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Carburants: Petrom s’adapte aux mutations du secteur

Par Amin RBOUB | Edition N°:5236 Le 23/03/2018 | Partager
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«Nous comptons monter une usine dédiée aux lubrifiants pour un investissement de 100 millions de DH. Nous allons aussi investir dans un site d’emplissage de gaz butane pour un budget de 150 millions de DH à Casablanca», annonce Ahmed Bouaida, PDG de Petrom (Ph. Fadwa Al Nasser)

Hydrocarbures, distribution de produits pétroliers, stockage, lubrifiants, immobilier, transport, pêche, minoteries, médias... Le groupe Holsatek se diversifie et prépare une série de projets de développement. Petrom est la principale filiale de la holding. Ahmed Bouaida, PDG, dévoile les axes stratégiques de son groupe, de nouvelles capacités et les perspectives de développement. 

- L’Economiste: 70 ans déjà! Petrom mène discrètement de gros projets de développement. Vous êtes dans le top 4 du marché pétrolier avec un chiffre d’affaires de plus de 8 milliards de DH. Comment vous expliquez ces performances?
- Ahmed Bouaida:
L’année 2018 nous a libérés. Avec l’arrêt de la Samir, nous avons encore plus de marge de manœuvre sur le fuel. Auparavant, nous avions un contrat qui nous obligeait à nous approvisionner auprès de Samir pour livrer l’ONEE. Car la raffinerie était en quasi-monopole sur le fuel. Aujourd’hui, nous importons directement. Nous sommes les seuls à disposer de trois dépôts à Mohammedia (CEC, Oued El Maleh et l’ex-site Mobil). Nous fournissons depuis une dizaine d’années l’ONEE en fuel spécial. 

- A combien s’élèvent vos capacités de stockage?
- Avec nos trois dépôts, nous tournons avec une capacité de 100.000 m3 de produits blancs. Mais nous pouvons aller jusqu’à 140.000 m3, puisque nous envisageons une extension de notre site de stockage d’Oued El Maleh.

- Que pensez-vous de l’arrêt de l’activité de raffinage depuis la fermeture de Samir?
- Les sociétés pétrolières ont bien géré l’après-fermeture de la raffinerie. Elles ont déployé beaucoup d’efforts pour importer un carburant moins cher et de meilleure qualité. Aujourd’hui, nous importons du gasoil 10 PPM raffiné aux standards internationaux. Mieux, nous continuons à travailler exactement de la même manière que lorsque le prix était structuré. 

- Vous êtes le 4e groupe pétrolier avec 13% de parts de marché. Quelles sont vos ambitions en termes de développement, du réseau de stations-service, de capacités...?
- Nous sommes effectivement le 4e opérateur du marché (ndlr: après Afriquia 29%, Shell 16% et Total 14% en termes d’importations et de parts). Nous sommes actuellement en train de développer une vingtaine de projets dans les stations-service avec une nouvelle identité visuelle ou encore des actions de relifting et de modernisation. Nous avons 5 projets à Casablanca, d’autres à Tanger et Agadir pour le maillage du réseau en propre et avec des tiers. Nous disposons de plus de 250 stations. L’objectif est de passer à 300 sites à court et moyen terme. Nous avons notre propre société de gérance des stations. Nous sommes parmi les leaders du marché en termes de gestion directe. 

- Avez-vous une usine dédiée à la production de lubrifiants?
- Là aussi, nous sommes en train d’étudier un projet pour investir dans une usine de lubrifiants. Pour l’heure, nous faisons le blending avec OiLibya. Nous comptons monter une usine dédiée aux huiles moteur avec un investissement de près de 100 millions de DH ainsi qu’une autre usine d’emplissage de gaz butane pour un budget de 150 millions de DH à Casablanca. La capacité tournera autour de 30.000 tonnes par an. 

- Avez-vous des ambitions dans le stockage à Nador West?
- Nous suivons de près l’avancement du chantier prometteur de Nador West. Nous comptons investir à Nador via des extensions dans les capacités de stockage de tous carburants confondus (fuel, super sans plomb et gasoil).

- Des informations circulent sur un éventuel projet de raffinerie. Pensez-vous que l’investissement dans un site de raffinage soit encore viable?
- Aujourd’hui, la tendance est à l’abandon des sites de raffinage. Plusieurs pays sont en train de fermer des raffineries. De plus, ce sont des investissements lourds et complexes, sans oublier la composante environnementale. Il y a aussi des mutations qui s’opèrent avec de nouveaux combustibles, les voitures électriques, les moteurs hybrides... Autant d’éléments qu’il faut prendre en considération. La solution aujourd’hui est dans le développement de capacités de stockage. C’est plus viable économiquement. A ce jour, l’Algérie n’a pas de raffinerie. Il faut dire aussi que la structure actuelle permet la marge de raffinage et la marge de distribution.

- Comment Petrom s’approvisionne en carburant raffiné?
- Pour plus de transparence, nous lançons des appels d’offres sur le marché international, auquel participent des géants pétroliers. Pour des considérations de volume, nous formulons des offres conjointes avec le groupe Winxo pour avoir les meilleurs prix. Nous lançons un appel d’offres tous les trois mois. L’approvisionnement ne pose aucun problème, sauf en cas d’intempéries ou lorsque les ports sont saturés. Il y a aussi les approvisionnements qui se font à proximité à Algésiras ou encore les îles Canaries. 

 

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