Culture

Hollande au MMVI: La culture pour exister dans le monde

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5236 Le 23/03/2018 | Partager
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Mehdi Qotbi n’a pas son pareil. Après ses multiples initiatives pour faire briller la culture marocaine à l’international, plus que ne l’ont fait des successions de ministres de la Culture, le voilà qu’il récidive en invitant François Hollande à visiter une exposition et par la même occasion donner une conférence, mardi dernier, au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat. 

Personnalités de premier 
plan

L’ancien président français était en terrain conquis, le mardi 20 mars à Rabat.  Il a retrouvé des dirigeants de l’USFP comme Abderrahman Youssoufi, ex-Premier ministre, qu’il a connu lorsqu’il était le patron du Parti socialiste français. Bien d’autres personnalités de premier plan sont venues pour rencontrer l’ancien chef d’Etat et entendre sa vision du monde: la culture peut-elle démêler la complexité du monde. Il s’agit de conseillers de SM le Roi tels que Omar Azziman, Taieb Fassi-Fihri, André Azoulay ou encore Omar Kabbaj. Des ministres, particulièrement les socialistes (Abdelkrim Benatiq, Mohamed Hajoui…), Mohamed Laâraj (MP), ou encore du RNI comme Mbarka Bouaida ou Lamia Boutaleb… Des patrons d’établissements publics à l’image de Abdellatif Zaghnoun (CDG), Mohamed Rabiî Khlie (ONCF). 
Sans vouloir politiser un évènement de ce genre, remarquons néanmoins qu’aucun du PJD n’a fait acte de présence. Des mauvaises langues y sont allées de leur commentaire: «Peut-être qu’on n’aime pas la culture au PJD?».
L’ancien président français explique son choix de parler culture au lieu de migration, de relations bilatérales ou de terrorisme: le monde est face à «la montée des nationalismes, des extrémismes, des populismes et des fanatismes, avec l’utilisation de la religion pour séparer les peuples et pousser les jeunes à s’engager dans des conflits qui ne sont pas les leurs», a-t-il souligné. La situation suscite des peurs et des risques de fermeture.
En tant qu’ancien chef d’Etat qui était monté en première ligne au Mali par exemple, il sait que la résolution des problèmes passe d’abord par une action politique pour préserver la paix, éviter les conflits et lutter contre le fanatisme et l’intolérance. La culture peut cimenter la cohésion des peuples, favoriser le dialogue pour la paix. «La culture peut être la clé, au moins une réponse pour dominer les risques». Il regrette que les organisations internationales soient si inopérantes. «Je m’inquiète du défaut de régulation. La communauté internationale ne réagit pas devant des problèmes graves. Des blocages du Conseil de sécurité persistent même face à des massacres». Il vise évidemment l’adversaire préférée de la politique française, la Russie de Poutine.
Même s’il a dit qu’il n’aborderait pas les problèmes mondiaux, il y revient une deuxième fois, pour s’occuper de Trump. Les Etats-Unis ont abandonné des principes fondamentaux comme le libéralisme, dont ils étaient les promoteurs. Hollande s’amuse en  relevant que les manifestants contre le commerce mondial devraient maintenant manifester en disant «Vive Trump». 

Industries culturelles: 
Enjeux majeurs

Hollande n’oublie pas l’Unesco qui «porte des valeurs de patrimoine, de l’émancipation et de l’éducation».  Il dit son plaisir de voir cette institution dirigée par Audrey Azoulay, Franco-Marocaine, avec une double culture. Il signale que l’Unesco  est aussi victime d’actes politiques, notamment après le départ annoncé des USA et d’Israël.
Les  industries culturelles sont des enjeux majeurs. Il est impératif de «fabriquer nos propres industries culturelles, pour nous-mêmes, sans chercher à le faire chacun de son côté». Hollande donne l’exemple de «Netflix, beaucoup plus fort que l’ensemble des télévisions et du cinéma français». Entre l’Europe et le Maghreb, avec la communauté culturelle, il y a la nécessité de produire ensemble. Un des intervenants s’est interrogé sur la duplication du Louvre d’Abu Dhabi. François Hollande n’est pas favorable. «Il n’est pas souhaitable de reproduire cette expérience, c’est à vous d’avoir la vôtre. A condition de privilégier l’échange des œuvres». Il fait référence aux opérations impressionnantes montées à Paris, au Louvre et à l’Institut du monde arabe, par Mehdi Qotbi, la Fondation des musées et la Bibliothèque royale.

 

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