Economie

Le déficit budgétaire à un niveau historique!

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5234 Le 21/03/2018 | Partager
3,2% du PIB en 2018, grâce aux rentrées exceptionnelles d’impôts
Mais les recettes non récurrentes tempèrent cette performance
La croissance se situerait à 3,3% cette année

Bank Al-Maghrib (BAM) prévoit un taux de croissance de 3,3% pour 2018, un niveau similaire que l’hypothèse de base retenue dans la loi de finances (3,2%). Ces prévisions ont été annoncées par BAM au terme de son conseil tenu hier mardi 20 mars, le premier après la mise en œuvre de la réforme du régime de change. Mais de tous les indicateurs du tableau de bord macroéconomique, le résultat le plus spectaculaire est à relever en matière de finances publiques: le déficit budgétaire se situerait à 3,2% cette année et en 2019. Et l’année dernière, il était à 3,6% du PIB malgré la pression des dépenses de compensation (15,3 milliards de DH), en hausse de plus de 5 points en pourcentage). Mais le budget bénéficie de l’embellie de rentrées de l’impôt (+8,7%) et de l’amortisseur des dons des pays du Golfe. Le caractère non récurrent (ce sont par nature des recettes exceptionnelles) de ces dons tempère cette performance.

Dans ses projections, la Banque centrale s’appuie sur la pluviométrie et la situation du couvert végétal au 10 mars. Ce qui augure d’une production céréalière de 80 millions de quintaux et une hausse de la valeur ajoutée agricole à 3,2%. Pour 2019, la croissance serait de 3,5% avec une amélioration de la valeur ajoutée agricole à 1,8%, en tablant sur une production céréalière de 70 millions de quintaux et une hausse des activités non agricoles de 3,6%. La croissance sera soutenue par l’évolution de demande grâce à l’accélération des investissements et la dynamique de la consommation des ménages. En revanche, en 2018, les exportations nettes devraient connaître une contribution négative et quasi nulle en 2019.

En 2017, les comptes extérieurs ont enregistré une performance notable des exportations de biens qui ont augmenté de 9,4%, un bond de 8,5% des recettes de voyages, qui ont atteint 69,7 milliards de DH et une amélioration des transferts des MRE qui se sont établis à 65,4 milliards de DH. Les importations de biens ont également augmenté de 6,4% en raison d’une augmentation sensible de la facture énergétique de 27,4% (69,7 milliards de DH). Si l’on tient compte des dons du CCG (9,5 milliards de DH), le déficit du compte courant s’est allégé de 4,4% pour s’établir à 3,8% du PIB.

A moyen terme, la dynamique des exportations devrait s’inscrire sur une tendance ascendante grâce à la hausse des exportations automobiles en 2019.

Les recettes voyages continueraient sur le même trend haussier pour s’établir à 5,7% en 2018 et à 5,2% en 2019. Les transferts des MRE progresseraient de 5% et de 4,1% en 2019. Pour leur part, le rythme des importations devrait s’accélérer à 7,1% en 2018 sous l’effet prévu de l’accroissement de la facture énergétique et des biens d’équipement avant de ralentir à 4,2% l’année prochaine.

En tenant compte d’un reliquat de 7 milliards de DH des dons du CCG, le déficit du compte courant serait de 4% du PIB en 2018 et 2019. Ainsi, et dans l’hypothèse où le flux des IDE serait de 4,4% du PIB en 2018 et de 3,5% du PIB en 2019, les réserves de changes seraient proches de 257,3 milliards de DH en 2018 et de 244,4 milliards de DH l’année suivante, soit l’équivalent de 5 mois et 26 jours et 5 mois et 17 heures d’importations de biens et services. Oubliée la menace sur le compte courant après la crise financière internationale des années 2008-2010 qui menaçait le pays d’une crise de paiement.

Emploi: 
On n’y arrive pas

Après la perte de 37.000 postes d’emploi en 2016, la situation du marché de l’emploi s’est légèrement améliorée en 2017. En effet, il s’est créé 86.000 emplois, dont 42.000 dans le secteur primaire, 26.000 dans les services, 11.000 dans le BTP et 7.000 dans l’industrie. Insuffisant pour absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail, dont le nombre a atteint 135.000 en 2017, avec cependant une légère baisse du taux d’activité de 0,3 point de pourcentage à 46,7%. D’où un taux de chômage de 10,2% contre 9,9% en 2017.

Verbatim

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Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib (Ph. Bziouat)

Dirham: La réforme va se poursuivre
Au cours de la conférence de presse tenue hier mardi 20 mars après le Conseil de la politique monétaire, le gouverneur de Bank Al-Maghrib a répété que la réforme du régime de change du dirham sera graduelle. Le plus important, assure Abdellatif Jouahri, est la bonne préparation des opérateurs économiques. Pour l’instant, la Banque centrale reçoit des reportings réguliers sur les conditions appliquées à la clientèle et elle n’a pas relevé de changement significatif sur le coût des couvertures.

Fonds de soutien aux TPME: ça roule
3 milliards de DH ont été débloqués par le fonds en plus de 1,2 milliard de crédit bancaire. Au total, 4,2 milliards de DH ont bénéficié à 600 entreprises, ce qui a permis de sauver 50.000 emplois.

 

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