International

Amérique latine : La bataille de l’intégration pas encore gagnée

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5232 Le 19/03/2018 | Partager
Pour l’ex-ministre de l’Education bolivien, «un long chemin reste encore à parcourir»
L’arrivée de Trump à la présidence des Etats-Unis a «exacerbé la méfiance»
Des initiatives de regroupement «plus symboliques qu’effectives»
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Pour Carlos Antonio Carrasco, ancien ministre de l’Education de la République de Bolivie, les pays de ce continent ont un dénominateur commun: «s’émanciper de la tutelle de Washington». Mais pour l’instant, les tentatives d’intégration régionale restent encore fragmentées et «ne contribuent pas pleinement à la réalisation de leur objectif initial» (Ph. Privée)

La quête de l’intégration régionale est une préoccupation permanente en Amérique latine. C’est l’un des principaux constats dressés par Carlos Antonio Carrasco, ancien ministre de l’Education et de la Culture de la République de Bolivie. Intervenant lors du cycle préparatoire de la 45e session de l’Académie du Royaume, Carrasco, qui avait également occupé le poste de directeur pour l’Amérique latine à l’UNESCO, a précisé que cette intégration régionale a «encore un long chemin à parcourir». 
Pour les Etats-Unis, «ce n’est plus un objectif prioritaire dans sa politique extérieure», a-t-il dit. L’ancien diplomate a mis l’accent sur les interactions entre les pays du continent et Washington dans le cadre de ce processus.

Aujourd’hui, l’arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis «n’a pas facilité les relations avec les Etats latino-américains», a-t-il dit. Son intention de construire un mur à la frontière avec le Mexique a plutôt «exacerbé la méfiance», a-t-il ajouté.
Globalement, Carlos Antonio Carrasco a mis l’accent sur les difficultés qui entravent la réalisation de l’objectif d’intégration régionale dans ce continent. Certes, «ces pays ont un dénominateur commun. Il s’agit du désir de s’émanciper de la tutelle de Washington». 
Parmi les initiatives lancées dans cette logique: la mise en place de la Communauté des Etats latino-américains et Caraïbes (CELAC), qui regroupe tous les pays de la région, à l’exception des Etats-Unis et du Canada. Cependant, «cette plateforme est davantage symbolique qu’effective», a déploré le conférencier.

Parallèlement, les organes d’intégration installés au niveau de cette zone «ne contribuent pas pleinement à leur objectif initial». Ils ont réussi à «produire davantage de bureaucratie que de véritables mesures de coopération». Carrasco a aussi mis l’accent sur le rôle des géants latino-américains dans ce processus d’intégration. Il a insisté sur «le manque de relations entre les grands pays comme le Brésil, l’Argentine ou le Mexique».
L’ex-ministre bolivien de l’Education est aussi revenu sur la fragmentation des initiatives de regroupement régional dans ce continent. «Nous avons vu par exemple que les pays d’Amérique centrale ont mis en place leurs propres institutions. Idem pour ceux d’Amérique du Sud et les Caraïbes. Le Mexique considère qu’il fait partie de l’Amérique du Nord…».
 

 

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