Dossier Spécial

8 Mars/Houria Arrade: «Un enfant handicapé, n’est pas un bon à rien»

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5225 Le 08/03/2018 | Partager
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Houria Arrade est une figure de proue du paysage associatif dans l’Oriental. Elle milite depuis une vingtaine d’années pour l’intégration des handicapés (Ph. A.K)

«Aidez les femmes qui se consument à petit feu pour éclairer le quotidien d’une enfance qui a besoin de plus de tendresse». C’est le cri du cœur de Houria Arrade, une des figures de proue du paysage associatif dans l’Oriental, pour les enfants souffrant d’un handicap. Elle cultive l’espoir pour que ces enfants aient une vie plus digne.

«Chacune de vous, dans son coin reculé ou sous les feux des projecteurs, peut faire basculer les pesanteurs. Beaucoup d’enfants souffrent de maux et de handicaps en silence, mais gardent l’espoir d’un avenir meilleur». Elle parle au nom des pensionnaires des centres d’aide aux personnes à besoins spécifiques et de ceux de formation par apprentissage au profit des jeunes ayant décroché à cause de la précarité.

Le centre associatif qu’elle gère à Oujda, «l’Association des jeunes à besoins spécifiques et ses amis», compte 865 enfants de différents âges, en situation de précarité, de décrochage scolaire ou n’ayant jamais intégré une école à cause de leurs handicaps psychomoteurs.

L’essentiel du travail dans cette association est assumé par des femmes spécialisées dans l’accompagnement des handicapés et qui arrivent à développer des pratiques pédagogiques et professionnelles qui motivent les personnes qu’elles ciblent. Ainsi, 120 jeunes lauréats, dont 12% de handicapés, intègrent, chaque année, le monde du travail dans différents métiers.

Des actions pour contrecarrer l’analphabétisme, la précarité et le handicap psychomoteur, qui font des ravages dans les quartiers périphériques. Le manque de moyens pousse les parents à faire le pire: «Ils sortent leurs enfants, surtout les filles, des écoles lorsqu’ils sont normaux», déplore-t-elle, «et ne les aident pas à intégrer la vie active lorsqu’ils souffrent de handicap, pensant que ce ne sont que des bons à rien, condamnés à ne rien faire». La pire des sentences.

Les formations dispensées les préparent aussi à constituer leurs propres projets. Et grâce aux nombreux partenariats que nous avons conclus, 80% du temps de formation est pratique car s’effectuant en entreprise. Alors, si le 8 mars peut nous aider à porter les voix de ces jeunes, eh bien «marhba».

 

 

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