Régions

2018, une année décisive pour le tourisme à Dakhla

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5229 Le 14/03/2018 | Partager
+20% de nuitées en 2017, dont 11% pour le tourisme interne
En 2018, la destination ne pourra plus faire face à la demande à cause de l’insuffisance de la desserte aérienne
tourisme_dakhla_029.jpg

La destination Dakhla poursuit sa croissance en enregistrant en 2017 une évolution de 20 % par rapport à 2016 en termes de nuitées dans les établissements classés, avec une hausse de 11% pour le tourisme national, ce qui conforte l’engouement en constante évolution pour la destination

L’année touristique 2017 a été un bon cru pour la destination Dakhla avec une évolution à deux chiffres pour les principaux indicateurs. En 2017, le nombre total de nuitées enregistrées est de 116798, avec une évolution de +20% par rapport à l’année 2016. Dans le détail, les touristes étrangers ont passé 85.906 nuitées alors que les nationaux ont passé 30.892 nuitées.

Par nationalité, c’est la France qui vient en tête des marchés émetteurs avec 53.866 nuitées et une évolution de 8%, suivie par le marché espagnol et le marché belge marquant respectivement une évolution de 30 et 103 % par rapport à 2016. Le marché hollandais a quant à lui connu une évolution très marquée avec le nombre de nuitées qui a pratiquement quintuplé en passant de 397 à 1942.

Le tourisme national connaît à son tour une évolution en constante augmentation puisqu’il a enregistré en 2017 une hausse de nuitées de 11%. «Il y a un potentiel important pour ce qui concerne le tourisme interne. L’objectif en 2018 est de faire en sorte d’encourager cette catégorie à travers des offres promotionnelles tout au long de l’année et de faire des efforts au niveau des prix des billets d’avion», explique Dayfallah Endour, délégué du Ministère du Tourisme à Dakhla.

L’idée est de proposer des formules en période de vacances scolaires et de Ramadan par exemple, et proposer des journées thématisées, tout ceci afin d’inciter le touriste national à s’orienter vers la destination Dakhla. Et pour répondre aux exigences de cette catégorie, plusieurs établissements touristiques ont commencé à proposer des activités pour les enfants, et des efforts sont déployés pour proposer une restauration de qualité et des prestations adaptées. Les sports nautiques n’étant pas l’activité principale recherchée par le touriste national, les agences touristiques sur place proposent plutôt des visites guidées vers les sites naturels de la région comme le lac Imlili, les sources thermales ou la dune blanche.

Avec cet engouement pour la destination, l’évolution positive des indicateurs touristiques surtout ces trois dernières années, non seulement l’offre touristique de Dakhla s’est développée mais aussi la demande. Cet effet d’entraînement a encouragé les opérateurs touristiques locaux à investir dans de nouveaux projets permettant ainsi de répondre à la demande croissante. Seul hic dans l’histoire, la desserte aérienne ne suit pas. En d’autres termes, les 10 vols hebdomadaires reliant l’aéroport de Dakhla à celui de Casablanca et Agadir ne suffisent pas pour assurer le flux touristique attendu en 2018.

L’année 2017 a connu également le lancement du vol Paris-Dakhla, assuré par la compagnie aérienne Transavia, et ce depuis octobre. Cette ouverture vers l’Europe a porté beaucoup d’espoir pour les opérateurs touristiques de la ville, mais la desserte n’a duré que l’hiver 2017, sans visibilité pour la saison 2018-2019. Plus encore, la RAM devait programmer des vols supplémentaires pour étoffer la desserte vers l’aéroport de Dakhla, notamment via Marrakech et Fès à partir de mars 2018. Ce qui n’a pas encore été concrétisé et engendre de l’inquiétude au sein de la profession.

«Soit l’opérateur aérien national tient ses promesses et étoffe la desserte, soit on tombera dans une situation de concurrence acharnée entre les opérateurs locaux qui aura pour conséquence de baisser les prix, ce qui n’est pas bon pour l’image de Dakhla», alerte un opérateur touristique sur place. En effet, s’il n’y a pas assez de vols pour couvrir le flux de la demande, les TO réagissent vite et reconsidèrent la destination en se dirigeant vers des destinations de même type de prestations comme le Cap Vert et l’Egypte par exemple. Pour ne pas perdre leurs clients, les opérateurs touristiques de Dakhla seront dans l’obligation de faire baisser les prix pour rester concurrentiels.

Les répercussions négatives sur l’image de Dakhla seront imminentes et risquent de placer celle-ci dans la même catégorie des destinations de tourisme de masse. «Nous tenons à l’image de qualité que reflète le site touristique de Dakhla, et que nous avons mis tellement de temps et d’efforts à atteindre. Il est capital que la RAM tienne ses promesses faites en 2017», insiste l’opérateur.

Avec une capacité litière commercialisable de plus de 1.000 lits, une durée moyenne de séjour entre 5 et 8 jours et un taux d’occupation des établissements touristiques de 45%, la destination Dakhla est appelée à réaliser une croissance importante sur les prochaines années. Le développement de l’activité évènementielle promet un engouement supplémentaire pour la destination. Mais tout ceci reste conditionné par une desserte aérienne adéquate et répondant à la croissance en constante évolution.

Une ville éco-responsable

C’est la tendance vers laquelle se dirige la destination Dakhla. Le Lagon de Dakhla, le site où se concentre la majorité de l’activité sportive de la zone commence déjà à montrer des signes de perturbations écologiques selon des témoignages. Le Lagon qui accueille également, faut-il le rappeler, tous les sites d’aquaculture de Dakhla, ne peut prendre ce risque et menacer toute une économie de la région.
Pour ce faire, les autorisations pour la construction de nouveaux établissements touristiques imposent des critères de construction éco-responsable, en particulier pour ce qui est de la gestion de l’eau usée.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc