissables du fado doivent rester, sinon c’est quelque chose d’autre. Le fado n’est pas seulement une musique accompagnée par une  guitare portugaise. La douleur de la voix, les rebondissements mélismatiques confèrent une particularité au fado, de la même manière que dans la musique arabe.

Propos recueillis par Amine BOUSHABA

 

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