Société

Crans Montana : C’est à l’Afrique d’œuvrer pour l’Afrique - De notre correspondante, Sabrina BELHOUARI

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5232 Le 19/03/2018 | Partager
Révérend Jesse Jackson, Nicholas Sarkozy, le roi des Zoulous Goodwill Zwelithini, un parterre de personnalités
Durabilité, changements climatiques et sécurité alimentaire au cœur des préoccupations
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Dans l'assistance, quelques anciens ministres vedettes sous le mandat de Nicolas Sarkozy:  Claude Guéant (Intérieur), 3e au milieu et Rachida Dati, garde des sceaux. Le révérend Jesse Jackson était l'une des stars du Forum (Ph. SB)

C’est le message retenu de l’ensemble des interventions lors de cette 4e édition du Forum Crans Montana organisé à Dakhla. Doté de compétences humaines de haut niveau, d’expertises très avancées dans tous les secteurs, le continent africain est parfaitement apte à prendre son destin en main. Le message royal adressé à l’assemblée lors de ce forum est très clair à ce sujet: «Appelons-Nous les Africains et les Africaines, et particulièrement les jeunes, à se mobiliser, de manière résolue et déterminée, pour relever les défis lancinants auxquels est confronté le continent et pour s’inscrire dans la dynamique vertueuse de la croissance partagée. Au-delà de cette capitalisation des ressources, l’Afrique doit également faire usage de tous les instruments dont elle dispose pour répondre aux attentes légitimes de sa population.

L’un de ces outils privilégiés pour l’émergence africaine est la coopération Sud-Sud». Deux journées ont  donc été consacrées à la réflexion sur les principaux défis économiques et sociaux du continent africain dont les plus importants sont la durabilité, les changements climatiques et la sécurité alimentaire. Pour mieux appréhender les défis de la durabilité, les changements climatiques et la sécurité alimentaire, des sujets très sensibles au niveau du continent africain, de nouvelles approches sont explorées. La conférence a permis de mettre en évidence des approches innovantes en la matière et dégager des idées et des opportunités qui peuvent profiter aux pays africains. La première journée du Forum s’est concentrée sur un thème stratégique pour le continent africain.

Il s’agit du secteur halieutique et l’économie des océans qui constituent pour plusieurs pays africains une ressource économique de première importance. Une partie de la conférence s’est penchée sur l’Initiative de la Ceinture Bleue, en tant que levier de coopération et de développement régional intégré orienté Sud-Sud. L’Initiative de la Ceinture Bleue, lancée par l’Institut national de recherche halieutique (INRH) du Maroc lors de la COP22, mais dont la portée concerne tout le littoral atlantique africain, propose une nouvelle façon de décliner le développement durable dans ce secteur. «La pollution et la surexploitation des produits halieutiques imposent à revoir la manière dont sont exploités les océans, trouver de nouvelles approches durables et proposer des solutions réplicables», explique Abdelmalek Faraj, directeur général de l'INRH.

L’objectif est de proposer une plateforme collaborative pour favoriser et encourager la mise en œuvre de projets privés qui favorisent le développement durable, mobiliser des fonds, et échanger l’expertise. La deuxième journée, quant à elle, est revenue sur un autre sujet à impact profond sur la vie des populations du continent africain: la gestion urbaine. Plusieurs axes ont été traités par les intervenants comme l'accès au logement, la mobilité et l’intermodalité pour un développement urbain homogène, sans oublier l’intégration sociale dans les pôles urbains. Les exigences environnementales en zone urbaine comme l’accès aux énergies renouvelables et à l’eau potable, traitement des déchets et des eaux usées, qualité de l’air, bien-être ont également été abordés.

Au terme de ces journées d’échange, des idées, des propositions et des recommandations ont pu être recueillies.
Le Maroc se place ainsi dans une position privilégiée en tant que terrain fertile d’idées et de compétences. «Modalité de partenariat vertueux privilégiée avec Notre Continent, la coopération Sud-Sud initiée par Mon pays se veut intégrée et multidimensionnelle. Qu’il s’agisse de transfert des technologies, de partage du savoir, d’établissement de partenariats public-privé dans divers secteurs ou de formation et d’enseignement supérieur, le Maroc a su développer une expertise reconnue sur l’échiquier africain», rappelle encore le message royal. La mise en œuvre d’une coopération Sud-Sud efficiente et multidimensionnelle ainsi que des approches participatives sont d’actualité aujourd’hui plus que jamais afin de permettre à l’Afrique de prendre en main son destin et d’assurer son décollage à tous les niveaux. 

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Les guest-stars

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Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française (Ph. SB)

Parmi ces personnalités qui ont participé au Forum figurent Mustapha Cissé Lo, président du Parlement de la Cedeao, le révérend américain et militant des droits de l'Homme Jesse Jackson, Michell Martelly, ancien président de la République de Haïti, Myint Swe, vice-président du Myanmar, Grace Njapau, la ministre des Affaires intérieures de la Zambie, ainsi que Goodwill Zwelithini le roi des Zoulous.

Une présence qui symbolise le retour du Maroc au sein de l’Union africaine et conforte son positionnement en tant que pays leader en matière de coopération avec ses homologues africains. «Le forum Crans Montana-Dakhla devient un centre mondial de réflexion autour de la coopération Sud-Sud et offre une plateforme internationale pour encourager et  promouvoir les partenariats», rappelle Mustapha Cissé Lo. Nicolas Sarkozy, président de la République française de 2007 à 2012 et invité spécial du Forum, a, quant à lui, réitéré son intime conviction que «l’Europe n’a de choix que de s’occuper sérieusement et prioritairement de ce qui se passe en Afrique», en évoquant les questions de migration et de sécurité.

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