Société

L’Oukaïmeden veut protéger son ciel

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5237 Le 26/03/2018 | Partager
Et créer une réserve internationale couvrant un large territoire
La première en Afrique du Nord et la 13e au niveau mondial
Un projet qui impulsera la recherche et le développement pour l’éclairage rationnel
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Atlas Dark Sky ambitionne de protéger le ciel de l’Oukaïmeden, un des meilleurs sites d’observation astronomique de la planète à des fins scientifiques, éducatives, économiques et environnementales (Ph. J.Luc dauvergne)

Préserver le ciel de l’Oukaïmeden. C’est l’objectif du projet «Atlas Dark Sky» unique en son genre au niveau national et même international. L’idée est de conserver la qualité du ciel à Oukaïmeden, un des meilleurs sites d’observation astronomique de la planète et où sont déjà implantés plusieurs télescopes de classe internationale en réduisant toutes les nuisances lumineuses. L’initiative est portée par l’observatoire de l’Oukaïmeden et ses chercheurs astrophysiciens.

«Plusieurs études ont montré l’impact de la pollution lumineuse sur la santé, l’économie, la facture énergétique, en plus de la qualité du ciel nocturne», argumente Zouhair Benkhaldoun, directeur de l’observatoire et président du comité national de l’astronomie.

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L’observatoire qu’il dirige ambitionne donc de créer une réserve internationale de ciel étoilé couvrant un large territoire comprenant le Parc National de Toubkal et le site de l’Oukaïmeden. Une réserve internationale de ciel étoilé, selon la définition de l’International Dark-Sky Association  est un territoire qui possède un ciel étoilé d’une qualité exceptionnelle et qui fait l’objet d’une protection à des fins scientifiques, éducatives, culturelles ou dans un but de préservation de la nature. On compte seulement 12 réserves de ciel étoilé certifiées par l’International Dark-Sky Association (8 en Europe, 2 en Amérique, 1 en Afrique et 1 en Océanie).

Avec un rayon d’environ 50 km, la réserve de ciel étoilé du Mont-Mégantic au Canada est la plus grande. Si l’Atlas Dark Sky voit le jour, il deviendra la première réserve en Afrique du Nord et la plus grande au monde en termes de superficie avec un rayon d’environ 80 km.

Sur le plan scientifique, la réserve servira de laboratoire naturel à l’université Cadi Ayyad et ses laboratoires de recherche pour l’observation et l’expérimentation de nouvelles technologies ayant un impact sur la consommation énergétique liée à l’éclairage public. «Ce champ de recherche ouvrira des perspectives en termes d’éclairage rationnel et impulsera ainsi la recherche développement et l’innovation dans ce domaine ce qui aura un impact positif pour le Maroc et son rayonnement international».  

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Economiquement, combinée avec la réserve naturelle du parc Toubkal, la première réserve du ciel étoilé en Afrique du Nord pourra devenir une attraction et un argument touristique unique en son genre, qui attirera les touristes marocains et étrangers.

Enfin sur le plan environnemental,  combattre la pollution lumineuse contribuera à la sauvegarde de notre environnement, en réduisant la consommation énergétique, ce qui diminuera la facture énergétique et réduira l’émission de CO2. Elle permettra aussi de préserver les nombreuses espèces animales nocturnes qui vivent dans la région.

L’université Cadi Ayyad a déjà adhéré  au projet et dégagé un budget de recherche pour multiplier et approfondir les études scientifiques à ce sujet. Reste à sensibiliser les autres partenaires, les communes avoisinantes,  les citoyens de la zone des retombées sociales et économiques attendues.

 

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