Société

Women’s Tribune: La conscience des femmes

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5232 Le 19/03/2018 | Partager
La 8e édition du forum axée sur le développement durable
L’entreprise responsable au cœur des débats
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Fathia Bennis, présidente du Women’s Tribune: «Il est urgent de construire le monde que nous léguerons à nos enfants». Arrivé en «guest-star», Abderahmane Youssoufi, ancien Premier ministre de l’alternance, a eu droit à une standing ovation (Ph. WT)

Les questions liées aux problématiques de genre concernent tout autant les femmes que les hommes. L’assemblée complètement mixte qui constituait cette 8e édition du Women’s Tribune en témoigne. Le conclave, réuni à Essaouira, du 16 au 18 mars, était composé d’intervenants issus d’horizons différents: personnalités politiques, économiques, spécialistes en matière d’environnement et de santé, ainsi que des représentants de la société civile, du Maroc et d’ailleurs. 
Le thème choisi pour cette édition: «Entreprendre en conscience» sonne comme une alarme face à une urgence, comme le note Fathia Bennis, présidente fondatrice du Women’s Tribune: «Nous léguerons à nos enfants un monde qu’il nous faut construire d’urgence». «Nos sociétés de consommation sont sans limites, le système financier mondial a montré les siennes.

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Les femmes sont en première ligne dans le processus du développement du Continent. Elles interviennent dans l’agriculture, l’alimentation, l’économie sociale et l’éducation

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Nous savons que les Etats souverains ne peuvent, à eux seuls, prendre en charge la globalité de ces problématiques qui s’enchevêtrent les unes les autres», a-t-elle expliqué. Estimant qu’il en allait de nos responsabilités personnelles dans le moindre de nos actes quotidiens, du simple geste écologique au choix du financement d’un projet d’entreprise en passant par une réflexion à mener sur un nouveau concept tel que la démocratie participative: «Nous nous devons d’apprendre à changer de mentalités face à ce nouveau paradigme et d’agir, surtout agir, quel que soit ce niveau d’action».

De ce fait, l’idée défendue par plusieurs panélistes, lors des différentes tables rondes qui ont ponctué la manifestation est que l’intégration transversale de l’approche genre en vue de l’égalité des femmes et des hommes apparaît, plus que jamais, essentielle pour atteindre les objectifs du développement durable en matière économique, sociale, environnementale et culturelle. 
Parmi les thèmes particulièrement portés par des femmes et organisation de femmes en matière de développement durable: la prise en compte du genre dans la «justice climatique», la santé environnementale, le droit à l’eau et à l’assainissement, la promotion de l’agroécologie et des savoirs locaux, l’adoption d’indicateurs et budgets sensibles au genre pour toutes les politiques… «Ce développement durable, ce fait d’entreprendre qui nous permettra d’avoir une prospérité partagée, se fera à travers la femme, la femme africaine».

C’est la conviction de Oulimata Sarr, la conseillère régionale économique de l’ONU Femmes qui insiste sur la nécessité d’instaurer l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes, conditions indispensables pour l’experte, pour atteindre les objectifs de développement durable à l’horizon 2030, tels que préconisés par l’ONU. Car, force est de constater que les discussions en cours autour de la crise systémique, à la fois financière et économique, écologique, sociale, politique évacuent la plupart du temps l’enjeu de l’évolution des rapports sociaux entre femmes et hommes. 
Les femmes, particulièrement en Afrique, continuent de subir les répercussions négatives du mode de développement non soutenable: elles sont obligées de cumuler leurs responsabilités (les tâches domestiques, le soin aux enfants…) avec de nouvelles exigences économiques et sociales tout en affrontant une précarisation croissante. D’autant plus que les changements climatiques, la raréfaction des ressources en eau et le manque d’infrastructures d’assainissement… les affectent directement. En même temps, les femmes sont des actrices spécifiques de par leur investissement dans l’agriculture et l’alimentation, l’économie sociale et solidaire, leur préoccupation concernant la santé environnementale, leur apport à une gestion équitable des biens communs, de la biodiversité. Leur dynamisme, l’utilité sociale de leurs réalisations ouvrent la voie de l’innovation et préfigurent des modes de développement plus humains et solidaires.
 

 

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