Finances-Banques

Les sociétés de Bourse passent à la caisse

Par Franck FAGNON | Edition N°:5239 Le 28/03/2018 | Partager
Depuis janvier, les services de connectivité, de maintenance et de support sont payants
Désaccord avec le gestionnaire du marché sur la date de démarrage de la facturation
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Dans un marché sur lequel les volumes restent maigres, l’augmentation des charges des sociétés de Bourse pourrait mettre à mal certaines structures et accélérer une sélection naturelle sur le marché. Treize sociétés de Bourse sur dix-sept avaient enregistré une perte d’exploitation en 2016

Deux ans après la démutualisation du capital de la Bourse, la relation entre la société gestionnaire du marché et les sociétés de Bourse connaît les premières ruptures. Fini la gratuité des services de connectivité, de maintenance et de support dont elles bénéficiaient. Ces prestations sont désormais payantes.

«Il est tout à fait normal de facturer des services que nous assurons à nos clients, et les sociétés de Bourse en font partie. La tarification appliquée à ces services reste dans la moyenne de la pratique dans les marchés comparables», minimisent les responsables de la Bourse de Casablanca.

Ce n’est pas le principe de la tarification des services qui est remis en cause. En revanche, il y a un désaccord sur la date du début de la facturation. Pour les sociétés de Bourse, elle devrait démarrer en août prochain puisque c’est à cette date qu’arrivent à échéance les deux ans de gratuité négociés avec la Bourse en 2016 après la démutualisation du capital.

La Bourse, elle, a commencé à facturer les services concernés depuis janvier 2018. Ceux-ci représenteraient une charge annuelle comprise entre 300.000 et 400.000 DH par société de Bourse. Dans le contexte actuel, toute charge supplémentaire fait craindre le pire pour certains intermédiaires.

En 2016, treize sociétés de Bourse sur dix-sept avaient enregistré une perte d’exploitation. Les rentrées exceptionnelles suite à la démutualisation du capital de la Bourse ont un peu soulagé certaines puisqu’elles ont dégagé ensemble un bénéfice de 330 millions de DH contre 22 millions de DH une année auparavant.

En faisant abstraction de cet élément exceptionnel, les résultats 2017 ne devraient pas connaître une véritable amélioration, anticipent les professionnels. D’où la vigilance de la profession sur tous les nouveaux coûts qui pourraient peser sur l’activité. Les opérateurs seraient remontés contre l’idée de la Bourse de leur faire payer la data.

«Cela n’a pas de sens puisque ce sont les sociétés de Bourse qui mettent la data à disposition de la société gestionnaire de la Bourse», relève un opérateur. La profession veut mandater un cabinet pour effectuer un benchmark sur les tarifs.

Dans un marché où les volumes restent petits, l’augmentation des charges des sociétés de Bourse pourrait mettre à mal certaines structures et accélérer une sélection naturelle sur le marché. Surtout que d’un autre côté, le régulateur envisage de durcir la réglementation. Mais, si la réforme du marché donne les résultats escomptés, la profession pourrait être l’un des grands bénéficiaires.

 

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