Régions

Tanger: La mairie sur le fil du rasoir

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5225 Le 08/03/2018 | Partager
Des prélèvements à la source en chaîne pour les jugements d'indemnisation
Déjà 54 millions de DH ponctionnés en 2018
Un réel danger pour les comptes de la commune et les services publics
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Les prélèvements à la source du compte de la mairie risquent de mettre en péril la continuité des services publics (Ph. Adam)

Les jugements d’indemnisation pour expropriation continuent de tomber à la mairie de Tanger. Les derniers en date portent sur un total de 54 millions de DH, selon le vice-président de la mairie, Mohamed Amahjour. Ils ont été prélevés directement sur les caisses de la collectivité la semaine dernière suite au jugement d’une dizaine de procédures, les premières de 2018.

En 2016 et 2017, le nombre de dossiers avait atteint son apogée avec plus de 300 millions de DH prélevés directement sur les comptes de la ville. Une situation jugée risquée, alors que la ville ne budgétise que 20 millions de DH par an pour ce type d’affaires.

Actuellement, le nombre de procès est tel que la mairie a affirmé avoir acquis une application dédiée pour leur gestion et leur suivi. A la mairie, on affirme être en faveur du respect du droit et des décisions de justice, mais la multiplication de ces affaires risque de mettre en péril la continuation du service public. L’argument avancé est que l’intérêt de la majorité doit passer avant celui d’une minorité. La situation est telle qu’elle pourrait empêcher les paiements de la mairie, selon ses responsables.

La collectivité pourrait être acculée à ne pas honorer ses engagements financiers et ne plus pouvoir assurer la continuité des services comme la propreté ou l’éclairage par exemple. Pour les responsables de Tanger, ces affaires d’expropriation ne datent pas d’aujourd’hui. Certaines sont le résultat de dossiers ouverts il y a plus de 20 ans, des dossiers qui ont rebondi suite à l’accélération du rythme de traitement des affaires judiciaires.

En effet, le suivi des affaires communales à Tanger n’a pas toujours brillé par sa rigueur, surtout lors des années 1990 et 2000. Plusieurs fois, la mairie, à l’époque communauté urbaine, s’était montrée incapable de suivre ses expropriations. Par exemple, Tanger avait failli perdre le droit sur plusieurs lots de terrain prévus comme espaces verts en 2000.

La commune avait omis de les intégrer dans les plans d’aménagement et de dédommager leurs propriétaires antérieurs, ce qui avait failli annuler l’opération d’expropriation.  Actuellement, l’opération d’extension du périmètre urbain est elle aussi en train de laisser derrière elle plusieurs cas d’expropriation dont certains, telles des bombes à retardement, risquent de ne se laisser remarquer que dans plusieurs années.

De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

 

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