Régions

Oriental: Comment l’Istiqlal se prépare pour 2021

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5224 Le 07/03/2018 | Partager
Des chartes de développement local en cours de réalisation
Ouverture sur les acteurs associatifs et opérateurs économiques
Nizar Baraka en tournée à travers toutes les régions du Royaume
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Le chantier prioritaire de Nizar Baraka,  SG de l’Istiqlal, est de résoudre enfin les problématiques des disparités régionales (Ph L'Economiste)

Le groupe parlementaire de l’Istiqlal organise des tournées régionales pour traiter, sur place, les thématiques de développement qui leur sont spécifiques. Des rencontres débats avec les militants du parti et avec les différents acteurs socio-économiques. Le but est de préparer les échéances de 2021 et réaliser des chartes de développement local.

Après le Draa Tafilalet et Marrakech Tensift, le groupe parlementaire vient de passer 4 jours, à Bouarfa, Berkane, Nador et Oujda et se rendra incessamment, dans les régions de Beni Mellal-Khouribga et Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Le sujet traité dans l’Oriental se rapportait aux politiques publiques et leurs impacts sur le développement des régions frontalières.

Le constat n’est pas positif car les investissements publics lancés au cours de ces dernières années, soit l'équivalent de 100 milliards de DH, n’ont pas déclenché une grande dynamique économique ni véritablement amélioré le niveau de vie des citoyens.

Pour plus de précisions sur le programme de développement que préconise l’Istiqlal pour l’Oriental Nizar Baraka, secrétaire général du parti livre en exclusivité à L’Economiste les grandes lignes.

- L’Economiste: Pourquoi le choix de l’Oriental pour débattre de progrès économiques alors que la région est confrontée à des indicateurs de croissance inquiétants?
- Nizar Baraka:
Le choix de cette région est imputable à plusieurs raisons. La première sortie que j’ai réalisée en tant que SG du parti était dans cette région et dans ce cadre j’ai constaté qu’elle était confrontée à des difficultés particulières. Depuis le discours royal du 18 mars 2003, beaucoup d’infrastructures ont été mises en place mais elles n’ont pas engendré les retombées économiques et sociales prévues. De telle sorte qu’on se retrouve avec un certain nombre d’indicateurs inquiétants. Le premier se rapporte à la faible contribution de la région à la création de la richesse. Le second au taux de pauvreté et de chômage qui sont très élevés. C’est aussi une région avec prédominance de l’économie informelle qui hypothèque le développement des réseaux commerciaux indispensables à la relance économique. Situation qui nous engage à assurer le plaidoyer de la région au niveau du parlement et agir en proposant des solutions alternatives. Un plan d’action spécifique à cette région sera remis au gouvernement prochainement.

- Que proposez-vous pour réduire les disparités entre le corridor frontalier et la façade maritime?
- Au rythme où évolue la région et vu les moyens mis en place, il est clair que les écarts de développement avec les autres régions s’accentueront. Il est donc essentiel que l’économie des frontières bénéficie d’une place spéciale dans les différents plans de croissance économique. C’est ce que nous comptons faire via un véritable programme national de développement du corridor frontalier. Un plan pour la mise en place de moyens supplémentaires avec des investissements inscrits dans le cadre d’une vision de développement intégré qui concerne les volets économiques, sociaux, culturels et environnementaux. Un programme de rattrapage en adéquation avec les différents fonds qui existent: fonds de développement social, fonds de péréquation entre les régions, fonds de mise à niveau social, fonds de développement agricole, etc. On insistera aussi sur l’importance de réserver des quotas dans les budgets annuels à ces zones.

- Quels avantages comptez-vous mettre en place pour y parvenir?
- Pour permettre à la région de décoller il est essentiel d’accorder des avantages fiscaux pour attirer les investisseurs. De même, solutionner le problème du foncier qui constitue un véritable frein au développement. Il est important d’opérer avec une logique d’immatriculation citoyenne pour favoriser l’attractivité de la région et la mise en place de clusters qui confortent l’attractivité de l’Oriental. Tout cela accompagné par des subventions pour le transport pour favoriser l’intégration économique de cette région via une carte de lutte contre les disparités régionales.

- Qu’entendez-vous par carte de lutte contre les disparités?
- Il est inadmissible que de nombreux Marocains aient des problèmes d’accès aux soins, ou à l’éducation. C’est ce que nous avons constaté lors de notre visite à la province de Figuig. Le nombre d’habitants par médecin, dans cette région, est cinq fois plus élevé que la moyenne nationale. Cela nous oblige à avoir une carte des services publics qui spécifie les différents services à assurer et d’agir en application de la Constitution.

- Lors de votre séjour dans l’Oriental vous avez insisté sur la rencontre des opérateurs économiques locaux. Un calcul politique?
- Dans toute approche de développement, il ne faut pas se limiter aux cadres et militants du parti car l’action qu’on mène est en faveur du bien-être du citoyen et la prospérité du pays. Cela nous oblige à coordonner avec les opérateurs qui souffrent de difficultés pour faire décoller la région. Et leur permettre d’accroître leurs revenus. Les moyens sont limités et nécessitent leur mutualisation par une vision globale et intégrée pour une meilleure gouvernance des richesses et des moyens.

Propos recueillis par Ali KHARROUBI

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